‹ Traité élémentaire de minéralogieChapitre 136 sur 203 · SALM ARE. D · texte numérisé non relu

SALM ARE. D

la surface de la terre , et sortent généralement des différons terrains que nous avons cités. Ces sources sont fréquemment

l'objet d'exploitations considérables , et des salines très renommées sont fondées uniquement sur elles (Dicuzc, Moyenvic, Chatcau-Salins , etc. , en France ; Droit w ici» en Angleterre ; Rhum en Westphalic; Lunebourg en Hanovre; Segcberg dans le HoUtein ; Schonbeck clans !«■ Mngdrhoui g ; Ai Ion en Thuriiige. etc.; Transylvanie , en un grand nombre de lieux ; toutes les salines de l'Amérique septentrionale, et dans une multitude de localités en Russie, en Sibérie, etc. etc.). 11 est probable que les eaux de ces sources puisent le sel qu'elles renferment dans les terrains qu'elles traversent ; mais il pourrait bien se faire aussi que ces eaux vinssent quelquefois de la profondeur et aient la même origine que les eaux minérales. On connaît plusieurs sources qui en renferment des quantités notables (Balaruc, Bourbon , etc.)*

Les lacs salés sont aussi extrêmement nombreux à la surface de la terre j on les observe particulièrement daus les grandes plaines de nos continens. La Russie d'Asie, la Sibérie, en renferment un grand nombre (dans le gouvernement d'Astrakan , aux environs d'Orenbourg dans 1«> pays de Baschkirc, etc.). Les plaines de l'Afrique en offrent de même dans un grand nombre de lieux, au Sénégal, en Egypte, en Abyssinie, en Anatolie, en Barbarie, dans les déserts de l'Arabie, etc. Les terrains qui environnent ces lacs sont eux-mêmes imprégnés de sel qui se montre en efflorescence pendant les chaleurs, et donne lieu aux nombreux marais salés qui se forment dans la saison des pluies. Toutes les plaines de la mer Caspienne sont ainsi remplies de sel , et l'on cite sous le même rapport de grandes étendues de terrains en Tartarie, en Chine, en Perse, en Afrique. Tantôt les sables et les argiles, ainsi imprégnés de sel, sont d'une grande épaisseur, comme il arrive dans les plaines basses ; tantôt ils sont extrêmement minces, ce que l'on remarque particulièrement sur les plateaux élevés (Mexique, Thibet).

Enfin, le sel se trouve partout en solution dans les eaux de mer, où, comme dans les lacs* il est accompagné de chlorure de calcium , de magnésium , de sulfate de soude , etc.

USAGES

L'usage du sel pour assaisonner les alimens est universel,

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FAMILLE DES CHLORIDES.

et de toute ancienneté; il est par cela même l'objet d'une consommation et d'un commerce immense dans toutes les parties du monde. Non-seulement l'homme s'en sert à quelque prix qu'il soit, mais encore il en donne aux animaux partout où il peut se le procurer à bon compte. Il est extrêmement favorable à la santé des bestiaux , qui le recherchent avec avidité.

C'est au moyen du Sel qu'on prépare , d'un côté, l'acide hydrochlorique et le chlore; de l'autre, le sous-carbonate de soude artificiel employé dans les verreries, les savonneries, etc. On s'en sert comme de fondans dans quelques opérations métallurgiques; on l'emploie pour déterminer la vitrification de la surface de certaines poteries cuites à grand feu, et leur procurer ainsi une couverte vitreuse très solide : on se contente, pour opérer ce résultat, de jeter quelques poignées de sel dans les fours. U a, comme la plupart des autres Sels, la propriété de rendre le bois, les tissus plus difficilement combustibles, et souvent on l'a employé pour cet objet. Enfin , en petites quantités, il fertilise les champs, et dans plusieurs localités on emploie à cet usage les sables ou les argiles qui sont imprégnés de sel, les résidus des marais salins, etc. , mais quand il est en trop grande quantité, il produit l'effet précisément contraire.

La consommation annuelle du Sel en Europe s'élève à 25 ou 3o milliers de quintaux, qui peuvent être évalués à n5 ou i5o millions, en portant la valeur moyenne du quintal à 5 fr., qui est au-dessous de la valeur réelle dans beaucoup de contrées. Le Sel est partout la base d'impôts très importans, qui s'élèvent à deux, trois et quatre fois la valeur réelle.

L'immense consommation du Sel le fait exploiter ou préparer dans un grand nombre de localités, et à-peu -près partout où il se trouve à portée des routes, des canaux, des rivières. On exploite le plus souvent les dépôts de Sel par puits et galeries, ou à ciel ouvert, et on détache ainsi les masses assez pures du minéral pour le livrer immédiatement au commerce. Les parties impures, les argiles fortement imprégnées de sel, sont mises en dissolution, et on évapore ensuite le liquide. Dans quelques localités, on fait de grandes cavités souterraines dans lesquelles on fait pénétrer des eaux qu'on y laisse séjourner plus ou moins de temps pour les retirer ensuite et les évaporer.

SYLVINE. , 5ll

Les eaux de sources, qui sont ordinairement peu chargées, sont d'abord concentrées en plein air par le moyen de ce qu'on nomme les bdtimens de graduation , où on les fait passer et repasser sur des fagots d'épines, sur des cordes tendues, etc., pour offrir beaucoup de surfaces à l'air. La concentration amenée à un certain point, est continuée au feu dans des chaudières.

Les eaux des lacs , des mers, sont aussi évaporées dans un très grand nombre de lieux pour en tirer le sel. Cette opération se fait dans ce qu'on nomme les marais salans , espace plus ou moins considérable où l'on fait entrer une couche d'eau très mince qu'on laisse évaporer ; on ramasse ensuite le sel, et on le laisse en tas pendant quelque temps, pour que la masse se débarrasse des sels de chaux et magnésie, qui sont très déliquescens.

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