JO TRAITE ELEMENTAIRE
parallèlement à ses pans et à ses diagonales. Chauffe'e dans un tube fermé par une extrémité , elle donne de l’eau.
Cette matière est très répandue dans la nature 5 elle accompagne souvent les minérais d’hématite brune; d’autres fois, elle forme à elle seule des amas assez considérables. (Laveline, Yosges; Lavoulte, Ardèche , etc. )
PvROLUSiTE. Binoxide de manganèse, peroxide de manganèse, manganèse.
Mn. Substance gris de fer, noirâtre, possédant l’éclat métallique, donnant une poussière noire par la pulvérisation. Sa forme dominante est un prisme rbomboïdal , oblique , susceptible de clivage parallèlement à ses pans et à sa petite diagonale ; son poids spécifique est 4,9 environ. Chauffée seule , elle perd le tiers de l’oxigène qu’elle renferme , prend une couleur rouge brunâtre , et ne fond pas ; elle peut donner du chlore par l’acide chlorhydrique.
On en trouve de cristallisée, de bacillaire, de mamelonnée, de compacte et de terreuse.
Se trouve à Calveron, département de l’Aude; à Crettnick , près Saarbruck, etc.
Cette matière est employée dans les verreries en gobelèterie, pour affaiblir la teinte verte du verre , par la couleur violette qu’elle lui communique.
PsiLOMÉLANE. Manganèse oxidé harytifère, manganèse oxidé terne. Substance noire grisâtre, dont la poudre est noire, pesant 4,i45; rayée par l’apatite, et rayant la fluorine. Se comportant au chalumeau comme la pyrolusite; mais donnant, par l’acide chlorhydrique, une dissolution qui produit un précipité de sulfate de baryte par l’acide sulfurique.
La composition pondérale de la psilomélane est mal connue. Elle renferme constamment du manganèse, du baryum , de l’oxigène et les élémens de l’eau.
La psilomélane est amorphe, concrétionnée, fibreuse ou terreuse, et se trouve à Romanèche, près de Mâcon , et près de Thiviers , en Périgord. On l’emploie aux mêmes usages que la pyrolusite.
Annexes du genre manganèse : Franklinite, colamhite, haierme, triplite , hureauUte , hétérosite , diallogite , rhodonite , marceline , opsimose, photizite, hustamite, knehelite, pyrodmalite , carpholite , helvine, wolfram.
Le manganèse se trouve aussi dans l’axinite , le mica, le pyroxène, l’amphibole , la smaragdite , l’idocrase , le grenat et le thorite ; mais il peut, dans plusieurs cas, être remplacé par d’autres bases isomorphes sans que l’espèce change de nom ; c’est aussi au manganèse qu’est due la couleur de l’améthyste.
d’histoire NA.TÜRELLE. yi
FEU. Fe. Les substances qui composent ce genre sont attaquables à chaud par Feau re'gale, ou même par Facide chlorhydrique , si Fou a eu soin de griller quelques unes d’entre elles. La dissolution, étendue d’eau, donne un pre'cipite' bleu par le cyanoferhydrate de potasse.
Fer NATIF. Fer météorique. Corps malle'able , dont la couleur est connue de tout le monde. Il est attirable à l’aimant^ on le trouve quel- (j[uefois cristallisé en octaèdre. Sa densité G, 5 à 7, 8.
11 est attaqué par l’acide chlorhydrique, avec dégagement d’hydrogène. Traité par Facide nitrique, desséché, puis calciné, il laisse un résidu rouge de sesqui-oxide de fer.
M. Beudant a toujours reconnu du chrome , du nickel et du cobalt, mélangés avec ce fer.
On connaît du fer natif cristallisé en lamelles ou dendritique ; il en est de carerneux, renfermant du péridot ( Sibérie ) 5 de globulaire et di aciéj'eux , que l’on rencontre dans les houillères embrasées , et qui paraît dû à la réduction d’un minérai de fer.
On a trouvé du fer natif dans plusieurs gîtes métallifères; mais on le trouve plus souvent en masses isolées , qui , à n’en pas douter , sont tombées de l’atmosphère.
Mispikel. s ulfo-arséniure de Jer, pyrite arsénicale. S’ As Fe“. Eclatmétallique d’un blanc jaunâtre 5 pesanteur spécifique — 6,127. Donnant du feu j^ar le choc du briquet, en répandant l’odeur alliacée de l’arsenic. Fusible au chalumeau, en donnant la même odeur. Ghaullé dans un tube fermé par une extrémité, il abandonne du sulfure d’arsenic qui se condense sur sa paroi.
Le mispikel cristallise en prisme rhomboidal , de iii*’ 12', qui est peut-être oblique? On en trouve qui présente des modifications, et sous forme d’octaèdre rectangulaire. Il en est de bacillaire, de capillaire et de compacte.
Le mispikel accompagne les gîtes métallifères dans les terrains anciens.
FER BISULFURÉ. Fe.
Les deux espèces suivantes sont isomériques; il est probable qu’il en existe une troisième, très dense, de couleur jaune , qui s’effleurit à l’air humide.
Py liiTE. Marcassite, pyrite martiale. Yif éclat métallique de couleur jaune. Substance plus dure que l’acier, étincelant sous le choc du briquet, en répandant une odeur sulfureuse , et se couvrant lentement d’un enduit de couleur hépatique par Faction de l’air humide. Densité = 4,987 à 4,990 à 20°.
Chaufiée dans un tube fermé , la pyrite donne du soufre sublimé j dans un tube ouvert , elle donne de Facide sulfureux.
TRAITE ELEMEINTAIRE
La pyrite appartient au système cubique. On en trouve sous foi de cube , d’octaèdre (rare ) , de dode'caèdre pentagonal, et d’icosaèdre, plus ou moins modifie's. Elle est quelquefois stalactique , dendritique, pseudomorphique , fibreuse, compacte, décomposée, etc.
La pyrite est très répandue dans la nature, quoiqu’elle y soit peu abondante. C’est à Brosso, en Piémont, que l’on a trouvé les plus belles et les plus variées.
Spekkise. Fer sulfuré blanc, pyrite blanche, pyrite rayonnée. Eclat métallique blanc jaunâtre ou jaune ; pesanteur spécifique = 4,819 à 19°. Cette pyrite s’altère facilement à Pair humide, en donnant naissance â du sulfate de fer.
Sa forme primitive est un prisme à bases rhomboïdales de 1060 2'. On eu trouve en cristaux, différemment modifiés, qui sont quelquefois maclésj il en est de globuleuse , de dendritique, de stalactitique, de pseudomorphique, etc.
La sperkise est moins répandue que la pyrite , surtout dans les terrains anciens. On la trouve dans la craie en masses globuleuses , isolées, qui sont hérissées de cristaux à l’extérieur , et radiées à l’intérieur.
On rapporte à cette espèce un fer sulfuré jaune , aussi dense , aussi brillant que la pyrite, mais qui est susceptible de s’effleurir par l’action de l’air humide. Ce sulfure est probablement une troisième espèce isomérique. Les globides qu’elle forme ne sont point radiés dans l’intérieur, mais très compactes.
Léberkise. Octosulfure septemferré , Jer sulfuré salin, pyrite magnétique. S® Fe7. Faible éclat métallique; couleur d’un brun bleuâtre; agissant sur une aiguille magnétique mobile. Densité = 4,62.
Ce sulfure n’est pas altéré par la chaleur seule; mais, chauffé dans un tube ouvert , il donne de l’acide sulfureux, facile à reconnaître.
La forme primitive de ce minéral est un prisme à bases hexaèdres, dont la hauteur est à l’apothème : : 28 : 10.
On en trouve de cristallisé , en prismes hexaèdres, et en prismes à douze pans, difïéremment modifiés, de lamellaire et de compacte.
Ce sulfure de fer est beaucoup moins répandu que les précédons ; on en a trouvé dans les diorites (Nantes, Schemnitz, en Hongrie) , dans le micaschiste , dans les roches talqueuses , dans quelques gîtes métallifères , et dans les pierres météoriques.
Aimant (i). Quadroxide trijerrique, fer oxidé salin, oxide noir de fer , fer oxidulé , fer oxidé magnétique, oxide ferroso-ferrique. O'^ Fe®.
(I) Le nom d’aimant appliqué à cette espèce est impropre, puisque ce n’est que rarement qu’on la rencontre jouissant de propriétés magnétiques.
d’histoire naturelle.
Substance grise , me'talloïde , dont la poudre est noire 5 jouissant de la proprie'te' niagne'tique ou agissant sur une aiguille aimantée. Sa densité = 4,74 à 6,09.
Les formes dominantes de cet oxide sont Foctaèdre régulier , et le dodécaèdre rhomboïdal.
On en rencontre de laminaire, de granulaire,àe concrétionné et de terreux.
L’aimant existe dans la nature quelquefois en masses assez considérables pour former des montagnes entières. (Taberg, en Smoland. ) On le rencontre principalement dans les terrains anciens , avec le micaschiste, l’amphibole et la^ serpentine. (Alpes, Piémont, Tyrol, etc., etc., etc. )
Oligiste. Trinoxide biferrique, peroxide de fer,feroxidé rouge, fer oligiste. O^ Fe^. Substance gris d’acier , possédant l’éclat métallique 5 donnant constamment une poudre rouge par la pulvérisation. Ou substance rouge-brunâtre. Sa pesanteur spécifique = 5,24. Il raie l’apatite.
Un barreau aimanté est insensible ou à peine sensible à Faction de cet oxide.
L’oligiste a pour forme primitive un rhomboèdre de 86° 10'. On en connaît beaucoup de variétés cristallines.
M. Beudant distingue les variétés amorphes ou pseudomorpbes de l’oligiste, en métalloïdes , ou possédant l’éclat métallique, et en non métalloïdes.
Parmi les premières, on en trouve de spéculaire, de laminaire, de lamellaire, àe fibreux, de concrétionné, de schisteux, de granulaire, de compacte, etc. 5 parmi les secondes, on en trouve de pseudomorphique, de polyédrique , de mamelonné , àe fibreux , àe globulaire , de lithoïde, ài'ocreux (mêlé avec une argile) , etc.
La variété métalloïde pseudomorpbique de M. Beudant, qui appartient au système cubique, est probablement une espèce isomère avec la précédente,
L’oligîste métalloïde appartient principalement aux terrains cristallisés, parmi lesquels il existe souvent en masses considérables. ( Ile d’Elbe; Framont, dans les Vosges; Danemarck; Suède; Brésil.) On en trouve dans les terrains intermédiaires. (Altenau, le Harz, etc.) On en trouve jusqu’à la hauteur du lias (Ardèche). On le rencontre aussi parmi des produits volcaniques, où il existe en cristaux spécuîaircs, qui paraissent avoir été sublimés, mais qui sont plutôt le résultat d’une double décomposition , telle que celle qui pourrait s’opérer entre les élémens du chlorure de fer et de la vapeur d’eau qui sont volatils (Auvergne).
L’oligiste non métalloïde se trouve ge'ne'ralement dans des terrains moins anciens ; cependant, il en existe dans les terrains cristallise's. On le trouve aussi dans les solfatares, et il se produit journellement par la de'composition des laves.
L’oligiste métalloïde est exploité comme un excellent minerai de fer. La variété fibreuse est employée pour faire des brunissoirs 5 la variété argileuse , qu’on appelle sanguine , sert pour faire des crayons rouges. Limonite.
Frakeixite. Substance contenant du fer, du manganèse, du zinc et de l’oxigène, dans des proportions qui ne permettent pas d’en déduire facilement une formule. Elle est noire ou noire-brunûtre , présente faiblement l’éclat métallique j sa pesanteur spécifique = 5,09. Elle est presque infusible au chalumeau, et calcinée avec de la soude sur une feuille de platine , à la flamme extérieure du chalumeau , elle donne une frite verte, qui se dissout en partie dans l’eau, en lui communiquant cette couleur. A l’aide de la chaleur, elle donne du chlore par l’acide chlorhydrique ; sa dissolution donne un précipité bleu par le cyanoferrure jaune de potassium 5 l’ammoniaque, ajoutée en excès, précipite le fer et le manganèse à l’état d’oxides, et redissout le zinc 5 la nouvelle liqueur, saturée par un acide, donne un précipité orangé par le cyanure rouge de potassium.
Cette substance cristallise en octaèdre régulier. Elle a été trouvée à New-Jersey, dans la mine de Franklin.
M. Beudant l’a rangée dans le genre ferrate, qu’il a créé pour elle, pour l’aimant et pour la beudantite, qui peut être considérée comme un ferrate de plomb.
Annexes du genre fer : Haidingérite, nigrine, craitonite , limonite , mélajitérie , néoplase , pitizite, vwianite, dufrénite, sidérose, liévrite, cronstédite, chloropale, nontronite, achmite, pliarmacosidérite, néoc~ lèse, scorodite, sidéritine, sidérochrôme , philipsite, chalkopyrite , panahase, tennantite. Les espèces suivantes contiennent aussi du fer, mais il n’est point toujours essentiel à leur composition : Columbite, haierine , triplite , Jiureaulite , hétérosite , knehelite , pyrodmalite , sidérochrôme, wolfram, cérine, tourmaline, quincyte, mica, sordawallite, achmite, chlorite,pyroxène, amphibole, péridot ,diallage , épidote, idocrase, gehlénite, anthophyllite , grenats , staurotide, eudy alite, îhorite, pléonaste, saphirin, chamoisite.
RIUM. Ce genre renferme six espèces dans le tableau des espèces minérales de M. Brongniart^ il n’y en a que deux qui doivent être conserve'es, en continuant à appliquer les principes qui ont été suivis jus- ([u’ici, mais nous y ajouterons la basicérine.
d’histoire naturelle.
Fluocérine. FP Ce. Matière cristalline, rougeâtre ou jaunâtre, plus dure que le calcaire , pesant 4,7.
Cette matière n’abandonne point d’eau, est infusible, et noircit lorsqu’on la chauffe. Les acides la dissolvent; et la potasse forme , dans la dissolution, un précipite' insoluble dans un excès de réactif , qui devient rouge de brique par la calcination.
La fluocérine est très rare , et n’a encore été trouvée qu’à Fimbo et à Brodbo , en Suède, dans les pegmatites.
La Basicér'ine, 3 (FP Ce)-}-Aq., est une espèce voisine de la précédente, qui se trouve dans les mêmes localités, et est aussi rare qu’elle. Mais la basicérine renferme de l’eau, comme la formule l’indique , et la fluocérine n’en contient pas.
Ytteocérite. Fluorure d’yttria et de cérium. On rencontre souvent de la silice et de la chaux dans l’jttrocérite , qui en modifient la formule d’une telle manière, que leur présence permettrait d’en faire des espèces à part. L’yttrocérite est d’une couleur qui varie du gris au violet 5 son poids spécifique est de 3,44 à 4, 10; elle raie la fluorine. Elle ne fond point au chalumeau; les acides peuvent la dissoudre. La dissolution donne un précipité en partie soluble dans le carbonate d’ammoniaque. Du sulfate de potasse solide ajouté à cette liqueur, en précipite un sulfate double de cérium, qui, décomposé par la potasse, donne un oxide, qui devient couleur de cannelle par la calcination. La liqueur contient l’yttria, qui est précipitée par la potasse sans pouvoir être redissoute, tandis que le carbonate d’ammoniaque la redissout assez facilement.
L’yttrocérite se trouve à Brodbo et à Fimbo, dans les pegmatites.
Annexes du genre cérium : Céiùne, allanite, orthite, cérérite,
ZINC.Zn. Les minérais de zinc, calcinés fortement et long-temps sur un charbon avec du sel de soude , donnent des vapeurs blanches, dont une partie se dépose sur le charbon et y forme un anneau,
Ulexde. Zinc sulfuré, sulfure de zinc. S Zn. La blende est métalloïde ou transparente, sa couleur varie du brun au jaunâtre; elle appartient au système cubique, et donne par le clivage, l’octaèdre, le tétraèdre, le dodécaèdre rhomboidal, et un rhomboèdre obtus de 109° 3o'. Sa structure est généralement laminaire; sa densité =r: 4,i6. La blende est infusible et irréductible par l’action du chalumeau. Après un long grillage, l’acide nitrique l’attaque difficilement; la dissolution obtenue précipite en rouge orangé par le cyanoferrure rouge de potassium; l’ammoniaque y fait naître un précipité blanc qu’elle peut redissoudre.
La blende paraît contenir constamment du protosulfure de fer et du sulfure de cadmium.
On en trouve de cristallise'e, de mamelonnëe , de lamellaire, de fibreuse , de grenue , etc.
La blende est assez répandue dans la nature, mais on ne l’y trouve jamais en amas conside'rables ; elle accompagne la galène. On en trouve dans les terrains granitiques ( Pyre'nées) ; on la rencontre dans la dolomie ( Saint-Gotbard ) 5 dans le gypse (Hall, en Tyrol).
C’est de ce mine'rai que l’on extrait actuellement une grande partie du zinc que l’on emploie dans les arts.
M. del Rio a trouve à Gulebras, au Mexique, un sèléniure de zinc hydrargyrifère.
Ancramite. Zinc oxidé rouge. O^ Mn’ i5 OZn.? Substance lamellaire ou cristallise'e en prisme rhomboïdal, de couleur rouge, pesant 6,43. L’ancramite exige de nouvelles recherches pour que l’on puisse être assure' que sa composition est invariable : on la trouve parmi les minerais de fer de l’Ame'rique septentrionale.
On a trouvé en Silésie deux minérais de zinc , dont l’un contient , tout à la fois, de l’iode et du cadmium , et l’autre, du brome.
Annexes du genre zinc : Smithsonite, zinconise, calamine, gahnite, willémite, gallizinite ,jranklinite .
URANE. Dans le genre urane de M. Brongniart, on trouve quatre espèces \ nous n’en avons conservé qu’une.
Pechurane. Urané oxidulé, pec7iè/e/zcZe. O U, Substance noirâtre, possédant à peine l’éclat métallique, d’une dureté à peu près égale à celle du verre, pesant 6,46. Le pechurane est infusible au chalumeau 5 il colore la flamme en vert. 11 est attaquable par l’acide nitrique ; la dissolution donne un précipité rouge brun par le cyanoferhydrate de potasse.
Ce mine'rai, qui est rare, accompagne l’or, l’argent et l’étain. (Bohême, Saxe, Cornwall.j
Annexes du genre urane : Uraconise, uraniLe, chalkolite.
COBALT. Une très petite quantité d’un minéral de cobalt, avant ou après un grillage , suffît pour colorer en bleu intense une masse assez considérable de borax, sans lui faire perdre sa transparence.
ÏVoBOEDiiVE. Cobalt sesqui- sulfuré. S^ Co’. Substance gris d’acier, possédant l’éclat métallique , à cassure inégale; cristallisant dans le système cubique; ne donnant point l’odeur de l’arsenic lorsqu’on la chauffe au chalumeau. Fusible en un globule gris après avoir été grillée, et se comportant avec le borax, comme il est dit aux caractères génériques.
D'HISTOIRE NATURELLE. <7
Substance rare, trouvée à Riddarhytta, en Suède, et à Niisen, dans le pays de Segen.
Cobaltine. Cobalt arsénio - sulfuré , cobalt gris; cobalt de Tunabarg.
As Co^. Matière gris d’acier, brillante, laminaire, cristallisant dans le système cubique; pesant 62g. La cobaltine fond au chalumeau, en répandant l’odeur de l’arsenic.
On trouve cette substance sous les formes suivantes : cube , octaèdre, cubo-octaèdre , cubo-dodécaèdre , dodécaèdre pentagonal, icoasèdre, etc. On ne l’a encore rencontrée ni en dendrites, ni en concrétions, mais en cristaux disséminés dans le gneiss, terrains j)rimordiaux. (Tunaberg, en Suède.)
Smaltine. Cobalt arsénié on cobalt arsénical. As Co. Matière métalloïde, noirâtre, présentant l’éclat métallique et la couleur de l’acier dans sa cassure fraîche. Elle appartient au système cubique; sa densité— 6, â5. Elle fond au chalumeau, en donnant un globule gris, métallique, après avoir abandonné des vapeurs arsenicales. L’acide nitrique l’attaque assez facilement.
La smaltine se trouve en cristaux, sous forme dendritique (cobalt tricoté) , fibreuse, et on en trouve d’amorphe. On la rencontre dans les terrains primordiaux (Allemout, en Dauphiné , Schneeberg , en Saxe, etc.), dans les terrains de transition (Sainte-Marie-aux-Mines).
CoBAETiDE. Cobalt peroxiclé , sesqui-oxide de cobalt? O^ Co’ ? Matière terreuse , pulvérulente, noire , qui se trouve parmi les autres minerais de cobalt ou qui les recouvre sous forme d’enduit.
Annexes du genre cobalt : Erythrine , rhodoïse, rhodalose,
i\ICïiEL. Matières qui , avant ou après le grillage à l’air libre, donnent une matière pulvérulente, infusible, réductible sur le charbon par le feu de réduction , laissant un résidu magnétique. Ces matières sont attaquables par l’acide nitrique, et donnent une liqueur verte qui, acidulée, ne présente pas l’indice du cuivre par un barreau de fer, et devient bleue sans précipiter par l’addition de l’ammoniaque.
ÏIarkise. IVickel sulfuré, nickel natif, pyrite capillaire. S Ni. Substance cristalline , en groupes formés de cristaux aciculaires , déliés , d’une couleur vert jaunâtre, donnant l’indice de l’acide sulfureux dans le tube ouvert par l’action de la chaleur.
L’harkise accompagne quelquefois la smaltine, la blende, la galène, quelques minérais argentifères. ( Johann - Georgenstadt , en Saxe; Saint-Austle , en Cornwall , etc. )
Disomose. IVickel arsénio-sulfuré , nickel gris. S’ As Ni’, plus quelque peu de fer et de cobalt. Substance gris d’acier, possédant l’éclat métallique, rapportée par M. G. Rose au système cubique. Sa densité ==.6,12.
Chauffée au moyen du chalumeau, elle donne l’odeur de Parsenic ; chauffée dans un tube ferme', elle donne un sublime' de sulfure d’arsenic ; chauffée dans un tube ouvert, elle donne l’indice de l’acide sulfureux. Le résidu se comporte comme il a été dit, en pariant des propriétés génériques.
On trouve la disomose en petites masses lamellaires ou compactes, très fragiles , parmi les minérais de cobalt, à Laos, Suède.
îViCKÉiiiNE. Wickel arsénié ou arsenical, kupjernickel. As Ni^ , plus un peu de soufre, de plomb et de fer. Substance d’aspect métallique, gris rougeâtre, se ternissant à l’air.
Substance donnant, comme la précédente , l’indice delà présence du soufre et du nickel, et donnant à peine de l’acide sulfureux lorsqu’on la grille dans un tube ouvert.
La forme cristalline de cette espèce minérale est douteuse : on pense pouvoir la rapporter au système cubique , et cette observation paraît très vraisemblable, parce que d’autres substances de même formule affectent le même système cristallin.
La nickéline accompagne la smaltine.
M. Berzélius a indiqué un arséniure de nickel contenant une fois plus d’arsenic pour la même quantité de métal électro-positif.
M. G. Rose distingue aussi l’espèce nickelspies-glanz ( arsenic sulfoantimonié ), ayant la même formule que la disomose, mais qui en diffère parce que l’arsenic s’y trouve remplacé par de l’antimoine.
Annexes du genre nickel : Wéoplase , nickelocre.
CUIVRE. Les espèces qui composent ce genre peuvent, avant ou après un grillage, en les chauffant au feu de réduction sur un charbon, donner un globule de cuivre métallique , qui est brillant tant qu’il est en fusion. Ce globule est inattaquable par l’acide chlorhydrique , mais il se dissout dans l’acide nitrique. Les mêmes minérais ou ce globule, traités par ce dernier acide avant ou après le grillage, donnent une liqueur bleu verdâtre, qui forme un dépôt de cuivre métallique sur un fil de fer brillant, qui devient d’un très beau bleu par l’addition de l’ammoniaque , et qui donne un précipité marron par l’hydroferrocyanate de potasse. Ce dernier réactif ne peut pas toujours être employé, parce qu’il précipite aussi d’autres métaux.
Cuivre natif. Cu. Couleur rouge, éclat métallique , malléable, pèse 8,58 ; sa forme dominante est l’octaèdre régulier.
On en connaît de laminiforme , de lamelleux , de dendritique, de mamelonné et de filiforme.
On le trouve principalement, dans les terrains cristallisés, en enduits sur un jaspe ferrugineux , sur un calcaire saccharoïde , sur le micaschiste , etc. , et dans du sable. Il est implanté , en amas ou en lames.
d’histoire naturelle.
( Toui'inski, monts Ourals 5 Hamclen, dans les Etats-Unis (l’Amérique. )
Berzéliîve. Cuwre sous-sélénié . Se Cu^. Substance blanche, possédant l’éclat métallique, malléable, donnant l’odeur du sélénium en combustion lorsqu’on la grille : dissolution nitrique ne donnant point de précipité par l’acide chlorhydrique ni par l’acide sulfurique 5 substance très rare qui n’a encore été rencontrée que dans le calcaire spatliique de la mine de cuivre de Skrickerum.
Il existe aussi un séléniure de cuivre et de plomb , dont la solutiori nitrique donne un précipité blanc par l’acide sulfurique.
EucHAiniTE. Cuiure et argent séLéniés. Se^ Cu^ Ag. Substance gris de plomb, se coupant avec un couteau, donnant l’odeur de l’oxide de sélénium lorsqu’on la grille. Solution nitrique donnant un précipité blanc , soluble dans l’ammoniaque , par l’acide chlorhydrique.
Ce minéral se trouve dans les mêmes circonstances et dans les mêmes localités que la berzéline.
CuAEiiosiNE. Cuirre sulfuré, cuiure 'vitreux. S Cu^. Eclat métallique , couleur gris brunâtre, pesant 5,6, fusible au chalumeau , soluble dans l’acide nitrique ; solution donnant alors l’indice du cuivre par l’ammoniaque, et un précipité blanc insoluble par le chlorure de baryum. La forme primitive de cette substance est un prisme hexaèdre.
Ce minérai sa trouve cristallisé, ou mamelonné, ou compacte, dans les terrains primitifs , où il existe en filons assez puissans et en amas. On le rencontre aussi dans les terrains de transition.
Strojieyerike. Cuiure sulfuré argentifère. Cu^ Ag. Gris d’acier, éclat métallique, fragile, fusible au chalumeau, ne donnant pas l’odeur de l’oxide de sélénium , soluble dans l’acide nitrique bouillant ; solution donnant un précipité blanc par le chlorure de baryum , un précipité de cuivre sur un fil de fer, et un précipité d’argent par un fil de cuivre. Substance rare, trouvée en Sibérie, dans les mines de Schlangenberg.
Philipsite. Cuivre pyriteux panaché. S^ Fe Cu'^. Substance brun rougeâtre , pesant 5 , cristallisant dans le système cubique. La dissolution nitrique indique la présence de l’acide sulfurique par le chlorure de baryum , qui y fait naître un précipité blanc; un barreau de zinc en précipite du cuivre en poudre noirâtre; la liqueur acidulée de nouveau , et chauffée ensuite , donne un précipité bleu , abondant, par le cyanoferrhydrate de potasse. La philipsite accompagne l’espèce suivante, mais elle existe à bien moindre quantité qu’elle.
Chaeeopyrite. Pyrite cuivreuse. S^ Fe Cu. Couleur jaune foncé , éclat métallique, densité 4, 1 6 ; sa forme primitive est un prisme à bases carrées; sa forme principale est un tétraèdre irrégulier. Mêmes caractères chimiques que l’espèce précédente.
8o TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE
Oîi trouve la chalkopyrite cristallisée , en masse , stalactitique, incrustante , etc. Elle est très répandue dans la nature, où elle se rencontre , en fdons, dans les terrains primitifs granitoïdes ( Sainte - Marie-aux-Mines, Gliessj, en France j Derbyshire , Cornwall , Freyberg, etc.)
Panabase. Cuivre et fer sulfantimoniés , cuivre gris, argent gris, cuivre antimonifère. Substance grise ^ posse'dant l’e'clat me'tallique , pesant 4,79 ^ et cristallisant en te'traèdres re'guliers, fusible au
chalumeau, en donnant des vapeurs d’antimoine, et presque toujours aussi des vapeurs d’arsenic; solution nitrique incomplète, laissant un de'pôt inattaquable d’acide antimonieux ; composition très compliquée. On trouve toujours du soufre, de j’antimoine, qui peut être en partie remplacé par de l’arsenic, du cuivre, du fer, du zinc et de l’argent. Formule = S^ Sb^ Fe Cu®.
La panabase se trouve dans les terrains primitifs , où elle forme des filons à elle seule. Elle est souvent accompagnée de différens minérais qui renferment les mêmes élémens qu’elle, mais en plus petite quantité. ( Sainte-Marie-aux-Mines , Freybeig, Annaberg, en Saxe; Cornwall, en Angleterre; Guanaxuato,' au Mexique, etc.)
Tennantite. Cuivre et fer sulfo- arsénié s , cuivre gris. Substance grise, possédant l’éclat métallique, donnant une poussière grise ou noirâtre par la trituration , pesant 4,87 à 4,8 , cristallisant en dodécaèdre rhomboïdal, donnant l’odeur d’arsenic lorsqu’on la chaude ; du reste, possédant les caractères chimiques de la philipsite.
La tennantite ne forme point de filons à elle seule , comme la précédente , mais elle est assez répandue.
ZiGüÉLiivE. Cuivre oxidulé , cuivre rouge, O Cu®. Substance rouge, ne possédant pas l’éclat métallique , vitreuse ou compacte, pesant 6,69, rayée par le calcaire et rayée par une pointe d’acier, attaquable par l’acide nitrique avec dégagement de vapeurs rouges.
Se trouve cristallisée en octaèdres réguliers, en dodécaèdres rbomboidaux , capillaire , compacte , litlioïde , etc. , accompagnant la chalkopyrite, l’azurite et les autres minérais de cuivre. (Chessy, près Lyon.)
Mée AGONISE. Cuivre oxidé , cuivre oxidé noir, O Cu. Substance noire , terreuse, pulvérulente, soluble dans l’acide nitrique, sans dégagement de gaz nitreux; solution donnant , comme toutes celles de ce genre, la réaction du cuivre.
La mélaconise se trouve en enduit sur les minérais cuprifères, et provient probablement de leur décomposition.
La plupart des minérais de cuivre sont exploités pour en extraire ce métal.
d’histoire naturelle.
Annexes du genre cuivre : mysorine , nzurite , malachite, atacamite , cyanose , brocliantiie , aphérèse , ypolème , olwénite , euchroïte, aphanèse , crinite , liroconite , dioptase , chrysocole.
PLOMB. Minéraux qui, sans ou après un grillage préalable, peuvent donner un globule métallique , malléable, lorsqu’on les chaufie sur un charbon au feu de réduction. La solution nitrique donne un précipité blanc de sulfate de plomb par l’acide sulfurique ; un précipité noir de sulfure de plomb par l’hydrogène sulfuré ou les sulfbydrates , et des lamelles brillantes de plomb sur un fil de zinc.
Plomr natif. Pb. Malléable, mou, très fusible, pesant 10,47, solublo dans l’acide nitrique bouillant , avec apparition de gaz nitreux rouge.
ïvC plomb natif est en grains d’un volume variable , dans les produits volcaniques (Vésuve) , dans les dolomies , dans les laves, etc. Galène. Plomb sulfuré. S Pb. Substance cassante, couleur de plomb^ clivable dans trois directions perpendiculaires, l’une aux deux autres, afi'ectant le système cubique, pesant 7,769.
Soumise à la calcination , dans un tube ouvert, elle donne un sublimé de soufre et de l’acide sulfureux. Elle se réduit facilement sous rinduence du carbonate de soude et du charbon. Lorsqu’on la traite immédiatement par l’acide nitrique, il se forme un dépôt blanc de sulfate de plond).
Elle est souvent argentifère et exploitée comme minérai d’argent j elle peut aussi renfermer du sélénium, comme celle de Fahlim, ou plus souvent de la blende.
La galène se trouve cristallisée, très communément en cube, plus rarement en octaèdre et en dodécaèdre ; il en existe de pseudomorpliique , qui provient de la décomposition des différens minéraux plombifères salins , de lamellaire , de grenue , de compacte , etc.
Ce minéiai , qui , de tous les minerais de ploml) , est le seul exploité d’une manière spéciale , est très répandu dans la nature. On l’y trouve depuis les terrains cristallisés jusque dans les terrains de sédimens inférieurs. H est souvent accompagné d’autres minéraux plombifères, de quarz , de fluorine , de barytine , etc.
Glaustualie. Plomb sélénié. Se Pb. Substance ressemblant à la galène, mais pouvant être entamée avec une lame tranchante 5 pesant G, 8 ; donnant l’odeur de chou pourri lorsqu’on la chauffe dans un tube ouvert, et un sublimé de sélénium rouge dans le tube fermé.
Minéral rare qui paraît appartenir au système cubique et qui a été rencontré à Glausthal.
La clausthalie renferme souvent du cobalt, et l’on connaît un séléniure de plomb et de mercure.
Coups anoug.
Massicot. Plomb proLoxulé. OVh. Matière pulvérulente , jaiiiie , soluble dans Tacide nitrique sans apparition de vapeurs rouges , facilement réductible par Faction du chalumeau.
Matière peu abondante, trouve'e à Brémig, près de Stolberg.
M iiviUM. Plomb oxidé rouge ( oxide de plomb naturel dont la composition ne semble pas suffisamment détermine'e , mais qui paraît être Pb^ ). Matière pulve'rulente, rouge, brunissant par l’aetion de Facide nitrique et se dissolvant en partie ; facilement re'duclible par la flamme interne sous l’influence du chalumeau.
Ce mine'ral existe en petite quantité dans les localités où Fon trouve la galène.
W ÉRASiNE. Plomb oxichloruré , plomb muriaté , plomb corné. CF Pb^. Substance blanchâtre , cristallisant en prismes droits à bases carrées , dont la hauteur est à Fun des côtés de la base : ; 6 ; 1 1 5 pesant 6,06; fusible, réductible en plomb par le carbonate de soude ^ ce sel, dissous après la réaction, donne l’indice du chlore par le nitrate d’argent.
Substance trouvée dans les localités suivantes : Sommersetshire, Derbyslîire, Massachusetts.
Annexes du genre plomb ; Plomb gomme., céruscy anglésile, léadhillile, lanarkitCy calédonite, pyromorphitey mimétèse, crocoïse, vauque - Imite, mélinose, schélitine.
BISMUTH. Métal blanc-jaune, cassant, très fusible, soluble dans Facide nitrique, et donnant une liqueur incolore dans laquelle l’eau détermine la formation d’un précipité blanc de nitrate quadribismuthique, et dans laquelle l’hydrogène sulfuré ou les hydrosulfates font naître un précipité noir. Le sulfure et l’oxide se réduisent facilement lorsqu’on les place sur un charbon et qu’on les chauffe au feu de réduction.
Bismuth natif. Bi. Métal cristallisant en cube et en octaèdre, quelquefois en rhomboèdre dérivant du système cubique, pesant 9,737.
Ce métal se rencontre avec les minerais d’arsenic et d’argent, en quantité peu considérable. (Yallée d’Ossau , Pyrénées; Schneeberg, Altenbcrg, en Saxe ; plusieurs localités de la Suède, etc. ) Bïsmuthine. Bismuth sulfuré , bismuth natif. BF. Substance gris jaunâtre , possédant l’éclat métallique , cristallisant en prismes rhomboïdaux, aiguillés, de i3o et ôo" ? pesant 6,54, fusible avec projection de gouttelettes. Acide sulfureux par le grillage; soufre sublimé dans le tube fermé , par la chaleur.
M. Beudant n’a rencontré de sulfure de bismuth pur que dans les échantillons de Bastnaës, d’autres contiennent du sélénium, du plomb, de l’argent, du cuivre, etc.
d’histoire naturelle. 85
Il existe des sulfures de bismuth à diffërens degrës de. sulfuration qui ne sont pas suffisamment étudiés.
Bismuth oxidé. Bi*. Substance pulvérulente, jaun^ltre, pesant 4, 36, fusible, réductible.
Le bismuth oxide se trouve à la surface des minerais de bismuth, de cobalt, de nickel ^ Schneeberg, en Saxe, etc.
Le bismuth natif et le bismuth sulfure sont exploite's comme minerais de bismuth.
Annexes du genre bismuth ; Bornine, carbonate de bismuth?
3IEIICU1\E. Métal liquide, blanc d’argent, volatil, qui existe natif, ou que l’on obtient en chauffant les minerais avec du carbonate de soude dans un tube ferme'.
Mercure natif, f^if arf^ent^ cjuecksilber : Hg, pesant i3,5.
Le mercure natif se trouve à la surface des minerais de cinabre et dans leur inte'rieur, dont il peut sortir par l’action de la chaleur. Amalgame. Mercure argentai. Hg“ Ag. Substance possédant l’aspect de l’argent, cristallisant en dodc'caèdre rhomboïdal, souvent de'formé par du mercure adhe'rent. Chauffée dans le tube, le mercure se de'gage, et il reste un dépôt d’argent. ( P^oy. les propriétés du genre argent. )
Ce minéral, qui n’existe qu’en petites masses, se rencontre avec le mercure natif et le cinabre.
Cinabre. Mercure sulfuré , 'vermillon , S Hg. Substance rouge ou brunâtre, donnant une poudre d’un rouge d’autant plus vif qu’on la rend plus fine, pesant 8,og, entièrement volatile, non attaquable par l’acide nitrique, attaquable par l’eau régale. On connaît du cinabre cristallisé en prismes hexagones, dont trois faces prennent souvent plus d’accroissement que les autres ( vermillon entier de la Chine). On en trouve de granulaire, de compacte, de pulvérulent.
Calomel. Mercure chloruré , mercure mur iaté , mercure corné , protochlorure de mercure. Cl Hg. Substance incolore, d’éclat adamantin, noircissant à la lumière, cristallisant en prismes à bases carrées, pesant 6,5o, volatile, décomposée par le carbonate de soude 5 le résidu, dissous dans l’eau, donne par le nitrate d’argent un précipité blanc, insoluble dans l’acide nitrique.
Mêmes gisemens que les autres minérais de mercure (V. plus bas).
M. del Rio a découvert , au Mexique, un iodure de mercure de couleur rouge, qui complète les espèces connues du genre mercure.
Les minerais de mercure se rencontrent spécialement à la partie inférieure des terrains secondaires, depuis le calcaire pénéen jusqu’au grès rouge. On les trouve dans le grès rouge (Ménildot, département
Je la Manclic ; AlmaJen, en Espagne; Cnença, Nouvclle-GrenaJe) ; dans les porphyres subordonne's (Mexique ), dans le schiste bitumineux ( Idria en Carniole), etc.
ARGENT. Me'tal blanc, malléable, plus dur quel’etain, pesant io,4743; soluble dans l’acide nitrique avec apparition de gaz nitreux ; dissolution incolore donnant un pre'cipite' blanc, fixe, par l’acide chlorhydrique, qui se dissout dans l’ammoniaque liquide. Elle donne aussi de l’argent métallique sur un fil de cuivre.
Argent natif. Ag. Ce minerai possède les propriéte's qui ont été indiquées au genre. Il renferme quelquefois de l’antimoine ou du cuirreo On le connaît cristallisé en octaèdre, en cubo-octaèdre et en cube. Il en est de dendritique , de liliciforme ou pectine', de filiforme et de massif.
L’argent natif accompagne ordinairement en petite cpiantité les autres minerais d’argent, et principalement l’argyrytbrose.
Discrase. Argent antimonié. Ag^ Sb. Substance possédant l’éclat et la couleur de l’argent; cassante, donnant des vapeurs d’antimoine quand on la cliauffe au cbalumeau,et laissant un résidu d’argent; soluble en partie dans l’acide nitrique , laissant un résidu cjui, après avoir été lavé, se dissout dans l’acide cblorhydrique et donne alors les réactions de l’antimoine (V. ce genre).
Cette substance appartient au système prismatique à base rectangulaire : on en trouve d’amorphe; elle se rencontre parmi les minerais d’argent (Allemont, en Dauphiné; Cuadalcanal, en Espagne). Argyrose. Argent sulfuré, argent vitreux. S Ag. Substance de couleurgrise, possédant l’éclat métallique, quelquefois translucide, pouvant s’entamer avec une lame tranchante, pesant de 6,9 à 7,2; fusible avec boursouflement, réductible, donnant de l’acide sulfureux par le grillage.
Ce minéral appartient au système cubique et se trouve quelquefois à l’état dendritique, filifoj'nie ou mamelonné ,
C’est le plus abondant et le plus répandu de tous les minerais d’argent. On le rencontre dans les terrains primitifs, dans les terrains intermédiaires et meme à la base des terrains secondaires (Allemont, en Daupbiné; Sainte -Marie-aux-Mines; Saxe, Suède, Sibérie, Mexic{ue, etc. , etc.
Argyrythrose. Argent sidf o- antimonié , A. rouge. S® Sb’ Ag^. Couleur rouge; fragile; poussière rouge sombre; pesanteur spécifique, 5,8. Cristaux dérivant d’un rhomboèdre de 108°, 3o'. Substance donnant de l’acide sulfureux par le grillage, des vapeurs blanches d’antimoine au chalumeau, et laissant un dépôt insoluble d’acide antimonieux lorsqu’on la traite par l’acide nitrique, comme la discrase.
d’histoire naturelle.
L’argyrythrose se trouve cristallisée en prismes hexaèdres différemment modifiés, et en dodécaèdres scalènes ou isocèles. Elle est beaucoup moins abondante que l’argyrose, et surtout en Europe. En Amérique, elle est l’objet d’exploitations spéciales.
M yabgyrite. Argent suljo-antwionié noir. S'^ Sb^ Ag. Substance possédant l’éclat métallique, à cassure conchoïdale, cristallisant en prismes rhomboïdaux obliques, de 98° 56', inclinés de 101° 6'^ pesant 5,3 à 5,4, et possédant les mêmes caractères chimiques que l’espèce précédente.
Substance assez rare, trouvée à BraunsdorlF, en Saxe.
PsATURosE. Argent sulfuré, fragile; argent sulfo-antimonié, noir. S9 Sb® Ag®. Substance gris de fer, possédant l’éclat métallique, fragile, dérivant d’un prisme rhomboïdal de 107° 47'; pesant environ G , donnant une poussière noire et possédant les mêmes caractères chimiques que les deux espèces précédentes. On la trouve avec l’argyrythrose (Freyberg, en Saxe ; Schemnitz, en Hongrie).
Proustite. Argent sulfo-arsénié , S® As* ' Substance rouge, fragile, à poudre rouge clair, paraissant cristalliser dans le système rhomboédrique, pesant 5,5, fusible au chalumeau, donnant des vapeurs d’arsenic et de l’acide sulfureux; produit, dans le tube fermé, un sublimé de sulfure d’arsenic ; solution complète ou presque complète dans l’acide nitrique ( l’arsenic est quelquefois remplacé en partie })ar l’antimoine dans ce minéral. )
Mêmes gisemens que l’argyrythrose.
PoEYBASiTE. Argent et cuwre sulfurés, arséniés et antimoniés , Bournonite en partie, Cuwre gris. Substance contenant ; soufre 17,04, antimoine 5,09, arsenic 8,74, argent 64,29, cuivre 9,98, fer 0,06 ; possédant une couleur grise , cristallisant en prismes hexagones, pesant 6,21 .
Guanaxuato et Guarisamey, au Mexique.
li-ÉRARGYRE. Argent chloî'uré , argent corné, argent muriaté. Cl* Ag. Substance d’un gris perlé, translucide ou opaque, pouvant se couper comme la corne, cristallisant en cube, fusible au chalumeau et immédiatement réductible, plus facilement réductible parla soude, qui donne ensuite la réaction du chlore ( J^oy. Calomel), insoluble dans l’acide nitrique.
Très rare en Europe, exploitée comme minérai d’argent au Mexif[ue et au Pérou .
ÏODARGYRE. Argent ioduré. I* Ag. Substance d’un blanc jaunâtre, tendre, à texture lamelleusi*, réductible immédiatement et surtout par la soude, qui, dissoute ensuite, et mêlée à l’amidon, le colore en bleu si on y ajoute de l’acide sulfurique.
Substance fort rare, trouvée au Mexique.
OU. Or NATIF. Métal d’un beau jaune, inaltérable à l’air, très malléable, fusible, pesant de 12, 6G6 à 19. L’or est inattaquable par l’acide nitrique 5 mais l’eau re'gale peut le dissoudre , souvent en donnant lieu à du chlorure d’argent insoluble, quand il renferme ce dernier métal .
L’or cristallise dans le système cubique, on en connaît de dendritique, de lamelliforme, de granulaire et àe filiforme.
L’or existe dans des filons des terrains cristallisés ou dans des terrains meubles. Dans le premier cas, on le trouve en petits cristaux ou en lamelles disséminées dans du quartz, souvent d’un aspect gras ( La Gardette, en Dauphiné; Minas Geraès, etc.) ; ou bien isolé dans les gîtes métallifères. Dans le second cas, on le trouve dans les sables des plaines, des fleuves et des torrens ( Pvhônej Villa-Rica, au Brésil; Pactole 5 Afrique, etc., etc.). C’est l’or des terrains arénacés qui produit presque tout celui qui est exploité.
Ei-ectrum. jlarure d’argent, or argentifère , argent aurifère, alliage naturel d?or et d’argent. Propriétés attribuées à l’or ; mais toujours un précipité blanc, insoluble et abondant, dans le traitement du minerai par l’eau régale. Les proportions d’or et d’argent qui constituent cet alliage sont excessivement variées, et doivent le faire considérer comme l’exemple d’une espèce de corps simple auquel un autre corps simple isomorphe se substitue. M. Beudant ne fait qu’une espèce de l’or et de l’électrura.
PLATINE. Le platine pur n’existe point dans la nature, on ne l’y connaît qu’à l’état d’alliage.
Platine natif, yllliage naturel de platine de palladium, de rhodium, d’iridium et d'’osmium. Substance infusible, insoluble dans l’acide nitrique, attaquable par l’eau régale 5 solution donnant un précipité jaune-rougeâtre par le chlorhydrate d’ammoniaque.
Quelques uns des métaux peuvent manquer dans cet alliage naturel. Ils paraissent être tous isomorphes, au moins dans les combinaisons ultérieures qu’ils peuvent former, et l’on doit en dire autant du platine natif que de l’électrum.
Le platine natif se trouve disséminé en grains dans les mêmes terrains meubles que le diamant {^Voy. Diamant). Yauquelin a trouvé du platine dans un cuivre gris (panabase) , accompagné d’argyrythrose, sur un calcaire de Guadalcanal, en Estramadure. Il en existe un échantillon dans la collection de l’Ecole des mines de Paris.
Le platine est un des métaux les plus précieux pour les arts chi-
d’histoire naturelle.
iniques, parce qu’il permet de faire des vases infusibles, qui ne sont point attaque's par les acides ordinaires les plus concentre's.
lillDÏUM. Ce me'tal n’existe dans la nature qu’en combinaison avec le rhodium 5 ils constituent ensemble l’espèce suivante, pour laquelle on doit répéter ce qui a été dit pour l’électrum et le platine natif.
ÎRiDosMiNE. Osmiure d’iridium. Substance métallique en paillettes blanches, quelquefois hexagonales, très denses, infusibles par le chalumeau et inattaquables par l’eau régale. L’iridosmine accompagne le minerai de platine.