ARTICLE 11. — ÉTUDE DES DIFFÉRENTES TARIÉTÉS DE TEKECU
Apr&s ces notions générales sur l'histoire des tnmears, nous devons esquisser les principaux traits qui caractérisent au point de vue biologique leurs différentes variélés.
g 1«T. — Tomeurs dAveloppAoB bdx dépsna de* tissu bIi dn feuillet moyen.
A. Tamenra cvnJaKetlTei- — &.Sareomei, — Ces tumeOTS soal formées, d'après Vircbow, de substance conjonctive, mais àh.
Fig 109 — CellalM rnalforme* d a
diffèrent des types physiologiques de tissu conjoDcUf par Ii grande abondance de leurs éléments cellulaires ; pour Comil et
DBS TUUKURS.
iDTier, dles sont constituées « par do tissa embryonnaire ir,ODSulMSsaiit une des premières modifications qu'il présente lar derenir on tissu adulte n ; Lancereaux les appelle fibromes t&n/onnairtt. On en distingue usieura variétés qui diiFërent irla forme elle mode de dis- >sitioD de leurs cellules.
Dans le sarcome dit /uso-ce/iuire (sarcome fascicule de Cor- I et Ranvier), les éléments longés et pourvus de noyaux ralaires se terminent par des iilongeiDents déliés (Dg. 109]; ite groupent le plus souvent I faisceaux que sépare une ibstance amorphe peu abonmte (ilg. 110) ; ces tumeurs nfermeat des vaisseaux à pais embryonnaires.
Le sarcome globo-eeUulah-e t composé de cellules rondes peu volumineuses que sépare le substance amorphe ou valement flbrillaire ; quelquefois s cellules fusiformes groupées I faisceaux s'interposent entre < cellules rondes et donnent I tissu une apparence aWéoire; cette variété se développe uvent dans les os.
Dans le utreome alvéolaire, t interstices qui séparent les Fi8.iio.-S«n:(.mefuio-ceiiuUir«k isceaux de cellules fusiformes frtndMi!eUQie»{d'«prt»Viw;how). ni remplis par des amas de
llules arrondies et la tumeur présente alors un aspect très lalogue à celui du carcinome ; mais un examen attentif mone que les alvéoles, au lien d'être vides comme ceux du carnome qoand on en a éloigné les cellules, sont cloisonnés tr un fin réseau 6brillaire (Bg. 111).
DBS PROCESSUS HORBIDKS.
Le sarcome giganto-ceUulaireie\itebovi est uraetémé pu li présence de grandes cellnles à noyaux multiples (Bg. 112).
Dans le sarcome milaniqw, les cellules sont inBltries de pigment.
Le sarcome se combine souvent avecdiTerses Tonnes de néopl»sies conjonctives pour former des lameurs inizles que l'on itt-
Fig. m. — SarCQine alvéolaire. Fig. lU. — Sirconie à grinda* «llrti
Groaiissement 3â0 (collection de Des cellnlM fuilformet de gnadw
GietMn). coloaule pltcjei pirallèlemeni kc
entremèldes de cellale* globulms-
GniHiaMmeDt 300.
signe sous les noms de ftbro-tarcomes, myxo-sarcomet, eionJr*sarcomes.
Ces sarcomes se développent aux dépens des diverses vanéléi de tissu conjonctir; leur structure est dans une certaine meran en rapport avec leur origine : c'est ainsi que les sarcomes ia périoste sont ordinairement ftuo-cellulav'et et ceux des os glob^ cellulaires ou riches en cellules géantes ; les sarcomes métaui^uti proviennent le plus ordinairement de la choroïde, quelquefois de la pie- mère.
Ces tumeurs peuvent subir la dégénéresceace mnqueux {sarcome mti^ueux), graisseuse, ou calcaire; il peut s'y fomw des kystes sanguins.
Certaines variétés de sarcomes sont bénignes, d'autres magnes ; les premières restent isolées et ne récidivent que sur lace ; les secondes ont la même puissance de généralisation ae le cancer; parmi celles-ci il faut ranger surtout les sar- >mes à petites cellules et les mélano-sarcomes ; « un sarcome it d'autant plus grave, disent Comil et Ranvier (i), que son orinisation est moins élevée. »
b. Fibromes. — Les fibromes sont formés de tissu conjonctif irillaire; ils renferment des cellules qui peuvent être allongées . fusiformes ou petites et arrondies ; leur type est, d'après ancereauz, le tissu cicatriciel; on y trouve des vaisseaux et des erfs. On en distingue deux variétés, le fibrome dur et le fibrome tou ; la structure du premier rappelle celle des tendons ; le .'cond présente l'aspect du tissu cellulaire sous-culané. Ces tuleurs se développent surtout cbez les sujets âgés, dans les tissus ïllulaires sous-cutané et sous-muqueux ainsi que dans les tenons, les aponévroses, les nerfs et les ovaires. Ceux des muueuses peuvent revêtir la forme de polypes. On a souvent ingé à tort, parmi ces tumeurs, des néoplasies inflammatoires u irritatives ; telles sont par exemple la plupart des producons appelées fibromes papillaires.
Les fibromes s'accroissent lentement; ils n'ont aucune tenance à rétrograder. Ils peuvent s'enflammer, subir la dégénéescence graisseuse ou muqueuse, se calcifier et s'ulcérer. Ils ont souvent multiples, mais ils ne se généralisent pas.
c. Myxomes. — Le tissu muqueux ne se rencontre après la laissance que dans le cordon ombilical et dans le corps vitré ; lans Tembryon, le tissu sous-cutané, qui deviendra plus tard e tissu conjonctif, se présente d'abord sous la forme de tissu nuqueux composé de cellules et d'une substance interstitielle ;éhtiniforme dans laquelle on trouve de la mucine.
Les myxomesse développent cbez l'adulte dans le tissu celluloidipeux; on en a observé dans les centres nerveux et aussi dans les nerfs.
Les tumeurs placentaires connues sous le nom de môles hydatiques sont formées de tissu muqueux.
Les myxomes, dans leur forme typique, sont composés d'une
(l) Cornil et RanTier, ioc. cit.
398 DES PROCESSUS HORBEDKS.
substance rondamentale presque homogène renrermint na pEtii nombre de fibrilles et de cellules rondes, fusiformes on étoiléti. c'esl le myxome hyalin (fig. 113). Le plus souvent on troure a
iâ\^^
même temps que le| tissu muqueux, soit du tissu nonjoncUf enbryonnaire, soîL du tissu fibreux, graisseux ou carlilagineui ; !i tumeur es t mixte et prend, suivant les cas, le nom de myxonuivcomateux, fibreux, cartilagineux ou lipomaleux.
Les mysomes comme les fibromes peuvent s'enflammer fi s'ulcérer; ils peuvent même se gangrener (Corail et Ranvier On les a vus se généraliser, mais c'est un fait eiceplionnel.
d. Endolkéliomes. — Nous croyons devoir, avec Lanc*reaux (1 ), distinguer ces tumeurs des sarcomes parmi lesquels :] lesrangefréquemmenl; leurstrucLure en effet n'est pas embrrcDnaire ; elles sont constituées par la proliréralioo d'éléments cdhjoncltfs arrivés à leur plein développement. Elles se développent souvent aux dépens de l'endothélium qui tapisse la dore-mèrt. Leurs éléments offrent beaucoup d'analogie avec les cellules «pithéliales et l'on nepeutëtre surpris que Ch. Robin les ait décnic sous le nom A'épithéiioma; il en a vu se développer aux dépendu péritoine; Lancereaus pense qu'elles peuvent se renconlK' partout oti existent des cellules endolhéliales et il est portai croire que bien souvent elles ont été décrites sous le non) i< sarcomes fuso-cellulaires.
Elles sont composées de grandes cellules plates, souieutii-
(I) LinceratDX, loe. cil.
DBS TUNEORS. 3M ■
âgées et poairaes d'un ou deux noyaux (fig. 114). Elles se disisent assez souvent en globes concentriques au milieu deslels on trouve un grain calcaire (d'où le nom de ptammomei le leur a assigné Vircbow). Corail et Raovier attribuent la
Fig. 114. — Endotitéliome de la dure-mère. Diipoiilion «Itiolalre. GroMitument 350 •
irmatioD de ces globes calciBés à un bourgeonoemeot des tuiques vasculaires et désignent les tumeurs sous le nom de •rcomet angioU'Chîques. Va fait d'Eppinger montre qu'elles envent se généraliser (1).
e. Tumeurs perlées. — Décrites sous ce nom par J. Cruveilhier :soas celui de ckotestéalome i)a.r J. Millier, elles se rencontrent irloutà la base du cerveau, dans l'épaisseur de la pie-mère. Iles peuvent atteindre un diamètre de plusieurs centimètres ; lies semblent formées par l'union de plusieurs nodosités; sur ' ne coupe, leur surface paraît brillante, et on y distingue des oucbes concentriques ; l'examen hîstologique montre qu'elles □ntformées de cellules plates; elles ont été classées parmi les umeurs épîthéliales, mais il est plus probable, en raison de la
(1) ^i^gtr, Pragtr Yieritljahrt. ISIS.
région où elles se développent et de leur structure, qu*eUessont de nature endothéliale.
f. Gliomes. — Les glîomes sont formés d'un tissa réUcolé analogue à celui de la névroglie et renfermant comme elle de nombreux noyaux arrondis ou ovalaires ; ils contienâraia^'. aussi, d'après Klebs, des éléments nerveux, si bien qu'il k^ appelle des névrogliomes. Ils se développent dans le cerreai: la moelle, la rétine et les nerfs optiques ou acoustiques ; il fâd leur assimiler, d'après Birch-Hirchfeld (i), certaines tumeurs <k! capsules surrénales. Le gliome est de nature bénigne, ce q'i ne Tempêcbe pas de donner lieu, par la compression qu'il exercé sur les centres nerveux, aux plus redoutables accidents.
g. Lipomes. — Les lipomes présentent une structure tout a fait comparable à celle du tissu graisseux ; ils so développer! , surtout dans le tissu cellulaire sous-cutané, quelquefois au> dessous des membranes muqueuses ou séreuses; ils peuvent acquérir des dimensions considérables. Leur accroisse ment n'est aucunement en rapport avec l'état général de L nutrition ; un individu peut maigrir en même temps que >03 lipome grossit. Ces tumeurs sont souvent multiples, mais elle> ne se généralisent pas et récidivent rarement.
B. Tumeum cartilA|pineases. — Enchondromes, — On pea' trouver dans les enchondromes toutes les variétés de tissu cartilagineux (2), c'est-à-dire le cartilage byalin, lefibrcHcarlilazett le cartilage à cellules ramiBées ; elles existent souvent simulunément, de telle sorte que le produit morbide ne répond à aucin type normal. Assez fréquemment le tissu cartilagineux est 0:1 à diverses variétés de tissu conjonctif ; aussi Virchow admeli l'existence de cbondro-flbromes et de chondro*sarcomes; dautrès fois le cartilage se trouve avec du tissu ostéolde. Ces tumeurs ne se développent jamais dans les cartilages; on obsem dans ces derniers des hyperplasies irrilatives connues sous li nom d'ecchondroses, mais elles ne peuvent être considcrée> comme des tumeurs. Les os en première ligne, puis le testicue et la parotide sont les parties oii les enchondromes naissent If plus ordinairement ; plus rarement ils proviennent de la peab ou du poumon.
(1) Cité par Samuel, Handbuch dtr Allgemeinen Pathologie. Stattgart, 1^
(2) Laboalbènc, Traité d'analomie pathologique^ Paris, 1879, pag9 93i.
DES TUMEURS. Wl
Vircbow croit que, dans les os, ils se déTeloppeat aux dépens Ilots de cellules qui n'ont pas pris part au développement
e l'organe ; il est donc pour ces tumeurs d'accord avec
obnheim.
Les enchondromes peuvent s'infiltrer de sels calcaires; cette
tëration débute par la centre.
Ces tumeurs sont ordinairement, mais non constamment
énigaes, car on les voit parrois se généraliser.
C. TMMenn oaaeKM*. — Oitéomei. — Les néoformations de ssu osseux se développent le plus souvent sous l'influence d'une laladie infectieuse, d'une inflammation ou d'une irritation icale ; on observe cependant parfois de véritables ostéomes ; lur structure est celle du tissu osseux ; on distingue l'ostéome impact, l'ostéome spongieux et l'ostéome éburni.
Ces tumeurs se rencontrent le plus souvent dans le système sseuz, quelquefois dans ta dure-mère, les aponévroses et les luscles. Elles ne se généralisent pas.
D. Tamcnrs HawdUlrM. — Myàmes. — Les fibres mascujres striées et lisses peuvent constituer les éléments fondamen- (ux de tumeurs que l'on appelle rhabdomyomes et Uiomyomes.
a. Les rkabdomyomei n'ont été observés que très exception-
if. llj. — Léiomyoïne; poyaui coloréi ptr la etrminiceui dont la formée» ronde repréientant la leclion transTenxle de cei» qui aont alloDgâi. GrotilMement 150 (Perl>).
lellement ; on en a trouvé dans la langue et dans le cœur hei des enfants nouveau-nés.
HAUorxAD. — Pttliologie Bdn4nle. 26
4ffi DES PROCESSUS MORBIDES.
b. Les léiomyomet se rencontrent au contraire très fréquemment dans l'utérus et la prostate, quelquefois dans le tube digestif ou dans les parties des téguments externes qui sont riches en flbres lisses.
Ils sont formés d'éléments très analogues aui flbres muscï-
Fig. lie. — Cellulei miucDUIrei d'an lâiomyorne iiolées pv U pnUiH'
laires lisses (Hg. 115 et 1]6); une enveloppe conjoncliTe les circcDscrit ; le plus souvent on trouve aussi entre leurs éléments prop» des tractus conjoncliTs. Ce sont donc, à proprement parler, dii fi bro-my ornes. Ces productions sont d'habitude pauvres en ni^ seaux ; quelquefois cependant elles renferment des capill^^e dilatés et des espaces lymphatiques qui, en convergeant, pavent former des cavités kystiques (myomes cavemeui '■ kystiques).
Ces tumeurs, considérées en elles-mêmes, sont bénignes;'! les a vues cependant se généraliser. Lancereaux en rapporI«Q exemple dans son allas (1).
E. Tamenra T*Kal«lrea. — a. Angiomes. — Les anfion)» sont des tumeurs constituées par des vaisseaux de nouvelle formation ; on en distingue deux variétés : l'angiome eapillainit l'angiome caverneux.
(i) LancerMui, allai d'analomie pathologique.
DBS TUMEURS. 403
L'angiome capillaire se rencontre très fréquemment chez les nouveau-nés sous forme de petites taches plus ou moins saillantes. Il siège habituellement à la tète; souvent il occupe les muqueuses. L'examen histologique montre qu'il est formé principalement de capillaires à parois épaisses, diversement contournés et séparés par une quantité variable de tissu conjonctif.
L'angiome caverneux est le plus ordinairement sous-cutané ; mais il peut occuper également les viscères et particulièrement le foie ; il apparaît dans les premiers temps de la vie ; il semble, dans beaucoup de cas, se développer aux dépens d'un angiome simple. Sa structure est alvéolaire. Les cavités remplies de sang représentent des capillaires, car elles communiquent avec les artères et les veines ; leurs parois sont formées de tissu fibreux et tapissées par un endothélium semblable à celui des veines (Çornil et Ranvier). La plupart de ces tumeurs peuvent être distendues et grossies par le sang qui s'y accumule, soit qu'il y afflue en plus grande quantité, soit qu'un obstacle s'oppose à son écoulement par les veines.
b. Lymphomes. — Les /^/^Aomes sont des tumeurs constituées par l'hyperplasie du tissu des ganglions lymphatiques. Il faut se garder de les confondre avec les phlegmasies de ces organes et avec les néoplasies infectieuses qui s'y développent fréquemment; il faut également, suivant nous, en distraire les adénopathies multiples de la leucémie, car il ne s'agit pas là de tumeurs qui se généralisent, mais d'afTections simultanées des ganglions qui se produisent sous une influence générale, peut-être de nature infectieuse (Gohnheim). De même les néoformations de tissu lyrophoïde, qui se développent dans la peau et ont été décrites par les dermatologistes sous le nom de mycosis fongoîdes^ ne peuvent être considérées comme des tumeurs, par cette raison que le plus souvent elles disparaissent spontanément au bout d'un laps de temps variable.
Les véritables lymphomes se développent primitivement dans les ganglions lymphatiques pour se généraliser ensuite. Ils sont formés de tissu adénoïde semblable à celui de ces organes ; on y voit un réticulum infiltré par de nombreuses cellules très analogues aux globules blancs, et beaucoup de vaisseaux. Bans certains cas, les cloisons sont épaisses et les trabé-
cules plus volumineuses ; la tumeur prend alors le nom de lymphb-sarcome ; elle a plus de tendance à se généraliser.
On a observé des lymphomes du foie, de la rate, de Tinieslin et de la peau, mais, nous le répétons, on a compris sous ce nom des néoformations adénoïdes qui n*ont pas les caractères des tumeurs et qu'il importe d*en distinguer.
Les lymphomes dégénèrent et s'ulcèrent rarement.
§ 2. •— Tameurs provenant des feuillets externe et interne
da blastoderme.
A. Tumeurs épithéllsles. — Ces tumeurs peuvent se développer aux dépens des épithéliums de revêiementou àceuxda épithéliums glandulaires. Leur structure peut être analogue à celle du tissu d'où elles proviennent ou en différer.
On décrit sous le nom d'épUhéliomes un certain nombre de productions que nous nous refusons à considérer comme dts tumeurs : telles sont le moUuscum contagiosum, les cors, les verrues et Ticthyose ; ce sont là des néoplasies nées soqs rinfluence d'irritations réitérées, d'un agent spécifique, ou don vice congénital dans la nutrition do la peau et non des tumeur telles que nous les avons définies.
a. Adénomes. — Les adénomes sont, comme leur nom l'indique, des néoformations de tissu glandulaire. On distingue des adénomes acineux^ des adénomes tubuiés et des adénomes kystiques.
Les adénomes acineux se rencontrent surtout dans la mamelle, dans les glandes sébacées et sudoripares (Broca et Yemeaii . dans la parotide, dans le voile du palais et dans le pharynx; ils se composent de culs-de-sac glandulaires que remplissent des cellules analogues à celles de l'organe dans lequel ils se * développent ; ils sont entourés de tissu connectif.
Généralement de petit volume, ils s'accroissent lentement, ne s'ulcèrent pas et ne se généralisent pas ; leurs éléments peuvent subir la dégénérescence graisseuse ou colloïde.
Les adénomes cylindriques se développent surtout aux dépens des muqueuses des fosses nasales et de l'utérus ; on les rencontre aussi dans le tube digestif. Les tubes glandulaires t sont souvent, d'après Ciornil et Ranvier, trois à quatre fois pins
grands que dans lea glandes de ces organes. Kelscb, Kiener et Sabourin (i) ont décrit sous le nom à'adénome du foie une néoplitsie qui coïncide avec une cirrhose annulaire et avec une thrombose de la veine porle ; elle se présente sous la forme de nodules dans lesquels on trouve des pseudo-canalicules biliaires dissociés parla cirrhose et aboutissant à de larges espaces remplis de cellules épithélioïdes ; beaucoup de rameaux de la veine porle sont obstrués par les mêmes éléments : s'il s'agit U de cérilables tumeurs, on peut dire qu'elles diflirent de toutes les autres par leurs rapports avec les lésions pblegmasiques et leurs ramifications dans l'ensemble des'canaux portes.
Fig. 111, — CarciiiDma épilhélial du clUori*. On ToUd«» tmi* de cellule* dpiilijlitJes diposéi dam le Umq conjonctir qu'ioAlirent de petîiei cellnlei. GroMlMement 350 (Perli).
Nous devons dire cependant que M. Sabourin a décrit également dans le rein des adénomes & cellules tantôt cubiques,
{1} a^tboarla.Eisaiiurtadénomtdufou, thèse de Ptrii, 18SI.— Herklen,
S'ir un cai de eirrhote alrophique avtc adénome ginéraliie du fait [Htvue de
•"tdrcmt, |gî31.
tantAt cylindriques dont il rattache le développemeat à 11d-
flammation chronique de l'organe.
Les adénomes peuvent se transformer en ki/ita remplis de aiatiëre colloïde. Ces tumeurs sont bénignes comme les précédentes.
b. Épithéliomes atypiques (cancrotdes et earcmomes). — Noos les diviserons, avec Lancereaux, en épithéliomes pavimmtmi. cylindriqtiei et glandulaires Jf ).
a'. — VépilbéUome pavimenleux est la tumeur connue sonstt nom de cancrotde ; on l'observe surtout aux lèvres, & la lingoe. dans l'œsophage, au col de l'utérus et dans la vessie. Elle k compose de lobules que sépare uo stroma conjonctif fibtciu ou embryonnaire.
On trouve, à la périphérie de ces lobules, des cellules cflia-
(I) Nous diMlngDoni cea tnmeun des précédentes pour nom coafonHrl Il description qn'en donnent li plnptn des kuieore, saat nont diMlonkra qa'il ; a d'arbitnira dans celte iiSparftion.
DBS TUMBURS.
Iriqnes, plus au centre des cellules dentelées, semblables à elles de l'épiderme, et dedislaDce en distance un globe épiderlique formé lui-même de cellules épidermiques agglomérées D coucbes concentriques ; la forme et les dimensions des celiles sont très variables. Ces tumeurs prennent souvent un spect corné. Elles se développent par bourgeonnement des ouches profondes de l'épiderme ou des épithéliums. Les éo-formatioDS pénétrent dans le tissu sous-jacent et s'y dévetppent; elles ont tendance à s'ulcérer et à s'étendre ; quelque-
Fig. 119. — Ëpitbélium plat d'on nrcinoma dn corps tIi;roIde (*).
ois cependant leur accroissement est extrêmement lent ; !ur marche parait subordonnée au degré de résistance que les is$us ambiants opposent à leur envahissement ; leur généralialion est exceptionnelle. Elles subissent souvent la dégénères- «nce graisseuse ou colloïde, quelquefois la dégénérescence Duquense.
On ne les observe guère que chei les vieillards ; elles se direoppent souvent chez l'homme à la lèvre inférieure et l'on a idmis qu'elles pouvaient être le résultat de l'irritaliou provoquée Ar le contact de la pipe ou du cigare, mais on a souvent conoDdu avec elles de simples proliférations épilhéliales qui Fsteot toujours localisées et doivent en être distinguées. D'après Lancereaux, il peut se développer dans la choroïde des
0 "t ullnlM inpirpoidei. GroHlMemeat 230 (Perl*).
DES PROCESSUS NOHBIOES.
épïthéliomes mélaniques dont la malignité égale ceUe des sarcomes de même origine.
b'. — L'épithéliomecyftWrt^ue se rencontre dans les organe! recourerts d'an épitbélium de cette forme, tels que la muqueuse gastrique, certains conduits glandulaires, et la vésicalt biliaire ; on peut en obtenir des préparations très analogues i celle que donae la muqueuse normale ; leur structure estalièc-
laire. Ces tumeurs ont une marche envahissante ; lears élémeoL' se propagent suivant les interstices conjonctifs celles amèneni par compression l'atrophie des fibres musculaires, perrorenll^ vaisseaux, s'étendent aus ganglions voisins et souvent à d'autr» organes; comme les cancrotdes, elles peuvent subir la dégéotrescence muqueuse et colloïde ; elles s'ulcèrent souvent, etoni une grande puissance de généralisation (Ug. 120).
c'. — VépitAéliome glandulaire kétéiotnorphe consUtue la grande majorité des tumeurs connues sous le nom de carânoim, c'est du moins, depuis les travaux deThierscti et deWaldever. l'opinion de la plupart des auteurs (I). 11 faut reconnaître
(1) H. la profUBADr Sipp«f, dani une ricenie cammoniutioo k l'Aodt mte dei BcieDcei, a émli l'opialon que let cellule» e<ncéren»et sont ift ^ traies blanci dégénéré» ; il ixM attendre des recherches de contrôle poar k prononcer définitivement sur les vue* tontea perMDDellci da tamot inilin-
^^pendant qne les sarcomes peuvent offrir la plus grande rea*
'iK' tll. — Gvcinome de la mimelle; les Intenlica* du listu conjonctiftont nmpUi de callnlei circinomttease*. GroMiMemaDt 150 (préptration d« Pub, tnitée pu l'hématoi; llne)-
4tO
DES PROCESSUS HORBIDBS.
semblance avec ces épithéliomes quand ils sont foraiés d'alvéoles reoreriDant des amas de cellules endothéliales.
L'épithéliome glandulaire nait sans doute des mCmes éléments que l'adénome, mais tandis que, dans celui-ci, lesacin: se reproduisent avec leur structure normale, dans celui U, \à bourgeons épithéliaux pénètrent dans les Tentes lymphatiiu» et les interstices du tissu conjonclif qui prolifère, prend pi:>
à la constitution de la tumeur et Torme les parois d'alvi'"]e> dans lesquels sont incluses les cellules épithéliales ; le sIto^> peut être constitué par du tissu fibreux ou du tissu embn>:>nnaire (Qg. 121 et 122).
Les cellules prennent les formes les plus variées : générait^ ment de grandes dimensions, elles peuvent 6tre polygonalearrondies, rusiformes ou en raquette, contenir un ou plll^ifu'^ Dojaux, des granulations graisseuses ou de la matièrj coîltiJ^ de nombreux vaissenux circulent dans le stroma.
In distingne diveraes variétés de ces tumeurs. Quand le
Flg. 1J3. — Trame et cellutea du cvcinoma (*]• orna très développé circonscril des alvéoles petits et penfer-
Fig. [34. — Strom* d'un carcinome glandulaire mon (**)•
ant pea de cellules, le néoplasme s'appelle fquirrke; il prend
") b, doUona formfea de Uain conjonctir. — d, cellulei. — e, une cellule ^tiCDl«Dia (d'apria Cornil).
.") o, coap«a de cylindres cellalaai eancdreui. — b, ralaeeani do ttrama. ' c, cfllDie rùiirorme dlendoe Iran greraalt ment d'an falacean à l'anlre, le D| da laquelle »e dépoae la aubttance fondamenUle aerrant k la formation OD nooTBia falieean de atroma. — it, Inflltration de callnln globuleoiet ut rintérianr dea Taiaceani du atroma. GrotsUaement 300.
le nom d'encéphaloide lorsqu'un stroma très mince drconscril de larges aWéoles remplis de cellules.
Si les vaisseaux sont très abondants, le carcinome est dil télangiectasigue ou hématode; souvent ces vaisseaux, bien que de calibre considérable, ont la structure des capillaires ; on conçoi; qu'ils se rompent facilement et donnent lieu ainsi à la fonnatiosj de foyers hémorrhagiques. Assez souvent la rupture se fait au niveau d'une dilatation.
Fig. 125. — Éléments du cancer coUoide (*).
Dans le carcinome colloïde^ les alvéoles sont remplis d'aoe masse gélatiniforme (fig. 125 et 126).
D'après Lancereaux, ces tumeurs diffèrent suivant Toi^e dans lequel elles se développent primitivement. Elles ont uce marche envahissante: détruisant les tissus qui lesentoareat elles se propagent par Tintermédiaire des lymphatiques aui ganglions qui les avoisinent; leurs cellules sont souvent vésicu-
(*) a, cellule Tésiculeuse contenant elle-même une cellule dane aoo inurieur. — 6, cellule Téticuleuse vide. — c, cellule Tésiculeuse contenant nt noyau sphérique. — d, cellule distendue contenant trois cellulea dans soi intérieur. — ce, cellules vésiculeuscs en voie d'atrophie. Grossissement 3^ (d*après Cornil).
DK8 TDHSURS. 413
ises ; elles pénètrent dans les vaisseaux ; puis elles sont iDsportées par les lymphatiques ou les veines en différentes rties de l'oi^anisme, et y deviennentle pointde départ de noulles aéoplasies (V. page3l9). Elles ont tendance & s'ulcérer pidement par le fait de la dégénérescence et de la nécrose leurs éléments.
Les plus riches en éléments cellulaires sont celles qui se
Fig. 136. ^ Cancer colloïde (*).
^Déraliseut et s'ulcèrent te plus vite ; il ; a un contraste à ce )înt de vue entre l'encéphalolde et le squirrhe : celui>ci, com- >5é sortent d'éléments conjonctirs réLractiles, peut amener ttrophie des organes dans lesquels il se développe. L'inllUration .1 tissu morbide dans les tissus ambiants est dans le cancer un hénomène précoce et qui explique la récidive presque cod> lante de ces productions après leur ablation. B. TaH«ar« RBrvwuca. — Névromet. — Ces tumeurs sont
•) m, clolMD flbrenie. — « iliiolH dioi loquallai k Kl (d'iprtt V. CornU].
rares. Dans les centres nerveux on peut observer des hét^rotopies de substance blanche ou de substance grise. Hiyei a étudié un cérébrome qui avait les dimensions d'une ons:: et occupait le centre de Thémisphère droit.
Les tumeurs qui se développent sur le trajet des nerfs pé:phériques sont pour la plupart des fibromes ou des myxcnië on en rencontre cependant qui renferment des fibres nerr-..ses, et on en distingue deux variétés suivant que ces fibres c:; ou non, une gaine de myéline. Ordinairement circonscrilï,* névromes se présentent quelquefois sous la forme d'épaiss^ïkments multiples, de telle sorte que l'on a sous lesyeuic réseau analogue à celui que forment les veines dans un vi'cocèle ; c'est le névrome plexiforme de Verneuil ; il e^t cr:nairement congénital. On y a constaté la présence defibrr* myéline.
Les névromes sont quelquefois très multipliés ; on en lr:'J:' alors de toutes dimensions, les uns formant des tumeurs :: 15 à 20 centimètres de diamètre, tandis que les autres pi:^* sent de simples épaississements des cordons. Ces névroi' multiples se développent souvent sous une influence hêreitaire ; dans certains d'entre eux, on a pu constater une née' 'mation de cellules ganglionnaires (Soyka) (1).
G. Tumeurs kjatiques. — Les kvsles sont des produ:L i difficiles à classer ; ils ne peuvent être tous considérés clc:.'| de véritables tumeurs; une bourse séreuse enflamm'c •< remplie de liquide (hygroma) ne constitue pas un néopldC'^ un conduit glandulaire est comprimé parla proliférationcH rétraclioa du tissu qui Tenloure et il se dilate au-dessus del ' stacle ; ce n'est pas encore là une véritable tumeur. Nou>n\8-rons donc à nous occuper ici ni des kystes rénaux et sali\i.'*' ni des concrétions produites par la rétention de la nuli' sébacée dans les follicules pileux. Les autres sont de nr.' diverse et souvent complexe; nous en énumérerons les pr:-' pales variétés.
a'. — Les loufjes sont produites par la distension des f • cules pileux; elles atteignent des dimensions considéraLl'' leur cavité est remplie d'un sébum dans lequel on trouNe -'
fl} So}ka, /^ûy. Vierltljahrscfi. 1877.
ombreuses cellules épidermiques plus ou moins altérées, b'. — Les kystes dermoïdes présentent à leur surface interne ne organisation très analogue à celle de la peau : cette surface ?t formée par une membrane conjonctive que recouvre un [)iderme stratiQé ; le contenu, analogue au sébum, renferme )uvent des poils, des dents parfois en grand nombre, des laques osseuses, des cellules épidermiques, quelquefois même ^s fibres musculaires et de la substance cérébrale. Ces kystes siègent le plus souvent, soit au pourtour de Torbite, lit au cou, soit dans Tovaire ou le testicule, soit au périnée. Le heloppement des kystes orbitaires peut s'expliquer par une iclusion du feuillet externe dans le feuillet moyen. Celui des imeurs ovariennes a été rapporté à une inclusion fœtale: lux ovules étant fécondés simultanément, l'un d'eux évoluelit incomplètement et se trouverait englobé dans la masse de ilui qui se développerait.
Waldeyer admet pour ces tumeurs le mécanisme de la pariénogenèse; un ovule non fécondé se développerait sponta- (ment et irrégulièrement ; il n'apporte d'ailleurs aucune preuve l'appui de son hypothèse.
c'. — Les kystes proligères se produisent dans l'ovaire ; ils mt généralement de grandes dimensions et toujours multilolilaires. Waldeyer a montré qu'ils se développent aux dépens e répilhélium qui recouvre la glande. D'après Malassez et de inéty, il natt de cet épithélium des bourgeons analogues à eux qui constituent chez l'embryon les tubes de Pflûger, ils ép'tent, deviennent creux et forment des culs-de-sac revêtus e cellules polymorphes ; ces culs-de-sac se remplissent de qiiide et leur cavité s'agrandit plus ou moins rapidement. — .eur paroi présente une surface villeuse ; elle est doublée extéieuremeut d'une couche de tissu conjonctif ; des bourgeons pilhéliaux nés de sa surface interne pénètrent dans' son paisseur et se transforment en kystes secondaires. Le liquide ^v&Vique contient descellulesépithélialesplus ou moins altérées, d'. — Des cavités kystiques se développent au milieu des umetirs épithéliales ou sarcomateuses ; il en est ainsi souvent '^^ kystes des testicules et de la mamelle (i).
l Brisstud, Anatomie palhofogique de la maladie kystique des mamelles Mhhes de physiologie^ 1884).