‹ Traité élémentaire de pathologie externe (volume 2)Chapitre 21 sur 50 · PLAIES PAR ARMES A FEU · texte numérisé non relu

PLAIES PAR ARMES A FEU

I Celle dernière complication commandait, avant tout le reste, la eautè- I risation avec le fer rouge, l’emploi de l’onguent ègyitiac ou de l’huile I bouillante; puis, cela fait, on pansait avec les èmolliçnts en dedans et en I dehors.

Cette thérapeutique était en honneur auprès de la plupart des Chirur- I giens, lorsque A. Paré fut amené, par un heureux hasard, à la faire dispa- I raitre de la pratique. On sait comment, dans son Discours premier sur le , fait des harquebusades et autres bastons à feu (1), il raconte le changement I qui s’opéra dans sa façon de traiter les plaies par armes à feu. En 1536, lorsqu’il était chirurgien de M. de Montejean, capitaine général des gens de pied, il eut à panser beaucoup de soldats blessés à l’attaque d’un chtUeau h)rt. N’ayant point encore vu traiter les plaies par arquebuse, il fit comme les autres chirurgiens, et cautérisa les blessés avec l’huile bouillante. Mais un jour, l’huile manquant, il fut obligé d’avoir recours à un digestif simple composé de jaune d’œuf, d’huile rosat et de térébenthine. Alors l’illustre chirurgien nous raconte qu’il ne put dormir, craignant de trouver morts le lendemain les blessés qu’il n’avait pu cautériser la veille. Il se leva de bon matin pour aller les visiter; et, à sa grande surprise, il les trouva avec peu de 'douleurs à leurs plaies, sans inflammation, sans engorgement, ayant assez bien reposé pendant la nuit. « Les autres, dit-il, où » Pon avait appliqué ladite huile, les trouvay fébricitans, avec grande dou- 1) leur, tumeur et inflammation aux environs de leurs playes; adonc, je » me délibéray de ne jamais plus brusler aussi cruellement les pauvres » blessés de harquebusade.»

A peu près vers la même époque, un chirurgien de Bologne, Bartholomeus Maggius, soutenait dans son ouvrage : De sclopetorum et bombardarum vulnemm curatione liber (1552), que la poudre ne renferme point de poison; et il démontrait d’autre part que les plaies par armes à feu ne sont point des plaies par brûlure.

C’est là une époque remarquable dans la chirurgie des plaies par armes à feu ; toutefois les idées de Paré et de B. Maggius ne pénétrèrent pas dans la pratique sans opposition. Biolan se montra parmi les opposants; mais, grâce aux efforts de Guillemeau, la nouvelle méthode prit droit de domicile dans la chirurgie. A dater de cette époque, cette partie de notre art a été souvent le sujet de recherches importantes et de discussions intéressantes. Sans oublier les travaux de l’Académie de chirurgie, on peut dire que nos connaissances sur les plaies par armes à feu se sont surtout enrichies par l’expérience, trop souvent renouvelée, des chirurgiens français, soit dans les grandes guerres qui ont ensanglanté l’Europe depuis la première république, soit dans les luttes de nos discordes civiles. Chacun de ces événements militaires a provoqué une série de travaux, souvent fort recommand.ables, sur les plaies par armes à feu. Ainsi les guerres de la république et de l’empire ont fait éclore les travaux de

(1) Tome II, p. 126, édition Malgaigne,

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