‹ Traité élémentaire de pathologie externeChapitre 1 sur 50 · PLACE DE L’ ECO LE-DE- MÉDECINE · texte numérisé non relu

PLACE DE L’ ECO LE-DE- MÉDECINE

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Ce livre a été écrit dans la pensée de présenter le plus exactement possible l’état actuel de la science chirurgicale en France et à l’étranger. Les travaux des chirurgiens français tiendront ici la première place par leur nombre comme par leur valeur; mais il m’a semblé utile et convenable à la fois d’initier les étudiants, plus qu’on ne le fait d’habitude, aux recherches, sérieusement pratiques, qui sont publiées en dehors de notre pays. Le mouvement chirurgical qui, depuis un certain nombre d’années, s’est produit en Angleterre et dans quelques universités allemandes, a fourni des résultats tout à fait dignes de fixer l’attention des esprits sérieux. Je ne manquerai pas de les porter à la connaissance de mes lecteurs.

Le tableau de la chirurgie contemporaine ne m’a point fait oublier ce que nous devions a nos devanciers, et, dans chaque article, je me suis efforcé de tracer le plus exactement possible l’historique de la question. J’ai essayé de réagir ainsi contre la fâcheuse tendance de quelques personnes qui, dans leurs travaux, affichent la prétention de ne point tenir compte des données fournies parles anciens. Ce mépris systématique de I histoire dans les sciences a pour effet une lacune regrettable et est quelquefois une mauvaise action.

L anatomie pathologique, depuis une vingtaine d’années, s’est enrichie de procédés nouveaux d’exploration, et la chirurgie a largement profité des conquêtes que nous devons à l’observation micrographique. Mele au mouvement scientifique que les recherches entreprises dans cette < irecüon ont suscité en France, fermement convaincu d’ailleurs des progrès que nous devons à ces recherches, je n’ai pas hésité à enregislrer avec soin leurs résultats. Cependant j'ai la conviction de n'avoir jamais dépassé sur ce point les limites d'un traité élémentaire, et grâce

d W8rS ,m,i ‘e lCXte <lc mon liîre’ J’espère avoir exposé d une façon intelligible pour tous les minutieux détails de la micrographie

mode d*inqUC'| Dp reSt0’ on . s’e*aSère beaucoup les difficultés de ce iusunée ronlr T 7’ *°" i"**1®6 “ Alle“«8»« ™e prévention mal 'L, ce md , l!raVaUX, ^ “ 1WyS lr°P sou™>‘ f«H déclarer obscur de prirnTabonl emand’Ct emand U>UlCe 1"’°“ ne comprenait point

‘"T attenÜon è exposer l’étiologie des maladies chirur- «■eales sans tomber dans les banalités. Le chemin à suivre ici est assez

glissant, et je n’ai dû accepter qu’avec de grandes réserves une Joule de renseignements étiologiques qui courent le monde et remplissent e notions fausses l’esprit des élèves. La symptomatologie, le diagnostic, le pronostic et le traitement des maladies chirurgicales n’offraient pas ces difficultés, et se prêtaient mieux à combiner la rigoureuse exactitude des

faits avec la clarté de la description.

Cet ouvrage, entrepris d’après ces principes, formera trois volumes : le premier renferme l’histoire des maladies chirurgicales communes a tous les tissus ; les deux autres, qui seront publiés à des intervalles c temps assez rapprochés, contiendront l’exposé des maladies chirurgicales

propres à chaque tissu et à chaque appareil. .

Ce premier volume est divisé en quatre chapitres, sous ces titres :

Inflammation, Pseudoplasmes, Plaies et Maladies virulentes.

Il est difficile d’exposer dans un livre élémentaire l'histoire c tururgica e de 1 'inflammation. C’est une étude où l’imagination s’est souvent mêlée a l’exacte observation des phénomènes, et, dans ces dernières années su tout, beaucoup de travaux publiés à l’étranger sur le processus inflammatoire ont obscurci la question ou l’ont parfois trop systématiquement simph- Mc Je me suis promptement décidé à ne point imiter mes lecteurs au hypothèses histologico-pathologiques que l’étude te in inspirées, et surtout à ne pas les faire assister aux me °“S rieuses que subissent dans le travail phlegmastqne es

cules du tissu cellulaire. l’histoire

Heureusement en dehors de ces théories un chirurgicale de l’inflammation compte un ensemble de fiuU ^ p tifs, assez rigoureusement observés, pour donner . t la ysiologt. e pa^

'naîLii, — - — “ ' “ ~r. rit

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cope, un très grand nombre de tumeurs, et beaucoup de ces lions morbides, provenant du service de

m’ont été confiées pour les soumettie a un - < la clinique et

De toutes ces études, ü m'est resté «me ^eSe de

la micrographie n’avaient jamais - les observations des uns

mots, et que, les interprétations mises de côté, les obsci confirmaient les données des autres.. . uaraissent séparer

Je sais qu’on a fait grand bruit c es < is> "crains ue pimaginalion les diverses écoles micrographiques; ma J • q[nsiM. Virchow,

n’ait, là comme ailleurs, un peu groMMes. ^ peut-être pas

qu’on cite beaucoup en France, n • ■ q ■ : dc s’accorder avec ceux assez, n’est point aussi éloigné qu on c po de s>en-

qui ont soutenu des doctrines opposées aux siennes.

tendre, a dit P.-L. Courier. Eh bien ! si l’on voulait admettre, aux premières phases de l’évolution des tumeurs, la prolifération des fameux corpuscules du tissu cellulaire, M. Virchow serait prêt à reconnaître avec nous que les cellules du cancer, arrivées à l’âge adulte, ont une physionomie assez caractéristique pour toucher presque à la spécificité. Nous n’en demandons pas davantage pour le moment, car la genèse des éléments anatomiques est un problème dont la solution nous échappera longtemps encore. Il faut, pour arriver à la vérité dans toutes ces questions difficiles, ne pas chercher ce qui sépare, mais ce qui rapproche.

Le chapitre III, destiné aux lésions traumatiques, contient beaucoup de renseignements nouveaux ou peu connus sur l’histoire des plaies. Je mentionnerai surtout ceux qui se rapportent aux sutures métalliques , aux préceptes pour la direction des cicatrices , à la cicatrisation sous-crustacée, à la ventilation des plaies, aux plaies anatomiques , sous-cutanées, par armes à feu, aux spasmes traumatiques, et enfin aux lésions des cicatrices. J’ai donné de grands développements à l’histoire des plaies d’armes à feu, que nos luttes civiles et nos guerres à l’étranger ont encore récemment complétée, et je crois avoir décrit avec plus de détails que d’autres auteurs les lésions encore peu étudiées du tissu cicatriciel.

L’article relatif aux brûlures renferme l’exposé de recherches intéressantes, faites en Angleterre sur les lésions viscérales chez les brûlés, et des indications, trop souvent oubliées, sur les grandes périodes de la brûlure.

J’ai enfin complété l’histoire des lésions traumatiques par un article sur les accidents produits par la foudre. H y a sur ce sujet beaucoup de documents épars, et je me suis empressé de les réunir d’une façon didactique.

Le chapitre IV de ce livre est rempli par l’exposé des maladies virulentes. L’histoire de ces affections contagieuses s’est récemment agrandie par la découverte de faits nouveaux et assez inattendus. Les articles consacres aux maladies charbonneuses , a la morve et à la syphilis, fourniront des preuves surabondantes de cette assertion. Or j’ai l’espérance d’avoir mis ces articles au courant des données scientifiques les plus exactes et les plus modernes, en m efforçant toujours de séparer dans cette masse de faits nouveaux l’ivraie du bon grain.

J ai placé 1 étude de la syphilis à côté de celle des affections charbonneuses et farcineuses, et j ai tracé de cette importante maladie un tableau aussi détaillé que possible. L’histoire de la syphilis est faite parfois d’une façon insuffisante dans les traités élémentaires de chirurgie. On la divise trop souvent en un nombre immense de fragments, disséminés dans les chapitres consacrés aux maladies des appareils, des tissus, etc. Une semblable méthode d’exposition m’a toujours paru propre à donner une idée aussi fausse qu’incomplète de la maladie syphilitique. Nous sommes a devant une espèce morbide assez distincte pour qu’on en réunisse tous les éléments dans un même article, sauf à revenir plus tard, si on

le croit convenable , sur quelques-uns de ccs points. Ce groupement de toutes les lésions et de tous les symptômes syphilitiques peut seul bien faire comprendre l’évolution de cette maladie. Mais là encore que d’hypothèses insoutenables! que d’assertions basées sur des observations incomplètes ou trop peu nombreuses ! Je me suis rigoureusement imposé la tâche d’écrire l’histoire de la syphilis avec des faits et non avec des doctrines dont les ruines nombreuses, échelonnées sur le chemin qu’on parcourt dans cette étude, semblent être là pour rappeler à chaque instant le danger des théories.

Telle est la disposition générale des quatre chapitres contenus dans ce premier volume. J’ose espérer que les articles qu’ils renferment peuvent présenter une idée exacte des faits et des opinions dont j’ai eu à retracer l’histoire. Mais je ne veux pas terminer cet avertissement au lecteur sans engager les étudiants qui me feront l’honneur de me lire à compléter les données que ce livre renferme par l’étude des monographies, soigneusement indiquées dans la Bibliographie de chaque article. Beaucoup de ces travaux ont été publiés en France, d’autres ont paru en . Allemagne ou en Angleterre, mais ont été traduits ou analysés dans la presse française, et sont ainsi à la disposition de ceux qui ne sont pas familiarisés avec les langues étrangères. Quand j’ai eu connaissance de ces traductions et de ces analyses, je me suis empressé de les indiquer. C’est en remontant aux sources originales que l’esprit s’habitue à mieux apprécier les faits qui lui sont soumis, et je tiens à engager dans cette voie tles recherches érudites les étudiants qui pensent que l’étude de la médecine n’est pas l’art de passer des examens. Je ne fais ici que faiblement répéter les conseils que j’ai souvent entendu donner aux élèves, avec une autoriLé si grande, par le maître illustre qui enseigne avec tant d’éloquence et d’érudition la médecine opératoire à la Faculté de médecine de Paris.

On ne peut pas écrire aujourd’hui un traité de chirurgie sans y ajouter beaucoup de figures dans le texte. Mon intelligent éditeur n’a reculé devant aucuns frais pour remplir cette condition si nécessaire, et il me suffira de dire, pour témoigner de la bonne exécution de ces planches, qu’elles ont été presque toutes dessinées par M. Léveillé et gravées par M. Salle.

Juillet 1801 .

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