‹ Traité élémentaire de pathologie externeChapitre 45 sur 88 · IV. — kO · texte numérisé non relu

IV. — kO

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même après s*dtre annoncée de la façon la plot Mnigne, prendre toot h coup un caractère fort sérieux et devenir rapidement mortelle : le pronostic devra donc toujours être réservé.

Quant à la cause de la gravité exceptionnelle que peuvent revêtir le furoncle et Fanthraz des lèvres, il résulte des recherches anatomo-pathologiques que cette cause réside dans la facilité avec laq«elle la phlébite se développe et se propage dans cette région, et cette facilité de développement et de propagation trouve sa raison dans les conditions anatomiques de la lèvre^ le peu d'abondance du tissu cellulaire aous-eotnè-et intra-musculaire, et surtout la richesse des vaisseaux.

TRArrBiixifT. — I^es furoncles et les anthrax des lèvres doivent être ouverts de bonne heure^ par une incision simple ou cruciale, mais laige et profonde, qui permette une élimination facile dea bourbillons; c'est ainsi qu'on préviendra le plus sûrement les complications, et si déjà It phlébite existe au voisinage de la tumeur, c'est encore le meilleor moyen qu'on puisse opposer à sa marche envahissante.

La cautérisation, que quelques chirurgiens préfèrent à l'incision» nous semble moins efficace et plus dangereuse, en ce sens qu'elle n'amioepas aussi rapidement l'expulsion des bourbillons, et qu'elle expose leoialsde i des difformités consécutives.

Après l'incision, on entretiendra d'une façon continue, aor les parties enflammées, des cataplasmes ou de la glace dont l'usage a été préconisé par Weber.

Si, malgré ce traitement, la marche de la phlébite n'a pu être enrajée, il sera bon de faire des mouchetures et au besoin une application de sangsues sur les parties tuméfiées pour diminuer la tension des téguments et calmer les douleurs. Enfin, lorsque des abcès se forment sur le tnjet des veines, dans les cavités orbitaires, etc., il faut les ouvrir rapidement, dès que leur existence a été bien constatée.

Quant au traitement général, divers médicaments, entre autres le ealomel, l'alcoolature d'aconit, etc., ont été tour à tour employés sanssoccès, et il n*y a guère que les toniques qui puissent être utiles.

2* Tvmeari.

Parmi les tumeurs des lèvres, les unes, comme les kystes, les adénomes, les enchondromes, sont extrêmement rares et n'offrent qu\inf importance médiocre ; les autres, comme les tumeurs érectiles et les tumeurs cancéreuses, ne présentent d'intérêt qu*en raison de leur siège spécial. Nous décrirons brièvement ces diverses tumeurs en insistant seolement sur les particularités propres à la région.

A. Tumeurs érecHUs,

Les tumeurs érectiles se développent sur les lèvres plus aooveot que sur toute autre partie de la face. Un grand nombre d'entre cFes, la moi*

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lié environ, sont congénitales et se présentent à la naissance sous forme de fUJBvi.

Le jeune Age et aussi ïe sexe féminin sont incontestablement deux causes prédisposantes de ce genre de tumeurs.

La lésion peut occuper Tune ou l'autre des deux lèvres. D'après les auteurs du Compendium , elle serait plus fréquente à la lèvre supérieure; Bouisson (de Montpellier) (1) sur dix cas Ta observée six fois sur la lèvre inférieure, deux fois sur la lèvre supérieure, une fois sur la commissure gauche, et une fois surtout le pourtour de l'orifice buccal.

Quant aux limites de ces tumeurs, elles sont excessivement variables. Il en est qui, très-étendues en tous sens, envahissent la surface entière de la lèvre; d'autres, étroites, mesurent toute la hauteur de l'organe; d'autres enfin, plus ou moins larges, ne présentent qu'un très-petit diamètre vertical. Leur volume n'offre pas des différences moins notables : tantôt ce sont de simples taches vasculaires, à peine saillantes à la surface de la lèvre; tantôt, au contraire, ce sont de véritables tumeurs formant relief, partioalîèrement du côté de la muqueuse et vers le bord libre, où leur développement et leur extension rencontrent moins d'obstacles.

Tout^ les variétés de tumeurs érectiles peuvent se rencontrer sur les lèvres; nous dirons seulement que, si l'angiome artériel semble ôtre le plus fréquent chez les enfants (Broca), l'angiome veineux esta peu près le seul qui soit observé chez l'adulte et chez le vieillard.

Les symptômes n'offrent ici rien de particulier, ou qui n'ait été déjà signalé à propos des tumeurs érectiles en général; nous n'y reviendrons pas.

La marche de cette affection varie avec l'âge du malade : ordinairement très-rapide chez l'enfant où elle acquiert parfois en quelques mois de grandes dimensions, elle est au contraire généralement lente chez l'adulte et le vieillard. On a cité des cas dans lesquels la tumeur était restée stationnaire, au bout d'un certain temps; et môme les auteurs du Corn-oendium ont rapporté quelques exemples d'angiomes des lèvres dont le volume avait progressivement diminué pendant que la production mor- Dîde perdait ses caractères primitifs et subissait une transformation fibreuse. Nous nous empressons d'ajouter que des faits de ce genre sont loin d'être fréquents et nous ne les signalons ici que comme d'heureuses mais rares exceptions. Tout au contraire, ces tumeurs ont une grande tendance à envahir les tissus de proche en proche.

Il nous reste à mentionner diverses modifications assez souvent observées dans le cours du développement de ces tumeurs. Quelquesmnes s'en- Oamroent et s'infiltrent de matières plastiques; d'autres se fendillent, ^'ulcèrent, et donnent lieu à des hémorrhagies plus ou moins abondantes et répétées; d'autres se recouvrent à leur surface de végétations, de fonfosités, et revêtent l'apparence extérieure d'un cancrolde ulcéré; enfiuj

(1) DieHonnak§ mieyeUipédiquêf •rticte Lftvkts.

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il en est aa sein desquelles se produisent des kystes séreux multiples, ainsi que l'a signalé Holmes Goote.

Les moyens de traitement mis en usage varient d'ailleurs suivant le siège, la forme et l'étendue de la tumeur; ainsi, les simples taches tsscdlaires des lèvres, de même que les angiomes superficiels, étalés, seront avantageusement combattus par Vinoeulaiion vaccinale^ par Vtnjeetm de quelques gouttes de perchlorure de fer, ou encore par une eautérimtm légère avec la pâte de Vienne, Tacide nitrique, etc. La eomprenùm pnd* quée sur les deux faces de la lèvre, les sétonê multiples, les aiguilla métalliques pourront aussi dans ces cas être employés avec chance de succès.

Cependant ces divers procédés présentent tous les mêmes incoovénieDb de n'agir trop souvent que d'une façon temporaire, insuffisante etiDcomplète, et par conséquent d'exposer le malade aux dangers d'une lécidive' Aussi, pour peu que la tumeur ne soit pas trop volumineuse, peosoosnous qu'il serait préférable de l'enlever en totalité avec le bistouri, en pratiquant en dehors de ses limites des incisions en V, et de réunir les bords de la plaie par une suture entortillée. Ce mode de traitement radical nous parait convenir ici d'aulant mieux que la région labiale se prèle fort bien à ce genre d'opérations et que les pertes de substance qu'on loi &it subir peuvent être aisément réparées.

Mais il est des cas où la tumeur érectile a pris des dimensions et une extension telles qu'il faut renoncer à l'attiquer par riostraiDeot tranchant ; alors on a eu recours aux cautérisations profondes soit à l'àidf du fer rouge, soit à l'aide de caustiques énergiques^ comme la pousse, la pâte de Vienne, etc. Malheureusement l'action de ces agents est souvent infidèle et irrégulière ; leur application est parfois suivie de pertes de substance inégales, de cicatrices vicieuses; pour toutes ces raisons, nous donnons en pareil cas la préférence à la ligature : ligature simpk^ s'il existe un pédicule ou une base étroite ; ligature multipk, par le procédé de Rigal, si la tumeur est sessile et repose sur une large base.

B. Kysiet.

Les kystes des lèvres se développent tantôt du côté de la peau, tantôt du côté de la muqueuse.

Les premiers, très-rarement observés, ne sont que des follicules acnndis et diliités par une accumulation de matière sébacée, à la suite de !'« ^'^i' tération de leur conduit excréteur.

Le traitement consiste dans Vincision avec cautérisation des parois • Q l'extirpation complète du kyste.

Les kystes sous-muqueux^ beaucoup plus fréquents , apparaissent aodessous de la muqueuse, sur la face postérieure des lèvres, et surtout i^ la lèvre inférieure; ils se développent aux dépens de glandules labiales di^ Poriflce excréteur est rétréci ou oblitéré. Isolés ou multiples, ces kystes 4 présentent sous forme de petites tumeurs dures, lisses» uniformes, rets*

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plies d'an liquide visqueux et filant; elles offrent souvent une coloration bleaAtre, mais sont rarement transparentes. Il est rare qu'elles atteignent an volume considérable; quelques-unes même restent de bonne heure stationnaireS) mais quelles que soient les dimensions qu'elles atteignent, ces tumeurs restent toujours indolentes, sans adhérences avec la muqueuse, plus solidement fixées aux parties profondes, et ne produisent autre chose qu'une difformité plus ou moins disgracieuse^ et une gène des mouvements des lèvres pour la mastication et la parole.

Vineùion simple du kyste, avec évacuation du liquide qui le distend, est une opération insuffisante et qui expose à une récidive à peu près certaine.

L'extirpation complète ou partielle de la tumeur est le seul traitement qui convienne. S'agit-il d'un kyste peu volumineux, faiblement adhérent^ à parois épaisses et résistantes? Nous conseillerons l'ablation totale, pratiquée de la foçon suivante : incision demi-circulaire, à convexité tournée du côté opposé au bord libre de la lèvre, et ne comprenant que la mu* queuse labiale, qui est disséquée de bas en haut et détachée des parois du kyste. Celui-ci est alors saisi avec une érigne et disséqué à son tour sur toute son étendue; cela fait, il ne reste plus qu'à ramener en bas le lambeau muqueux et à le fixer par quelques pomts de suture à l'endroit primitivement occupé par la muqueuse. Si, au contraire, le kyste est très-volumineux ou est très-adhérent, on pourra se contenter d'une txeinon partielle^ avec ou sans dissection préalable de la muqueuse, en emportant d'un seul coup toute la partie de la tumeur qui fait saillie à la face postérieure de la lèvre ; les parois de la poche sont ensuite cautérisées.

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