I. — MALADIES DE LA HANCHE
Les principales maladies de la hanche, soit traumatiques, soit vitales et organiques, ont été étudiées dans d’autres parties de cet ouvrage; telles sont : les fractures du bassin et du col du fémur, les luxations de la hanche, la coxalgie, etc.
De même à l’occasion des Maladies du bassin, nous avons décrit les lésions les plus importantes des parties molles, et, en particulier, celles des vaisseaux fessiers et ischiatiqucs. Il nous suffira donc d’étudier ici.
comme lésions traumatiques, les plaies de V articulation de la hanche, et comme lésions organiques, les inflammations pèri-articulaires et Y ankylosé de la hanche.
ARTICLE PREMIER
LÉSIONS TRAUMATIQUES UE LA HANCHE Plaies de l’articulation de la hanche.
On doit distinguer les plaies simples et les plaies par armes à feu.
A. Les plaies simples, par instruments piquants, tranchants ou contondants, doivent toutes être traitées par la conservation et avec les précautions antiseptiques, même si elles coïncident avec une fracture de l’articulation. Toutefois, si la fracture était très comminutive, on se
I retrouverait dans les mêmes conditions que pour les plaies par armes à feu et le traitement serait le même.
B. Les plaies par armes à feu sont les unes simples, les autres compliquées de lésions osseuses.
Les premières sont beaucoup moins graves que les secondes. Sur 49 cas de plaies simples qu’a fournis la guerre d’Amérique, on compte 14 cas d’arthrite traumatique, dont 7 suivis de mort.
Le traitementconsistera dans la désinfection de la plaie, avec extraction des corps étrangers, si celle-ci est facile sans délabrements.
Les plaies par armes à feu compliquées de fracture sont d’une gravité extrême, à tel point qu’au commencement du siècle on les considérait comme absolument fatales. On sait aujourd’hui que ces blessures quoique fort graves ne sont pas à coup sûr mortelles.
La statistique de Deiningen (1), après la guerre de 1870, compte : 122 cas avec 19 guérisons et 103 décès. Les cas appartenant à la guerre i d’Amérique sont au nombre de 386, parmi lesquels on compte 59 guérisons et 327 morts, ce qui donne une mortalité de 85 pour 100 i environ.
11 est juste de dire que ces chiffres de mortalité sont un peu exagérés;
. car 'on compte, parmi les plaies de la hanche, des cas dans lesquels le i projectile, après avoir perforé le bassin, a lésé les organes abdominaux.
Traitement. — Le traitement des plaies de la hanche se rattache, comme celui de toutes les plaies articulaires, aux trois grandes méthodes : conservation, résection, désarticulation.
Les statistiques de la guerre d’Amérique, celles de Deiningen, de Gurlt, ne permettent de tirer aucune conclusion, relativement à la I supériorité de l’une de ces trois méthodes de traitement, qui toutes ont donné une mortalité effrayante.
(1) Deutsche militai • antliche Zeitschrift, 1871.
C’est d’ailleurs à tort, selon nous, qu’on a voulu préconiser exclusivement la conservation, la résection ou la désarticulation. Chaque méthode a ses indications.
La conservation convient aux ouvertures simples de la capsule articulaire, aux cas où les os n’ont subi qu’une simple perforation.
La plaie sera désinfectée, les corps étrangers enlevés, si cette ablation ne réclame pas des débridements trop sérieux. On appliquera ensuite un pansement antiseptique et le malade sera mis dans une gouttière de Bonnet, si l’on doit le transporter loin du lieu du premier pansement. L’immobilisation ne sera obtenue d’une manière satisfaisante que par l’extension continue, qui laissera la hanche libre et bien dégagée pour les pansements ultérieurs.
La résection convient aux cas de fractures, surtout s’il y a des esquilles nombreuses. On emploiera les incisions qui donnent beaucoup de jour, et en particulier le procédé à tabatière d’Ollier, qui expose largement l’articulation.
Si l’antisepsie peut beaucoup pour améliorer les résultats de la résection, il n’en est pas de même pour la désarticulation. Le danger de cette opération réside dans le shock opératoire et la perte de sang.
11 est à remarquer que la mortalité de la désarticulation, qui est de 88 pour 100, s’abaisse notablement quand elle a été faite secondairement, c’est-à-dire après la fièvre (82 pour 100). Les réamputalions ont donné une proportion assez grande de succès (38 pour 100).
La désarticulation immédiate sera donc réservée aux cas désespérés, dans lesquels le malade est presque fatalement condamné; tels les coups de feu ayant broyé les os jusqu’au-dessous du grand trochanter; telles les attritions considérables des parties molles et les blessures simultanées des vaisseaux fémoraux.