I .Avec plusieurs chancres. . 115 malades
- malades avec 5 clium;reS.
(l'ouriiici', |), 121.)
JiES -MALADIES VlllELENTES.
Mobil), qui a éliulic la slruclurc du cliancre imlurd, y a trouvé les éléments suivants : 1“ des traces défibres du tissu cellulaire avec quelques libres élastiques cutanées ; 2“ une matière amorphe interposée à ces libres : cette matière est d’autant plus abondante que l’induration est plus transparente; 3" des noyaux libres fibro-plastiques formant une partie considérable de la masse, et toujours accompagnés d’une quantité au moins égale de cyloblastions ; on y voit aussi un certain nombre de corps fusiformes fibro-plastiques.
Pour Hicord, cette induration est consécutive au développement de l’ulcère infectant; jamais elle ne précède l’ulcération, comme le pensait Mabington. Elle va en progressant avee l’ège du chancre, et elle est précoce ou tardive.il est très important de distinguer celte induration froide de la dureté inllammatoire qui accompagne le chancre mou.
Le pus du chancre infectant n’est ]ias en général inoculable sur le malade lui-môme. Micord dit bien qu’il a vu quelques inoculations positives, mais ces faits datent d’une époque déjà un peu éloignée. Fournier n’a pu voir qu’zm résultat positif sur 99 inoculations; et Poisson, qui a répété ces expériences dans le service de Micord, n’a eu sur 52 cas qu’z/n seul résultat.- Jamais Mollet (1) n’a observé d’inoculation positive. Ün j est donc autorisé à tenir pour très rare le fait de l’inoculation du chancre induré sur le malade même. '
Le retentissement ganglionnaire est constant dans le chancre infectant, et cette adénopathie est ordinairement multiple, indolente et dure. Les ganglions, augmentés de volume, forment de petites tumeurs ovoïdes très dures ; ils sont indépendants les uns des autres et mobiles au milieu du tissu cellulaire voisin. L’un d’eux, correspondant aux lymphatiques de la partie où siège le chancre, présente un volume plus considérable que les autres : c’est le ganglion anatomique de Micord. L’fiùénopatbie est ordinairement double; cependant la pléiade ganglionnaire est plus accusée du côté où siège le chancre; quelquefois elle se montre dans l’aine d’un seul côté. Les chancres des organes génitaux et de l’anus s’accompagnent de bubons inguinaux ; les chancres des lèvres et de la langue, de bubons sous-maxillaires : en' un mol, le bubon existe dans les ganglions qui reçoivent les lymphatiques du point ulcéré. Nous avons déjà dit que ce retentissement ganglionnaire était indolent; mais dans certaines circonstances particulières, telles que fatigues, excès, coups, etc., le bubon peut suppurer, et le pus de ce bubon n’est pas non plus en général inoculable sur le sujet qui le porte. Outre l’adénopathie, le chancre infec- j tant est assez souvent accompagné d’indurations suivant le trajet des.lym- jj phatiques; elles parlent du chancre et vont quelquefois jusqu’au pubis; d’autres fois le cordon est moins étendu. Nous reviendrons avec plus de détails sur ces faits, que nous devons toutefois signaler ici. |
(I) Larojciirie, Éludes ex\)èrimenluks sur le clianurc (Annuaire de la syphilis, etc., par |
Üiday cl Rüllcl, 1 SüD). j
DE LA SYIMIILIS.
6ftf)
Le chancre infcclant dure do qnaire à six scplénaircs; il peut quelquefois ne pas être remarqué du sujet qui le porte, et l’on voit ainsi des syphilitiques ne se croyant pas affectés d’un chancre qui existait cependant déjà depuis longtemps. L’indolence de ce chancre explique assez bien celte ignorance de certains malades. Quelquefois le chancre infectant peut se transformer in situ en pustules muqueuses, comme l’ont établi Davasse et Deville dans un mémoire inséré dans les Archives de médecine en 18à5; le plus ordinairement il se termine par réparation ou cicatrisation ; alors des bourgeons rouges et de bonne nature se montrent vers ta circonférence de l’ulcère et gagnent de plus en plus le centre. Ailleurs la cicatrisation se développe d’emblée sur toute la surface du chancre. Mais pendant ta cicatrisation, que devient l’induration? Parfois elle disparaît avant la cicatrisation ; mais c’est là un cas exceptionnel. Le plus souvent elle persiste longtemps après la réparation : cette durée n’a rien de fixe, elle varie de quelques semaines à plusieurs années; quand celle induration s’efface, elle perd graduellement sa rénitence, son élasticité, devient gélatiniforme, puis disparaît. Si le chancre occupe une surface cutanée, le fourreau de la verge par exemple, la cicatrice prend dans ce cas une teinte foncée très caractéristique, que l’on ne voit pas se développer à la suite du chancre mou. Celle coloration peut persister pendant un temps assez long, et lorsqu’elle existe, sa présence révèle la nature de l’ulcération à laquelle elle a succédé. Le chancre infectant peut se compliquer de phagédénisme, mais bien plus rarement que le chancre mou.
Après avoir décrit le chancre induré complètement développé, nous devons rechercher sous quelle forme il apparaît d’abord ; quelle est son évolution, s’il a un certain temps d’mcM^»flDb«.
La solution de ces diverses questions est facile pour le chancre mou : on inocule presque sans danger cet ulcère autant de fois que l’on veut, et l’on voit presque toujours se reproduire, au bout d’un temps assez court, la pustule caractéristique, puis l’ulcération chancreusc. Mais ces mêmes conditions ne se rencontrent plus pour le chancre infectant, et si la solution est encore possible pour l’incubation, elle devient d’une difficulté extrême quand il s’agit de déterminer le mode de développement du chancre. La confusion qui régnait sur la nature des chancres, l’opinion erronée que l’on se faisait du résultat des inoculations, ont entouré ce problème d’une grande obscurité.
Quelle est Vincubation du chancre infectant, c’est-à-dire combien de temps se montre-t-il après le coït infectant? L’école du Midi répond que l’incubation n’existe pas. Toujours railleuse, elle appelle la période d’incubation, la période cV mnbsei'^vation ; mais c’est là une erreur que nous réfuterons par deux ordres de preuves : les résultats cliniques et les e.xpériences. Sans doute, les résultats cliniques ne sont pas tous concluants, et il est rare de rencontrer un malade qui puisse faire remonter à une cause bien déterminée sa contagion; mais si ces cas sont rares, il en existe
DES MALADIES VIRILENTES.
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cependant, et l’on peut alors préciser l’incubation. Cette incubation est ordinairement de deux à six semaines. Ricord répond à ces faits que le chancre a pu rester inaperçu pour le malade. Cette objection ne peut être adressée à certains malades qui, après chaque coït, passent loute leur journée à trouver une trace d’ulcération, et qui, à la moindre rougeur sur le gland, s’empressent d’accourir chez le médecin; mais cette objec-. lion tombe plus radicalement encore devant l’expérience. Cette expérience a été une seule fois pratiquée avec du pus de chancre infectant : Rollet (l) a inoculé sur un malade déjà possesseur de deux chanci'cs mous, du pus de chancre infectant, et l’incubation a duré di.x-huit jours.
Nous pouvons encore donner à l’appui de notre opinion une autre preuve expérimentale. Rollet, dans son très remarquable mémoire, publié dans \q.?, Archives de médecine en 1859, a démontré que les accidents secondaires étaient contagieux, et que la lésion produite par cette contagion avait les trois caractères du chancre infectant : l’ulcération , l’induration et le retentissement ganglionnaire indolent ; ce chancre n’a même pas de signe distinctif du chancre produit par la contagion ou l’inoculation d’un ulcère primitif induré. Les exemples de contagion de la syphilis secondaire viendront alors éclairer la question de l’incubation de l’ulcère infectant; mais, parmi ces exemples, il faut encore, préférer aux faits, cliniques les e.xpériences qui permettent moins les objections et les fins de nonrecevoir. Or ces. expérieuees prouvent l’incubation du chancre. Celles de Waller, de Wallace, de Rinecker, de l’anonyme du Palalinat {Archives de médecine, 1858, vol. 1, p. 595), de Gibert, que nous ferons connaître plus tard, sont sur ce point d’une ti’ès grande précision.
Selon nous, le chancre infectant a une incubation variant de deux à six semaines environ. Mais s’il est intéressant de préciser la durée de l’incubation, il est beaucoup pl.us iïuportant de savou si cette incubation existe ou non. Car la doctrine de l’incubatiou entraîne avec elle l’idée de l’infection primitive, et le chancre n’est plus,, comme le pensait Hunter, et comme le professe aussi Ricord, un accident local n’infectant que plus tard l’économie. L’ulcération syphilitique n’est que la manifestation d’un état général déj^ii acquis, et la cautérisation, comme méthode abortive, devient, donc inutile.
Nous arrivons à la seconde question que nous avons à résoudre : le mode de développement du chancre infectant. L’étude clinique nous sera moins utile ici que les expériences; car un malade ne donnera pas toujours des renseignements très précis sur la manière dont son chancre a commencé. Les expériences ont ici un grand avantage, et, sans vouloir imiter ceux qui les ont instituées, on peut profiter de leui's trop hiudies tentatives.
Or l’e.xpéricnce déjà citée de Rollet nous apprend qu’au bout de dixhuit jours, une papule s’est montrée; puis cette papule s’est ulcérée;
(1) Éludes cliniques sur le chancre prodxiit par la syphilis secondaire {Archives de médecine, 18&9, vol, I, p. 109.
DE LA SYl-HILlS. (i^7
rulcéralion a envahi (rahonl le eeiilie, el ira gagné que pins lard la tütalilé (le la papule.
Les mêmes phénoniènes ont élc observés par les ailleurs qui ont inoculé les accidents secondaires à des sujets vierges de syphilis; il suiïira de parcourir les expériences que nous citerons pour partager notre opinion.
Le chancre infectant a donc une incubation, et débute par me papule iruiurée qui s’ulcère plus tard.
Diagnostic. — Le diagnostic d’un chancre est ordinairement facile; la dil'liculté n’existe que dans certains cas pour le diagnostic de l’espèce. Les chancres sont quelquefois confondus avec V/urpès. Mais le nombre des vésicules, assez considérable ordinairement, l’absence d’induration, de retentissement ganglionnaire indolent, ne permettent pas de confondre cette éruption avec le chancre infectant. La non-inoculabilité de l’herpès est un signe pathognomonique pour le différencier d’avec le chancre mou. Un lient compte aussi d’autres caractères tirés de l’étendue des ulcérations, de leur sécrétion, de leur forme taillée à pic dans le chancre.
Nous avons eu occasion de voir sur la verge des ulcérations produites par l’action locale de l’arsénite de cuivre, qui auraient pu en imposer pour un chancre induré. L’induration était très limitée, sans inllammalion ; l’ulcération était arrondie, comme taillée à l’cmporle-pièce : mais, dans ce cas, il n’y avait pas de retentissement ganglionnaire indolent; des pustules analogues étaient disséminées sur d’autres parties du corps ; on pouvait apercevoir au centre de cos ulcérations une matière verdâtre caractéristique; enfin les commémoratifs étaient d’une grande importance. J’ai déjà insisté sur ce diagnostic différentiel dans un travail (1) que j’ai publié sur l’éruption de l’arsénite de cuivre.
Nous allons maintenant, dans un tableau comparatif, opposer les signes des deux espèces de chancres.