C. silice a l'état terreux
Silice nectique. Matière à structûre lâche, très légère, et susceptible de nager sur l'eau.
Silice pulvérulente. En poussière, plus ou moins aride au toucher.
GISEMENT DU QUARZ.
Le quarz hyalin cristallisé appartient à tons les terrains, depuis les plus anciens, jusque, en quelque sorte, aux plus modernes ; mais c'est dans les dépots de cristallisation primitifs et intermédiaires qu'il se trouve en plus grande abondance. Il tapisse alors àe grands filons qu'il forme à lui seul, ou de grandes cavités souterraines, qu'on nomme , les uns et les autres , poches ou Jours à cristaux (Alpes du Dauphi né, de la Savoie; Pyrénées , etc.)- Il se trouve aussi dans les gites métallifères (Saxe, Hongrie, Angleterre, Mexique, etc.) , mais rarement en aussi beaux cristaux que dans le premier cas. Dans les terrains secondaires et tertiaires on ne voit plus guère que de petits cristaux qui tapissent çà et là des fissures, de petites cavités, ou bien les géodes de calcédoine qui se trouvent dans les dépôts d amygdaloïdes (Obcrstein dans le Palatinat, elc)-
Nous avons vu , t. i , page 564 > que le quarz se trouve disséminé en gros cristaux dans les roches désignées sous le nom de pegmau'te ; on le trouve également disséminé dans presque toutes Jes roches composées , mais particulièrement dans les roches porphyriques. U existe encore, à cet état, dans des roches calcaires (Carrne), dans des rognons de cette même
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substance dispersés dans des marnes on des matières argileuses (Meyhm, près Grenoble), dans le gypse secondaire (Saint- Jacqurs-de-Coinpostelle en Galice , Molina en Arragon , Bastènes et Caupène prè* Da\ , etc.) , où il est en cristaux isolés, ou en petits groupes calcitropoïdes de la variété hematoïde.
Le quarz cristallisé est très rare dans les terrains d'origine ignée ; cependant on le trouve dans les trachytes proprement dits , en petits nids , en cristaux isolés , et plus particulièrement dans les roches de ces terrains que j'ai designées sous le nom de porphyre molaire (Hongrie , Auvergne , etc.). On en connaît aussi dans le basalte et même dans les laves modernes.
Les diverses variétés en petite partie n'ont pas en général d'autre gisement ; seulement , il y a quelques localités renommées pour la beauté des échantillons. Par exemple, les plus belles variétés d'améthyste viennent des Indes; si on en a apporté beaucoup du Brésil, elles sont généralement pâles et de teinte peu uniforme; les filons du Mexique (Vcta Madré deGuauazuato) en offrent de fort belles. En Europe, on cite différentes localités de Saxe (Rochlhz), de Bohème (Prestniz), de Hongrie (Schemnitz, Glasakutte, etc.), de Transylvanie (Kapoik) , d'Angleterre (Polgooih , Pednandre , dan» les mines d'e*tain), d' Espagne (montagnes de Murcie, Vicq en Catalogne) r du Palatinat (Oberste.n) ; en France , on en trouve dans les Alpes du Dauphiné , en Auvergne , etc. La plupart des variétés, jaune et verdâtre, qu'on tjouve toutes taillées dans le commerce, nous viennent du Brésil. Le tjuarz aventurine ne se trouve guère qu'en cailloux roulés (environs de Nantes, de Renne* , «te , Ecosse, Saxe, Espagne, et*.); on en cite de cristallisé à Ccylan.
Nous avons vu que le quarz hyalin est une partie constituante essentielle de différentes roches composées, t. i, pages 563 à 565, qui forment de grandes masses à la surface de la terre, pages 572 à 575; qu'il constitue aussi à lui seul de grandes couches où il est tantôt à l'état vitreux, tantôt compacte ou grenu , dans les terrains primitifs et intermédiaires (Saxe, Harz, Alpes dn Dauphiné*, delà Savoie, etc. , etc.) , page 590 ; la dernière de ces variétés appartient plutôt aux terrains intermédiaires et secondaires, 591. Quant aux variétés sableuses , plus ou moins agrégée* , c'est dans les terrains secondaires et tertiaires qu'elles se rencontrent, et elles y forment souvent
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des dépôts considérables, soit entre les assises calcaires, soit à la partie supérieure des diverses formations dans les localités où elles ne sont point recouvertes (grès de diverse» sorte» aux environ» de Pari», centre de la France, rives du Rhin , etc., etc.). .
Si les terrains de cristallisation primitifs et intermédiaires sont les gites spéciaux du quarz hyalin, les terrains secondaires et tertiaires sont en général ceux du quarz calcédoine. Ces modifications de la silice se rencontrent cependant en filons plus ou moins épais dans les terrains de cristallisation Schlottwitr , Ger*dorf en Saxe , Eisenb< rg en Thuringc , Carlsbad , Auvergne , etc.) , et quelquefois même en couches qui se répètent un grand nombre de fois dans le même lieu, en formant ainsi des collines plus ou moins considérables; telles sont les calcédoines jaspes (Apennins de la Ligurie, Alpes de Savoie, Pyré^ née», Monts Oural» en Sibérie, etc.). Les calcédoines translucides et stratoîdes, douées de diverses teintes, se trouvent particulièrement en rognons, plus ou moins volumineux, dans les Amvgdaloïdes des diverses époques déformation (Oberstein dan» le Palatinat, Féroë en Islande, etc.), dans les Diorites porphyriques intermédiaires (environs de Kapnik en Transylvanie, Zimapan au Mexique , etc.).
Les v;i fûtes opaques qu'on nomme plus particulièrement Silex se trouvent en rognons dans les roches des terrains trachytiques (Hongrie) , mais en petites quantités , et dans tous les dépôts des calcaires secondaires; elles sont surtout abondantes dans la craie, où les rognons sont disposés par lits horizontaux, qui se répètent à diverses hauteurs, et quelquefois s'étendent assez horizontalement , en se joignant les uns aux autres, pour représenter en quelque sorte de petites couches. C'est dans les marnes de formation tertiaire que se trouvent les calcédoines calcifères.
Dans ses gisemens au milieu des calcaires le silex renferme fréquemment des débris organiques , des coquilles , et particulièrement des madrépores.
Nous avons déjà fait remarquer, t. i, page 592, qu'à la fin des terrains tertiaires on trouve des dépôts, plus ou moins considérables , de matières siliceuses; ce sont les pierres meulières qui couvrent la plupart des plateaux des environs de Pans.
1 6 FAMILLE DBS SUICIDES.
USAGES DU QUARZ.
Les quarz en roches , et plus particulièrement les variétés schisteuses, sont employés comme pierres à bâtir dans les pays de montagnes primitives et intermédiaires ; les quarz grenus et les sables quart eux agrégés (grès de diverses sortes) sont employés également dans les pays secondaires , et même certaines variétés qui peuvent être taillées facilement sont appliquées avec succès à l'architecture ; les sables quarzeux ou les grès pi lés servent à mélanger avec la chaux pour faire les mortiers. Nous avons vu qu'on employait soit les quarz compactes qui sont alors pilés , soit les grès purs, soit encore le silex calciné et pilé, pour les poteries et les verreries; qu'on employait les grès pour les meules à aiguiser les instrumens, ou même à tailler les pierres dures (Oberstein) ; que ces mêmes grès ou les sables quarzeux servaient à préparer diverses matières au poli , etc. Nous avons aussi fait remarquer, 1. 1 , page 74a , l'emploi du silex molaire pour la confection des meules de moulin.
Le quarz hyalin limpide a été fort employé autrefois (quinzième et seizième siècles) comme un objet de luxe; on en faisait des coupes, dont les plus grandes qu'on ait citées ont un pied de diamètre sur à- peu-près autint de profondeur, des petits vases, des gobelets , des boites, des lustres , etc. , qui étaient d'un prix très élevé à cause de la dureté de la pierre, qu'on avait dès-lors une grande difficulté à creuser et à tailler; il y a eu des fabriques de ces objets à Milan, à Briançon , etc. , et on en apportait de l'Inde et de la Chine. Ce genre de luxe est tombé depuis qu'on a inventé l'espèce de verre appelé cristal, parce qu'il remplaça le cristal de roche, qui est à- la-fois plus limpide, plus éclatant et plus facile à travailler, et on ne taille plus le quarz que rarement pour ces divers objets.
On emploie aujourd'hui le quarz limpide pour des verres de lunettes qui ont le grand avantage de ne pas se rayer; mais il faut alors que les lames soient prises perpendiculairement à Taxe de cristallisation , à cause de la double réfraction de la substance qui détermine une seconde image plus ou moins distincte de l'objet, et qui gène beaucoup la vision) d'un autre côté cette double réfraction a fait employer le quarz pour *
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faire des micromètres à double image, qui servent clans différons instrumens d'optique.
L'améthîste a aussi été employée pour former des coupes et des vases divers, ou en petites colonnes, en placages, surtout lorsque, mélangée avec du quart blanc, elle produit des dessins en zigzags; on la travaille encore quoique rarement pour de semblables objets, aussi bien que le quarz rose. En général les quarz colorés sont travaillés en cachets, en anneaux, en pierre à facettes, que Ton monte en collier, en diadème, en bagne, etc.; on emploie particulièrement alors l'améthiste, qui est une variété précieuse , d'un prix assez élevé lorsque la teinte est belle : on se sert aussi des quarz de couleur jaune plus ou moins enfumée, du quarz avanturiné, qui est encore recherché lorsqu'il est d'un bel effet , enfin des variétés opalisante et chatoyante; cette dernière est même fort chère lorsque la pierre est grande et belle;
Les différentes variétés de calcédoine sont aussi employées pour faire des coupes, des tabatières , des socles, des cachets. La sardoine, la cornaline, les agathes herborisées sont employés en pierres montées de diverses sortes , et il y a dés variétés qui sont fbrt recherchées. La calcédoine chrysoprase fait très bien en parures, avec des entourages de perles ou de petits diamans. Les calcédoines onix ont été fort employés par les anciens pour les camées, et sont encore fort recherchés pour cet usage.
Un emploi très important de la calcédoine silex est pour la fabrication des pierres à fusil Ce sont particulièrement les silex de la craie qu'on emploie pour cet objet , et il faut les tailler au sortir de la carrière. En France il y en a des exploitations dans les départemens de Loir-et-Cher (Meunes, Nôycr et Coutfy, canton de Saint- Aignan) , de l'Indre (Lye), de l'Ardèche (Maysse),de l'Yonne (Cérilly), de Seine-et-Oise (Laroche-Guy on ). On en exportait autrefois beaucoup à l'étranger, mais ce commerce est maintenant prohibé.
Enfin nous rappellerons , 1. 1, page 74a , les meules de moulin, que l'on confectionne autour de Paris avec la calcédoine camée ou pierre meulière, et qui sont de meilleure qualité que toutes celles que l'on peut faire avec d'autres matières.
FAMILLE DES SILICIDES.
DKOXIÈIIS ESPÈCE. OPALE.
Substance tantôt hyaline , tantôt lithoîde, blanchissant au feu et donnant toujours de l'eau par calcination.
Ne donnant pas d'indice de cristallisation , et point de double réfraction.
Naturellement incolore , mais susceptible d offrir beaucoup de couleurs différentes par suite des mélanges, et des jeux de lumière très vifs.
Pesanteur spécifique 2,11 à a,35.
Rayant le verre, mais ayant peu de ténacité et faisant dès-lors difficilement feu avec le briquet.
Impression de froid beaucoup moins sensible que dans le quarz.
Tous les autres caractères du quarz.
Composition. Hydrate de silice dont les proportions ne sont pas bien déterminées. Les analyses ont fourni les résultats suivans. '
Opale hyalitedcFrankfbrt,
par Bucholz
Opale hy alite de Hongrie,
par Beudant
Opale noble de Hongrie ,
par Klaproth
Opale de feu du Mexique ,
par le même
Opale commune de Hongrie , par le même. . . • Opale xiloïde, p.R.Brandes
Opale dcQuegfeteîn dans les Sept Montagnes , par id.
Semi-opale de Moravie, par
Klaproth • • •
Opale menilite de Paris , par Klaproth ......
Opale ferrugineuse de Hongrie , par le même. . . .
Idem de J aftz.tr ab a en Hongrie , par Beudant. . . .