C.roningue, 1820. , ... Tl. i8oq
(2) Du sang et des diverses altérations qu'il éprouve dans les maladies, mese, ihaù.
DE L’INFLAMMATION EN GENERAL
aussi chez les femmes grosses. De toutes les explications données pour expliquer la formation de la couenne , la plus probable paraît être l’augmentation absolue ou relative de la fibrine dans le sang.
Certaines circonstances, étrangères à l’inflammation, peuvent donner au sang une apparence couenneuse : l’agitation du liquide après la saignée, la forme du vase qui le reçoit au moment de l’émission, la température, etc., peuvent, en hatant ou en ralentissant la précipitation des globules, influer sur 1 apparition de la couenne. Toutes ces conditions ont été bien étudiées dans le remarquable article que le professeur Bérard (1) a publié sur le sang, dans son Cours de physiologie, et nous ne saurions mieux faire que d’y renvoyer nos lecteurs.
Après avoir étudié le système vasculaire dans l’inflammation, on a recherché 1 influence du système nerveux sur ce phénomène morbide, mais les expériences n’ont point encore donné de résultats satisfaisants. Toutelois on doit penser que les deux systèmes nerveux n’ont point dans ce cas la même influence, et qu’une plus forte part d’action doit être attribuée au grand sympathique. Ainsi les recherches si intéressantes de Cl. Bernard (2) prouvent que la section de la portion cervicale du grand sympathique amène dans le côté de la face correspondant à la section une activité eaucoup plus grande de la circulation, et partant une augmentation considérable de la caloricité dans ces parties. Cette congestion qui suit la section du' grand sympathique ne se retrouve plus après la section des nerts des membres. Des expériences ont été entreprises par divers observateurs, et en particulier par Wharton Jones et Lebert, dans le but de vérifier alors l’influence du système nerveux. Ce dernier a même suivi un procédé qui supprime complètement, dans la cuisse desgrenouilles, l’influx nerveux cérébro-spinal et du grand sympathique, et il s’est plusieurs fois essuie, pai c es expériences comparatives, que dans ces membres privés de ou e innervation , on ne constate aucune différence dans la circula- •on. ressort aussi des expériences de Lebert (3) un fait curieux que
ZZTT°nTm id Gn paSSant : c’est que dans les Plaies les filaments vol n n!pX ? ! 6nUS S°nt ent0Urés de caPillaires dilatés qui, par leur douToureute.Ven eXerC6r ^ leS parties ime compression plus ou moins
hislr7e Xè1WGIE' ~ L’infla.mmation> fIuel flue soit le tissu qu’elle envenimer maintp & ^ ^ Cert&ln nombl'e de caractères qu’il importe d’exaen s, muâmes?^ 1Soleniei\l* 0n les a divisés, pour la facilité de l’étude, A ‘ fZZ T’ SymptÔmes de Usinage, symptômes généraux . mitefde Z T“XV- .S?US “ *"• comprend des lésions anato- 1W ane tV™ 1,S‘, ’8'qUCS Cl des altéra‘i« fonctionnelles ,1e
n sTou „n‘ , 65 danS ‘’examen de «« symptômes locaux que
tiouvons a etud.er les quatre caractères les plu apparents ,1e I n-
i?Ur>i de Physiologie,
- Mémoires de la Société I3) Ib‘d., p. (17.
t- III, passim.
de biologie , t. IV,
DE l/lNFLAMMATlON ET DE SES CONSÉQUENCES.
Hammation : la rougeur, la chaleur, Y augmentation de volume et la douleur.
1° La rougeur est l’un des meilleurs caractères de l'inflammation ; mais elle s’éteint souvent avec la vie. Son intensité varie à l’infini, du rose léger au rouge violacé. Dans la forme aiguë des inflammations, c’est une couleur d’un rouge franc ; mais dans les phlegmasies chroniques, la coloration change souvent et revêt une teinte grise ou brunâtre.
La rougeur inflammatoire est quelquefois dilfuse , comme dans 1 érythème, quelquefois nettement limitée, comme dans l’érysipèle. L’injection vasculaire, qui rougit les tissus, reproduit assez souvent des dispositions anatomiques normales : de là des rougeurs en réseau, en étoile, etc. Dans l’angioleucite, la forme de la rougeur est caractéristique, car elle rappelle nettement la direction des vaisseaux lymphatiques.
Dans les inflammations de courte durée, la coloration normale des tissus reparaît lorsque la rougeur s’efface; mais les phlegmasies chroniques laissent toujours après elles des teintes cuivrées, rougeâtres, que rien ne peut enlever. Ainsi, dans les phlegmasies anciennes de la peau, le derme s’infiltre d’une matière colorante, comme celle qu’on observe si souvent dans les syphilides.
2° Il y a dans les parties enflammées une certaine augmentation de la chaleur normale, mais cette augmentation paraît toujours plus grande au malade qu’au chirurgien, qui observe le thermomètre à la main. Le malade en effet accuse souvent une chaleur très vive, là où le thermomètre ne montre parfois qu’une élévation peu considérable de température. Ce fait ne peut étonner ceux qui savent qu’entre la peau ardente d’un fébricitant et la peau fraîche d’un sujet sain, le thermomètre n’indique qu’une différence de 3 ou h degrés seulement. Hunter avait déjà remarqué que, dans l’inflammation, la température ne dépasse point celle du sang. Andral
et Gavarret ont confirmé cette doctrine en montrant que, dans les phlegmasies extérieures, la température des parties ne s’élève pas au-dessus
de celle des parties intérieures dans leur état normal. Roger, dans s^
(1) Archives, A1- série, t. V, VI, VII, VIII et IX.
DE L’INFLAMMATION EN GÉNÉRAL
Le caractère de la chaleur inflammatoire est assez variable : elle est tantôt humide, tantôt sèche, tantôt à peine sensible, tantôt vive, âcre, mordicante.
Les parties enflammées peuvent, par cette élévation de température, résister plus facilement au froid. Tout le monde connaît Texpérience, si souvent citée, de Hunter, qui vit F oreille enflammée d’un lapin résister à Faction d’un froid qui, dans les conditions habituelles, aurait amené la congélation des parties.
3° Les tissus enflammés éprouvent, sous l’influence de la congestion sanguine, une tuméfaction qui atteint quelquefois de grandes proportions : les glandes mammaires, par exemple, subissent dans l’inflammation un gonflement très marqué; il en est de même des muscles, qui, dans certaines plaies d’amputation, acquièrent parfois un volume considérable. Nous avons bien constaté cette curieuse altération dans les muscles assez volumineux que laisse après elle la désarticulation de l’épaule, et, dans le but de combattre les conséquences de ce fâcheux accident, nous avons toujours soin, dans cette opération, de ne point couper la peau au même niveau que les muscles.
La tuméfaction inflammatoire passe par trois phases successives : c’est d’abord une simple distension congestive, dont la cause est tout entière dans l’augmentation de la circulation capillaire; plus tard, un épanchement de sucs plastiques vient ajouter quelque chose au gonflement primitif; enfin les parties augmentent de volume par l’organisation définitive des sucs épanchés en tissus normaux. C’est cette dernière condition qui s’observe quand les os se gonflent lentement à la suite d’une ostéite. Les tissus enflammés acquièrent de la consistance en s’infiltrant d’un suc qu’on a désigné sous le nom de lymphe plastique, mais, en même temps que leur consistance augmente, ils deviennent souvent plus friables. Ainsi le poumon hépatisé se déchire plus.facilement que le poumon sain. C’est par une sorte d’ostéite partielle, avec ramollissement de l’os, qu’on peut aussi expliquer certaines fractures dites spontanées; mais à l’article Exsudation,
nous reviendrons sur ce point, en parlant des produits sécrétés aux diverses phases de l’inflammation.
h° La douleur est encore un des principaux symptômes de l’inflammation Ce phénomène est du reste extrêmement variable, depuis le picotement le plus leger jusqu’aux horribles douleurs de certains phlegmons des membres. Il faut tenir compte ici de la texture de l’organe enflammé et ue la nature de la phlegmasie, etc. Ainsi, dans certains organes à textuc ( cnse, enveloppés de membranes fibreuses épaisses, la tuméfaction
1 0lre,,ne * produit <!»’•“ prix de vives douleurs : le testicule est
‘I is ce cas. Il ne faut pas oublier non plus que certains tissus ont des
mi’nnT5 + Un caract®re spécial : ainsi les os souffrent spontanément sans
nohl l >°S T! ie" Ct 1 action fle la scie ou de la gouge n’augmente point notablement leurs douleurs. 1
n.ituir de I inflammation paraît aussi influer sur le caractère de la
DE L’INFLAMMATION ET, DE SES CONSÉQUENCES
douleur. Dans l’érysipèle, c’est une douleur mordicante; dans le panaris et le phlegmon superficiel, une douleur aiguë, pulsative, tandis que dans le phlegmon profond ou des organes splanchniques, elle est le plus souvent gravative.
Un organe enflammé est presque toujours troublé dans ses fonctions, mais on ne peut qu’indiquer ici cet ordre de symptômes locaux; c’est dans la pathologie spéciale qu’on en saisira mieux toute l’importance. La fonction d’un organe enflammé éprouve d’ailleurs des troubles variables : elle peut être augmentée, diminuée, pervertie ou tout à fait abolie. Bornons-nous a rappeler ici quelques exemples. Dans le coryza, l’ollaction est diminuée ou éteinte; dans la rétinite, la vision est pervertie au point de donner au malade des sensations subjectives d’objets lumineux; enfin, dans l’otite, l’audition peut être tellement augmentée, que le plus petit bruit soit perçu par le malade.
B. Symptômes de voisinage. — On ferait une étude importante en les rassemblant tous, car ils peuvent donner lieu à des erreurs graves. Ainsi les uns se rattachent à des douleurs propagées au loin par une sorte d’action réflexe : telles sont certaines douleurs de l’épaule dans des pblegmasies
pleurales qui atteignent les extrémités du nerf phrénique; telle est aussi cette sensation douloureuse à l’extrémité de la verge dans certaines cystites du col. Les autres semblent la conséquence de névrites par propagation : telles sont les douleurs péri-orbitaires de la conjonctivite, sous-oibitaires de la phlegmasie du sinus maxillaire, etc. G est 1 inflammation mère qui se propage aux nerfs voisins. Enfin quelques symptômes de voisinage ne relèvent plus de l’action nerveuse . c est ce qu on observe dans la propagation d’une phlegmasie aux lymphatiques voisins. On retrouve dans ces symptômes de voisinage la douleur, la chaleur, la rougeur, un certain degré de tuméfaction, enfin des troubles fonctionnels.
C. Symptômes généraux. — Line inflammation peu intense se développe souvent sans entraîner après elle de réaction générale. 11 n’en est pas de même pour certaines autres phlegmasies, dont la nature et 1 étendue la\o-
risent l’apparition de troubles généraux.
Dans quelques inflammations profondes ou très larges, la réaction inflammatoire reste en proportion de la phlegmasie; ailleurs, les symptômes généraux précèdent le développement de l’inflammation : ainsi, avant l’apparition de certains érysipèles de la face, le malade se plaint d’un trouille qui diminue ou s’eftace lorsque la phlegmasie éclate.
Ces symptômes, communs à beaucoup d’inflammations, consistent dans un malaise général, accompagné parfois d’un frisson suivi rapidement de moiteur; souvent le malade accuse de la faiblesse, une véritable oppression des forces. Quand l’inflammation s’est développée, le pouls s’élève, la chaleur devient très marquée, et nous avons tous les signes de ce qu’on appelle la fièvre inflammatoire. Nous n insisterons pas davantage sur les symptômes de cotte lièvre qui est décrite avec soin dans les divers traités de pathologie interne.
UE l’inflammation en général.
Marche de l’inflammation. — L’une des conditions essentielles de l’inflammation, c’est de se propager aux parties voisines, et dès 180.7 Marandel avait bien indiqué que l’engorgement, au voisinage d’un point enflammé devait être considéré comme l’un des caractères les plus constants de l’inflammation. Mais toutes les phlegmasies n’ont point une égale tendance à se propager, et l’on pourrait, comme le fait James d’Exeter (1), les diviser, à ce point de vue, en deux grandes catégories.
On a dû rechercher en vertu de quelles conditions et par quel mécanisme certaines inflammations avaient une grande tendance à se transmettre de proche en proche aux parties voisines de celles qu’elles occupent déjà. Nous ignorerons sans doute longtemps encore pourquoi cette propagation a lieu; il ne reste donc qu’à étudier comment elle se fait.
Nous avons démontré plus haut que l’inflammation débutait par une série de phénomènes qui se passent dans les vaisseaux capillaires. Si l’on admet avec nous que l’inflammation est un phénomène toujours identique avec lui-même, il faudra bien en conclure, avec Broca , que l’inflammation doit se propager par ces mêmes capillaires. Notre savant ami a discuté, avec une grande netteté d’exposition, les raisons qui le portent à repousser la propagation de l’inflammation, soit par les lymphatiques, soit par le système nerveux (Bordeu et Wilson Philips), soit par le tissu cellulaire (Bichat). Après avoir démontré, contrairement à Bichat, que le tissu cellulaire ne peut propager l’inflammation, qu’il peut seulement en laisser transsuder les produits, il conclut avec raison que les capillaires seuls peuvent propager les phlegmasies. Plus les communications capillaires sont étendues, mieux se fait cette propagation de l’inflammation. Si le tissu cellulaire a paru à Bichat servir à la transmission des inflammations secondaires, c’est qu’il est très riche en vaisseaux.
On ne saurait trop appeler l’attention des chirurgiens sur ces inflammations par propagation; car pratiquement elles ont une grande importance. Dans un travail qui semble le complément de sa thèse, Broca (2) a montré un exemple saisissant de la propagation de l’inflammation à la plèvre après les plaies du sein. Les inflammations se propagent par des causes locales^ mais sous l’influence de conditions générales qu’il ne nous est pas encore donné d’apprécier.
Quand nous étudierons les phlegmasies des divers tissus, nous chercherons à faire voir leur aptitude différente à se propager. Certains organes reunissent dans leur texture des conditions qui font obstacle à cette pirnpagahon; les os sont de ce nombre. Mais on ne saurait dire d’une façon absolue avec Vidal, que « l’inflammation a peu de tendance à envahir les » parties voisines, quand elles sont formées de tissus différents de ceux » sur lesquels elle se développe primitivement (3). »
Les phénomènes locaux de l’inflammation, la rougeur, la chaleur, n’ont
(1) J . H. James, Observations on Di/ferent Spccies of Inllammal y) Archives de médecine, avril 1830.
(•h Irailé de pathologie externe, 2° édit., t. I( p. 237.
ion. London,
16 LE ^INFLAMMATION ET LE SES CONSÉQUENCES
point un ordre régulier d’apparition. Dans certaines inllammations de nature peu franche, comme quelques inflammations de la peau, la douleur précède les autres symptômes; bientôt elle est suivie de la rougeur. Dans les inflammations que Gerdy appelle inflammations par déclivité, la congestion sanguine paraît la première; puis la chaleur, la douleur et la tuméfaction se manifestent plus tardivement. Les symptômes fonctionnels suivent à peu près le développement des symptômes locaux.
On a cru reconnaître à certaines inflammations un caractère intermittent; mais tous ces faits se rapportent moins à des phlegmasies franches qu’à des affections nerveuses complexes. La plupart des observations que Mongellaz a citées dans son livre (1) établissent seulement que, sous l’influence de causes inappréciables, il se produit dans certains organes, surtout dans ceux où le grand sympathique se distribue, des congestions sanguines tout à fait analogues à celles que Cl. Bernard produit par la section de ce nerf à la région du cou. Quoi qu’il en soit des explications, on observe sur certains individus des congestions actives de la face, de la pituitaire, de l’intestin, etc., congestions qui reparaissent avec le type quotidien, tierce, quarte, et qui, dans l’intervalle des accès, laissent les malades parfaitement tranquilles.
La durée, courte ou longue, des inflammations a permis de les distinguer en inflammations aiguës et inflammations chroniques ; 1 état intermédiaire est désigné sous le nom de subaigu. Après avoir duré quehpies heures chez certains individus, quelques jours chez certains autres, l’inflammation disparaît, ou se termine par l’un des états que nous allons maintenant
signaler.
On reconnaît à l’inflammation plusieurs terminaisons qu’on désigne sous les noms de délitescence, résolution, suppuration, gangrène, induration. Nous allons les mentionner brièvement ici, nous réservant de revenir sur quelques-unes d’entre elles avec de plus grands développements.
1° On appelle délitescence la disparition brusque de 1 inflammation. Tantôt cette disparition n’est suivie d’aucun phénomène morbide ; tantôt survient dans une autre région du corps une phlegmasie nouvelle : c’est alors la délitescence suivie de métastase. Mais, sous ce dernier nom, les auteurs ont évidemment confondu des faits différents. Ainsi l’épididymite blennorrhagique ne doit point être prise, comme on l’a fait, pour une inflammation par métastase; c’est une propagation de l inflammation. Il nous .faut également ranger dans les inflammations propages la méningite qui survient à la suite des érysipèles du cuir chevelu. Toutefois, dans quelques cas, on doit reconnaître qu’il n’existe aucune continuité apparente entre l’inflammation par métastase et celle qui existait primitivement : tel est le cas dans l’orchite que l’on observe a la
suite des oreillons. ( ,,
2° La résolution est la disparition graduelle et rétrograde de 1 înflamma-
( i ) Essai sur
les irritations intermittentes, 1821, passim.
DE L’INFLAMMATION EN GÉNÉRAL
tion, en passant successivement par des états intermédiaires, jusqu’au retour des parties à l’état normal. La résolution de l’inflammation se juge souvent par des sueurs abondantes, par des urines fétides ou fortement chargées d’acide urique, par une diarrhée, et c’est ce que l’on désigne sous le nom de crises.
3° La suppuration et la gangrène sont deux terminaisons de l’inflammation qui doivent nous occuper dans des chapitres spéciaux.
U° L’induration est, dans certains organes, la terminaison habituelle de l’inflammation. L’épididyme est très souvent le siège de ces indurations d’origine inflammatoire. On désigne quelquefois cet état par le nom erroné d’inflammation chronique, quoique l’induration soit due seulement à la persistance des produits plastiques sécrétés par l’inflammation aiguë, et que la chaleur, la rougeur et la douleur aient tout à fait disparu de l’organe malade. Mais la consistance des tissus s’accroît, et ce résultat provient du développement d’éléments anatomiques, cellules ou fibres, dans les liquides exsudés au milieu des éléments normaux.
Il y a encore deux conséquences de l’inflammation dont il faut tenir compte. Quelquefois la phlegmasie imprime une grande activité au développement de l’organe sur lequel elle siège , et Y hypertrophie succède à l’inflammation. C’est l’inverse qui adieu dans d’autres cas : V atrophie survient ; c’est l’absorption interstitielle de Hunter.
Étiologie. — Les causes de l’inflammation sont de deux sortes, externes ou internes. Parmi les causes externes, on peut citer les caustiques, les corps étrangers venus du dehors, le froid continu, etc.; mais la plupart des causes internes nous échappent. L’expérience a appris que l’ingestion de certaines substances est suivie de quelques états inflammatoires : ainsi la saturation de l’organisme par le mercure amène du côté de la bouche une inflammation souvent fort intense. Le mécanisme de cette action localisée dans la bouche échappe à nos connaissances. On voit certaines inflammations se développer sous l’influence d’un écart de régime, de quelque trouble fonctionnel, d’une cause spécifique. On a souvent désigné ces phlegmasies sous le nom d ’ inflammations spécifiques .
Les causes prédisposantes des inflammations chirurgicales sont très nombreuses et très difficiles à exprimer. On sait seulement que l’âge, le climat, le sexe, ne sont point sans avoir une influence réelle. Pour en citer un seul exemple, on connaît la fréquence des ophthalmies dans l’enfance et dans certains climats. Quelques organes ont une fâcheuse prédisposition aux inflammations : ainsi l’épididyme s’enflamme très facilement à la suite de blennorrhagies.
Ce qu’il importe le plus de remarquer dans l’étiologie, c’est la distinction importante des inflammations de cause externe et de cause interne. Aussi les anciens leur avaient appliqué deux noms différents, inflammatio genuina, , inflammatio spuria.
Diagnostic. — Les inflammations superficielles sont rarement méconnues pai un chirurgien attentif; mais les phlegmasies profondes exigent un
DE l/lNFLAMMATION ET DE SES CONSÉQUENCES.
examen plus soutenu, car elles ne peuvent être soupçonnées qu’à l’existence de la douleur et de certains troubles fonctionnels. Après les opérations de taille, une vive douleur dans la région lombaire doit faire craindre le développement d’une néphrite. Quelquefois on perçoit alors une différence notable dans la chaleur de la région douloureuse et de la région voisine qui ne l’est pas.
Il importe encore de savoir distinguer la véritable inflammation de certaines congestions passives, quelquefois d’origine mécanique; mais cette distinction ne peut être véritablement faite que dans la pathologie spéciale. Nous avons parlé plus haut de ces inflammations intermittentes qui sont de véritables fièvres périodiques, accompagnées de phénomènes inflammatoires; on les reconnaîtra au retour régulier des phénomènes fébriles et inflammatoires, à une fièvre plus développée que l’inflammation locale ne l’indiquerait, à un accroissement et à une terminaison rapides de la phlegmasie, enfin à une récidive brusque des accidents, etc.
Pronostic. — Le pronostic de l’inflammation varie a l’infini, suivant la constitution du malade, la nature spécifique ou non de la phlegmasie, l’organe affecté, etc., et ne peut être l’objet d’un aperçu général.
Traitement. — Le traitement doit être d’abord diététique, et certaines inflammations cèdent aux seuls efforts d’un régime bien entendu. Ainsi, dans toute phlegmasie un peu intense, les aliments seront diminués; toutefois ce précepte ne doit pas être absolu, et il appartient à un chirurgien expérimenté de distinguer certaines constitutions affaiblies ou naturellement débiles auxquelles la diète ne conviendra pas. Les boissons, dans les inflammations avec fièvre , seront abondantes et légèrement acidulés. On veillera au maintien régulier des garderobes, au repos du corps et de l’esprit. L’étendue ou l’énergie de la phlegmasie exigera souvent le séjour au lit. On sait d’ailleurs que, dans la position horizontale, le nombre des pulsations diminue, et ce ralentissement de la circulation n est pas sans
utilité.
Les moyens puisés dans le seul régime restent sans action dans un grand nombre de phlegmasies externes qui exigent une intei\ention chirurgicale. On devra d’abord s’assurer si l’inflammation n'a pas une cause physique ; car on guérirait le malade en faisant disparaître cette cause. Nous voyons souvent des kératites graves produites et entretenues par le frottement intempestif d’un cil contre la surface antérieure de la cornée. On enlève le cil, et le malade est très promptement guéri.
Mais souvent la cause de la phlegmasie échappe a 1 œil le plus scrutateur, et il faut avoir recours à des moyens chirurgicaux et pharmaceutiques. , .
A. Moyens chirurgicaux. — Sous ce nom nous désignerons seulemen
quatre moyens : 1° les émissions sanguines, 2° une certaine position des parties enflammées, 3° la compression, à0 les débndements.
1° Les émissions sanguines sont locales ou générales; le choix que le chirurgien est appelé à faire exige qu’il tienne compte de l’étendue,
DE L’INFLAMMATION EN GÉNÉRAL. 17
de la forme, de la nature de l'inflammation, comme de l’âge, du sexe et de la constitution des malades.
Certaines inflammations à tendance gangréneuse, chez des individus débilités, se refusent aux émissions sanguines. Les saignées locales faites avec des sangsues ou des ventouses conviennent chez ceux qui ne supportent pas facilement une perte rapide de sang , dans les phlegmasies qui envahissent des organes rapprochés de la peau (les ganglions), enfin dans certaines inflammations thoraciques qui exigent une répétition fréquente de ces émissions sanguines. Les saignées faites par la lancette peuvent être larges ou petites et souvent répétées. Les saignées larges nous paraissent convenir très bien dans les inflammations étendues, ou tres intenses et très douloureuses, comme celles de l’œil et de l’oreille. Quant aux saignées petites et à répétition, comme les pratiquait Lisfranc, leur utilité est loin d’être démontrée dans aucun cas.
Quand faut-il cesser les émissions sanguines ? On ne peut faire à cette
fIU«St'i°.n de reponse absolue- si la douleur diminue rapidement, si l’individu s affaiblit vite, si la phlegmasie tend à s’indurer et à 'passer à l’état chronique, il faut cesser les émissions sanguines et recourir à d’autres moyens Quoi qu’il en soit, chaque saignée doit être au moins de 200 grammes et
dans une inflammation un peu vive, il faut tout d’abord tirer environ 600 grammes de sang.
, 1 2 3 4° Un adjuvant utile, mais trop souvent négligé, des émissions sanguines c est 1 élévation des parties enflammées. L’influence de la pesanteur incontestable sur les congestions sanguines ou séreuses et sur les infiltrations ecchymot.ques, est aussi des plus évidentes sur la marche des phlegmasies est ce qui ressort aujourd’hui d’un assez grand nombre de travaux publies successivement par Isidore Bourdon (1) A. Lacroix f21 Ttnaat i? t blier (3), Gerdy jeune W, Pion,- (5), traviux qui s^lve 1 rassemble5 dans l’excellente thèse du professeur Nélaton (6).
. LSI dans les inflammations phlegmoneuses des membres que l’on con State plus facilement l’influence de la pesanteur. Ainsi, tes’panaris le phlegmons diffus des membres, éprouvent souvent, par suite d’une position tletee de la partie malade, un retrait immédiat de leurs symptômes tes plus graves. Le premier qu, s’efface, c’est la douleur : tous les indivi us affect de panaris savent quel soulagement ils obtiennent en tenant te main ma
z tz :ies
mensuration avait donné rapidement des diminuons Sk Dans
(1) Mém. sur l’influence de la pesanteur sur auplnue* „ ; •
2) Considérât, palholog. cl thérapeutique s sur VauZrt fjfn°menes 'a vie’ 1819 ’
(3) l)e l’attitude du corps comme cause cl comme ! ? 1 homme. Thèse, Paris, 1824.
pellier, 1825. mme s,Vne dans tes maladies. Thèse, Mont-
(4) De l influence de la pesanteur (Archives de mérierin» i-
g }.e l in fluence de la pesanteur Lr la ,7vdeCen,bre ,833b
Concours de clinique chirurgicale, 1851 . ’ ' J‘
(') Archives de médecine, 1 81 ü) t. XII, p. 295.
DE l’inflammation et de ses conséquences.
les affections érysipélateuses on ne tarde point à voir la partie rouge pâlir et perdre sa chaleur élevée. Pour les membres supérieurs, il suffit d’un bandage très simple pour maintenir les mains en haut ; des coussins convenablement échelonnés serviront à élever les membres inférieurs. Dans ce dernier cas il faut prendre grand soin, après la guérison, de ne pas faire marcher les malades trop tôt ; le brusque retour de la position déclive ne serait pas sans danger. On commencera par de très petites courses, et l’on arrivera peu à peu à l’exercice normal.
3° La compression est employée avec succès depuis plus de trente ans, par Velpeau (1), contre certaines inflammations, mais elle ne peut convenir qu’aux phlegmasies de quelques régions convenablement disposées pour l’application des agents compresseurs. On pratique cette compression soit avec des bandes de toile, soit avec des bandelettes de diachylon. Les plus grandes précautions doivent être prises pour que cette compression soit régulière, méthodique, et ne serre pas certains points plus énergiquement que d’autres. Parmi les moyens de compression il faut placer aussi le collodion, qu’on a récemment proposé dans le traitement de quelques phlegmasies, et en particulier de l’érysipèle et de l’orchite. A cet effet, on l’applique en couches assez épaisses à la surface de la peau érysipélateuse ou du scrotum. En se desséchant, il se rétracte avec une force telle qu’on doit le considérer comme un bon agent compresseur; seulement il se fait assez souvent, dans la couche de collodion, des fissures à travers lesquelles la peau s’étrangle, ce qui occasionne beaucoup de douleur.
On a eu, dans ces derniers temps, l’idée d’appliquer au traitement de certaines inflammations la compression digitale des artères, qui a donné de beaux résultats dans la thérapeutique des anévrysmes. C'est un habile chirurgien de Padoue, Vanzetti (2), qui a préconisé ce moyen, applicable surtout aux phlegmasies des membres. On comprime le tronc artériel principal dont les branches se distribuent au membre malade, et le ralentissement de la circulation sanguine est bientôt suivi d’une véritable diminution des symptômes inflammatoires. Il suffit de douze ou quinze heures de compression intermittente pour obtenir une amélioration considérable, U; malade peut, dans la majorité des cas, faire tout seul la compression artérielle, lorsque le chirurgien, l’ayant faite pendant une ou deux heures, a monde au patient comment il faut appliquer les doigts sur le trajet de 1 artère. Lorsque la main, appliquée depuis quelque temps, commence à éprouver de la fatigue, on cesse de comprimer, et l’on y revient dès que les doigh sont bien reposés. Vanzetti cite, à l’appui de ces assertions, deux observations intéressantes, l’une d’érvsipèle phlegmoneux du bras, et 1 autre d arthrite du poignet, dans lesquelles la guérison a été promptement obtenue par la compression digitale de l’artère. Nous n’avons pas d’expérience personnelle sur
Archives detnédecine, 1826, t. XI, p. 192 et 39ô. v » ,QKC
Ce mit sulla cura dell' mflaminazionc colla compressioiic digitale. Denise, i oh
DE L’INFLAMMATION EN GÉNÉRAL
ce point,, et nous nous contentons de rappeler les faits curieux mentionnés par le professeur de Padoue.
lx° Les débridements doivent, à plus d'un titre, être regardés comme d'excellents moyens à opposer au développement de certaines phlegmasies. Nous avons toujours vu la douleur et la tension des orchites céder très vite au débridement de la tunique albuginée; les inflammations du tissu cellulaire, circonscrites ou diffuses, s'arrêtent presque toujours par des incisions faites de bonne heure; mais bornons-nous aujourd'hui à ces simples indications, et nous reviendrons sur ce point de thérapeutique chirurgicale en traitant du phlegmon diffus.
B. Moyens pharmaceutiques. — Ils sont locaux ou généraux, et trouvent leur indication dans une foule de cas.
1° emploie souvent les topiques répercussifs pris dans une classe d'agents médicamenteux qui produisent une constriction des tissus, et paraissent devoir amener dans les capillaires un resserrement qui arrête 1 afflux sanguin. Les substances styptiques ou acides figurent parmi les îépercussifs, mais il taut y placer en première ligne les réfrigérants. Le lioid diminue dans les parties enflammées l'afflux sanguin, et sous son influence on voit souvent disparaître la chaleur, la rougeur et la tuméfaction. Ces effets, bien connus, ont fait de tout temps classer les réfrigérants parmi les antiphlogistiques. Quelques enthousiastes du froid intùs et extrà n ont point tardé à trouver une explication rationnelle de cette action : c'est parce qu en refroidissant les parties enflammées, on les place dans les conditions des animaux à sang froid qui ne suppurent pas. On sait combien est taux le fait qui sert de base à cette hypothèse.
Quoi qu'il en soit, dans un grand nombre de cas, le froid est utile à opposer aux mflammations. La glace et l'eau glacée sont surtout mises en K “ Ie P.referencet à >’éthCT et “ l’alcool, qui, en s'évaporant, donnent ï,f’ maiS,?ont„d’“ "Renient plus difficile. Quelques
du froid Pt PPttP c?nseil,le d augmenter progressivement l'intensité u froid et cette précaution n est pas sans utilité. On doit bien se raoneler
IC. que -application du froid doit être prolongée ■ sî elle est nromn e
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fo.LP'Lts„ï,id‘ toÛlT leS,répe;CUSsifS' les^ émollients , sous conviennent dans nr* ' i f °,U lclulde (fomentations, injections),
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3 '-s agent, mrcotiques unis aux émollients agiront bien dans les in-
DE L’INFLAMMATION ET DE SES CONSÉQUENCES
(lammations très douloureuses; il faut en. craindre l’emploi dans les phlegmasies qui ont une tendance à la gangrène.
k° On combat parfois certaines inflammations à l’aide de révulsifs, dont l’action apparente est de substituer à une inflammation naturelle une phlegmasie artificielle. Le nitrate d’argent promené sur une surface enflammée, un vésicatoire appliqué au centre d’un érysipèle, sont de bons exemples à citer ici pour recommander cette pratique.
Le chirurgien emploie souvent des moyens internes pour combattre certaines pblegmasies, et c’est aux mercuriaux seuls ou associés à l’opium qu’il a le plus généralement recours. On fait alors usage du calomel à dose fractionnée ou d’onctions mercurielles larges et souvent répétées. Il faut pour obtenir un résultat utile que le mercure absorbé amène ou une salivation notable ou un goût mercuriel très prononcé. C’est dans les inflammations oculaires qu’on fait le plus utilement usage des préparations mercurielles.
Les purgatifs ordinaires sont très souvent prescrits dans le cours de certaines phlegmasies, à titre de révulsifs sur l’intestin; on fait moins usage en chirurgie des agents de la médication contro-stimulante.
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