DEUXIÈME GENRE. CARBURE
Substances gazeuses, liquides, ou solides, mais se ramollissant et fondant au feu; s enflammant facilement , et brûlant avec flamme plus ou moins vive, souvent avec fumée; laissant peu ou point de résidu charbonneux.
PREMIERE ESPECE. GRIZOU.
Proto-carbure d'hydrogène ; Hydrogène semi carboné ; Hydrogène carboné; Grioux; G n'eu; Brisou; Terrou.
Substance gazeuse, incolore, s'enflammant à l'approche d'un corps en combustion et détonnant fortement lorsqu'il est mélangé d'air atmosphérique. Donnant de l'eau et de l'acide carbonique par la combustion.
Pesanteur spécifique, 0,55c;, loxigène étant pris pour unité.
Composition. Carbone et hydrogène réunis, suivant la* formule H C, ou en poids
Carbone. . ^5,38
Hydrogène 24,62;
mais, à ce qu'il paraît , cette matière n'est jamais pure dans la nature; elle est plus ou moins mélangée avec d'autres combinaisons des mêmes principe3.
Nous avons indiqué, tome 1, page 660 , l'existence de ce gaz, et les phénomènes qu'il présente à la surface de la terre. Il nous reste ici à parler de son emploi et de ses inconvéniens.
Dans les lieux où le proto-carbure d'hydrogène se dégage du sein de la terre par des crevasses; on l'utilise, en l'enflara- MiifER. 19
niant, pour la cuisson de la chaux, de la brique et des poteries, ou pour évaporer des liquides. Les habitans des lieux ut'.lUent quelquefois les feux naturels pour faire cuire leurs alimens. C'est le même gaz que l'on emploie aujourd'hui pour 1 éclairage, en le préparant, soit avec la houille, soit avec des huiles, des graines oléagineuses, etc.
Si l'hydrogène carbonné présente quelques avantages à l'homme sous certains rapports, il devient fort dangereux sous d'autres ; nous avons remarqué que ce gaz se dégageait souvent en abondance de la Houille, et d'autant plus que ce combustible est de meilleure qualité, et qu'il remplissait ics galeries des mines ; or, en se mélangeant avec l'air de ces galeries, il devient susceptible de détonation à l'approche d'un corps enflammé, et peut produire les accidens les plus graves. La dilation subite de l'air au moment de l'explosion provoque un courant d'une vitesse prodigieuse, qui lance les ouvriers avec violence contre les murs on le sol des galeries, où ils peuvent être grièvement blessés , et même tués.
Pendant long-temps on n'a connu d'autres moyens de se préserver des effets de ces explosions, désignées sous le nom de feu grisou , feu terrou, que de les provoquer soi-même, en choisissant le moment où les ouvriers étaient hors de la mine, ou du moins dans une retraite sûre. Mais cette précaution n'empêchait pas un autre genre d'accidens, produits par la détonation, la rupture des boisages, l'éboulement des galeries, qui devenaient aussi funestes que l'explosion elle-même. Aujourd'hui on prévient les accidens, d'abord en établissant un bon système d'à ira ge, provoqué, s'il est nécessaire, par des fourneaux d'appel, et ensuite en employant la lampe de sûreté dont on doit la découverte à Davy. Cette lampe consiste en une lampe à l'huile , dont la flamme est enfermée de toutes parts par une toile métallique. Davy a' été conduit, par une série d'expériences ingénieuses, à prouver qu'un mélange détonant enfermé dans une telle enveloppe peut bien y détoner, mais que la flamme ne pouvait pas se communiquer au-dchors ; par conséquent , un tel appareil peut être porté dans les travaux infectés de grizou , sans crainte d'aucune explosion.