‹ Traité élémentaire de pathologie externe (volume 2)Chapitre 56 sur 65 · DE QUELQUES PHÉNOMÈNES ACCESSOIRES DURANT LA GUÉRISON DES FRACTURES · texte numérisé non relu

DE QUELQUES PHÉNOMÈNES ACCESSOIRES DURANT LA GUÉRISON DES FRACTURES

A côté des phénomènes physiologiques qui concourent à la formation du cal et des accidents multiples et variables qui entravent ce travail de réparation et compliquent les fractures, il existe un ordre de phénomènes qui, sans exercer aucune influence sur la guérison et sans fournir aucun élément au pronostic, au diagnostic et à la symptomatologie, est néanmoins digne d’intérêt. Les observations physiologiques donnent â ces faits, insignifiants en apparence, une importance incontestable au point de vue de la nutrition et de la régénération d’un (issu. Nous signa-

(1) Moyen nouveau et très-simple de prévenir la roideur et V ankylosé dans les fractures : bandage articulé. Paris, 1800.

lerons principalement l’atrophie du membre, l’érythème de. la peau et la desquamation épidermique , la chute des poils, la croissance des ongles et les sensations anomales qui se manifestent après la guérison.

L 'atrophie du membre tient à plusieurs causes, qui sont la compression exercée par l’appareil, et l’immobilisation prolongée. Mais sont-ce là les seules causes qu’elle reconnaisse, et le voisinage d’une nutrition supplémentaire et exagérée est-il sans action sur ce phénomène curieux? C’est là une question qu’on est en droit de se poser dans ce cas.

L 'énjtheme de la peau e, st un fait presque constant dans les fractures qui nécessitent l’application d’un grand appareil, les fractures de fémur par exemple. Ce phénomène peut être rapporté à la pression de l’appareil, ainsi qu’au contact prolongé de la sueur. Mais il est accompagné d'une desquamation épidermique ; fait qui, joint à la chute habituelle des poils de la région, témoigne manifestement d’une absence de nutrition. Il est incontestable que la vie des éléments anatomiques accessoires est sacrifiée à la régénération d’un tissu important, et si V accroissement des ongles semble faire exception à cette loi physiologique, ce n’est qu’une apparence. Les ongles d’un membre fracturé s’accroissent rapidement en longueur, mais cet accroissement est loin d’être le signe d’une hypertrophie. Ces ongles, en effet, sont plus minces que ceux du membre sain, ils sont mous et transparents, et, quand on les examine quelques semaines après la guérison, on observe un sillon transversal qui les sépare de la corne nouvelle plus dense et plus résistante. Cet allongement lui-même n’est pas toujours manifeste, et il serait, dans bien des cas, permis d’affirmer que les ongles d’un membre fracturé participent à l’atrophie des éléments produits de la région.

Les sensations anomales qui succèdent à la guérison d’une fracture n’ont encore été l’objet d’aucune étude complète; elles s’expliquent par l’immobilité prolongée à laquelle le membre a été condamné, et peut-être par l’atrophie de tous les tissus du membre.

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