‹ Traité élémentaire de pathologie externe (volume 2)Chapitre 22 sur 50 · DES · texte numérisé non relu

DES

EERIOXS TU.U’MATIOnES.

Percy, de Lombard, de Larrey, de llenncii et de Gulhrie; les campagnes de la Belgique (1831) et de l’Algérie, ceux d’Hippolyle Larrey, de Baudcns, de Sédillot. Nos discordes civiles ont fourni des matériaux aux livres de Dupuytren, de Roux et aux discussions académiques, dont la plus récente, eu I8/18, a été surtout remarquable. La longue et douloureuse expédition de Crimée a servi de texte à un très grand nombre de recherches, insérées la plupart dans les Mémoires de médecine^ de chirurgie et de pharmacie militaires,' cl que nous aurons plus d’une

fois l’occasion de citer dans le courant de cct article. Enfin la courte campagne d’Ilalic, entreprise dans des conditions très favorables au traitement des blessures de guerre, a aussi fourni son contingent à la littérature chirurgicale.

On peut, sans la moindre crainte d’être contredit, avancer que la chirurgie militaire française est la plus riche en travaux qui touchent, tant h l’organisation des secours à donner aux blessés qu’à l’histoire générale des plaies par armes à feu.

X l’étranger, les monographies sur les plaies d’armes à feu sont plus rares qu’en France ; cependant ces dernières années ont vu paraître, tant en Allemagne qu’en Angleterre, quelques travaux tout à fait dignes d’être cités. Ainsi la guerre des duchés a sans doute donné lieu aux Maximes de chirurgie d'armée, par L. Stromeyer, chirurgien de l’armée du Schleswig- Holstein, œuvre didactique qui réunit en un corps de doctrine les principes de la chirurgie militaire allemande, et des indications précieuses sur les renseignements que le chirurgien est appelé à fournir à l’administration pour le classement des blessures de guerre.

En Angleterre, avant l’expédition de Crimée, on n’avait à signaler, depuis les travaux de B. Bell et de J. Hunter, qu’un livre de Ballingall et les leçons de Guthrie, dont l’expérience sur la chirurgie d’armée s’était faite en 1815. La guerre d’Orient marque une ère nouvelle pour la chirurgie militaire de la Grande-Bretagne. Nous ne mentionnerons pas les travaux qui eurent pour but d’étudier l’hygiène de l’armée, l’installation des ambulances, etc., et nous nous contenterons de signaler les deux ouvrages que cette mémorable époque a enfantés: ce sont une nouvelle édition de l’ouvrage de Guthrie (1 855), et un livre de G. H. B. Macleod, chirurgien de l’hôpital général du camp devant Sébastopol. Tous ces travaux, qui marquent le mouvement de la chirurgie militaire contemporaine, ont été remarquablement appréciés par Legouest dans une série d’articles insérés dans \cs Archives de médecine (janvier, février, avril 1859).

Après ces remarques historiques sommaires nous devons donner l’indication bibliographique des principaux travaux publiés sur les plaies d’armes à feu. Mais, devant le nombre immense de livres, de mémoires, d’articles de journaux qui traitent de ces plaies, nous sommes forcés de faire un choix très restreint, et de ciler seulement ceux de ces travaux qui ont un caractère général ou qui donnent un aperçu du mouvement chirurgical au moment de nos principales guerres et de nos

l'LA[ES TAU ARMES A FEU.

grandes liiUcs civiles. Nous nous réservons d’indiquer plus tard les Iravau.\ qui ont un caractère spécial, à mesure que nous étudierons les sujets dont ils traitent.

Larrey, Mémoires dechinirgie militaire, I 812. — Roux, Considérations cliniques sur les blessés qui ont été reçus à l'hôpital pendant et après les journées des 27, 28 et 29 juillet. Paris, 1830. — Jobert (de Lamballe), Plaies d’armes à feu. Paris, 1 833. — Dupuytren, Traité théorique et pratique des ble.ssures par armes de guerre, publié par Marx et Paillard. Paris, 1834, 2 vol. (dans les Leçons orales de clinique, tomes V et VI, 1839). — Discussion a l’Acadé.vie de médecine en 1848, Discours de Roiix, Raudens, Malgaigne, Blandin, Velpeau, Hugiiier, .lobert. Régin, etc. (voy. les Comptes rendus des séances des mois d’août, septembre, octobre, dans les principaux journaux de médecine. — Lohmeyer, Die Schussminden und ihre liehandlung [Les plaies d’armes à feu et leur traitement]. Gœttingue, 1855. — L. Stromeyer, Maximen der Kriegsheilkunst [Maximes de chirurgie d’armée] Hanovre, 1 855. — Guthrie, Commentaries on the Surgery of TFnr 1855. Londres, 6' édition. [La 1"^® édition de ce livre parut en 1815.] — .Scrive, Relation médico-chirurgicale de la campagne d' Orient, 1857. — Macleod, Notes on the Surgery of the War in the Crimea, with Remarks on the Treatment of the gunshot IVounds. London, 1858. — Raudens, La guen-e de Crimée, les campements, les abris, les ambulances, les hôpitaux. Paris, 1858. — Legouest, Im chirurgie militaire contemporaine {Archives de médecine, janvier, février, avril 1 859. — On trouvera dans le Recueil des Mémoires de médecine, de chirurgie, et de pharmacie militaires, rédigé sous la surveillance du Conseil de santé, depuis 1816 jusqu’à nos jours, un très grand nombre de travaux publiés par les chirurgiens militaires sur les plaies d’armes à feu, et en particulier ceux de H. Larrey sur la relation du siège d'Anvers; de IIUTIN, sur la campagne de Constantine; de Bonnard, Gazalas, Legouest, Lnstreman, Quesnoy, Sallernn, Valette, etc., etc., sur beaucoup de points intéressants delà chirurgie d’armée.

Etiologie et Anatomie pathologique. — Les projectiles des armés à feu mis eu mouvement par l’expansion des gaz qu’amène la déllagralion de la poudre, sont en général des balles, des boulets, des biscaïens, des éclats de bombe, d’obus, de grenade, des morceaux de mitraille et des grains de plomb. Mais dans les guerres civiles les armes à l'eu ont souvent été chargées avec des clous, des fragments de verre, de cuivre, de fer. Parfois la blessure n’est pas produite par le projectile primitif, mais celui-ci détache dans sa course rapide de petits morceaux de jiierre, de fer ou de bois, qui deviennent à leur tour des agents de destruction.

Les trois espèces de poudre, dites de guerre, de mine et de chasse, qui mettent en jeu les projectiles, sont composées de soufre, de salpêtre et de charbon dans des proportions peu différentes. La poudre de guerre, par exemple, se compose de salpêtre, 75; soufre, 12,50; charbon, 12,50. Nous allons étudier séparément les effets de la poudre, et ceux des projectiles qu’elle lance sur le corps de l’homme.

1“ Action de la poudre seule. — La déflagration de la poudre de guerre produit environ A50 fois son volume de gaz, composé, sur 100 parties, de 53 d açide carbonique, A2 d’azote et 5 d’oxyde de carbone. Alais, selon Dupuytren, le dégagement de chaleur produite élève énormément la force

^*‘^6 JJES LÉSIONS TRAUMATIQUES.

(élastique dos gaz, cl l’on peul (''valucp it l\i) 000 atmosphères an moins la i force que ce développement donne ii la pondre (1). Les autres produits , de la décomposition de la poudre, le sulfure de potassium, le sulfate et le carbonate de potasse, n’ont point d’importance au point de vue qui nous occupe.

Dans la déllagration de la poudre, il y a, outre un dégagement simultané de lumière et de chaleur, une production de gaz et de sels, la mise à nu d’une plus ou moins grande quantité de charbon, enfin un mouvement d’impulsion imprimé aux corps ambiants. Tous ces phénomènes, signalés avec soin par Dupuytren, n’ont pas, sur le corps de l’homme, une action également funeste, et l’on peut réduire à deux ces sortes de lésions : tantôt la poudre brûle, tantôt elle contusionne et déchire les tissus par l’expansion des gaz qu’amène sa déflagration.

La brûlure est un des accidents principaux de la déflagration de la poudre. Dans l’explosion des poudrières, des mines, dans l’ignition de la poudre à l’air libre, ces brûlures ne sont pas rares : les cheveux, la barbe, les sourcils, sont souvent détruits par la combustion de la poudre ; des organes plus importants, comme l’œil, peuvent aussi être brûlés. L’intensité de la brûlure est plus grande quand le feu s’étend de la poudre aux vêtements. Mais, dans cette déflagration, de la poudre il y a une production de gaz si subite et si grande, que les corps voisins sont projetés au loin, et il en ré.sulte de fortes contusions ou des plaies contuscs. Si la poudre est renfermée dans un espace étroit, comme dans des boîtes, (

leurs parois se rompent et viennent, lancées par une force immense, i

frapper les différentes parties du corps. Il suffira de lire l’effroyable récit ) de l’explosion de la poudrière de Grenelle pour se faire une juste idée de i ces sortes de blessures. L’explosion de la poudre dans la bouche produit, , outre une immense commotion, des déchirures multiples des lèvres, des p joues, du voile du palais, déchirures disposées d’une façon rayonnée. Ces y.

sortes de blessures se reconnaissent encore à la coloration bleuâtre des »

cicatrices. Cette coloration bleuâtre est due à l’insertion de grains de poudre qui restent emprisonnés dans la plaie et que la cicatrice recouvre plus tard.

En effet, dans la déflagration d’une quantité donnée de poudre, tout n’est i pas brûlé, et l’on sait que ces grains intacts pénètrent facilement dans la i: peau et y restent solidement insérés; de là ces taches bleues ou no'ires i qu’il est si commun de voir sur le visage des individus qui ont été exposés à une déflagration de la poudre.

Ces grains de poudre, si le coup n’a pas été tiré à une très courte distance, n’occupent parfois que les parties les plus superficielles de la peau; ils sont situés sous l’épiderme, et un simple lavage avec une solution caustique peul, en enlevant l’épiderme, mettre à nu ces grains, qu’il est possible d’enlever avec une aiguille à cataracte. D’autres fois ces grains sont plus profondément situés, et l’on peul avoir recours, pour les en-

(1) Leçons de clinique, t. V, p. 45.

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