De raffalblissement des contractions cardiaques
(asystolie).
Pour que le cœur se contracte avec une énergie suffisante, faut:
i"* Que ses éléments musculaires présentent leur structure ormale ;
i' Que son appareil d'innervation fonctionne régulièrement ;
3' Qu'il y circule en quantité suffisante un sang pourvu de ^ qualités physiologiques.
On peut donc grouper les causes qui l'affaiblissent sous trois 'hefs principaux:
i' Altérations du muscle cardiaque;
2^ Troubles de l'innervation cardiaque;
S"" Obstacles à la circulation du sang dans le cœur el aUéra* tions du sang.
Parmi ces causes, celles du premier groupe sont les plus importantes ; dans la grande majorité des cas, Tasystolie provient d'une dégénérescence du muscle, et voici d'ordinaire comment elle se produit : sous l'influence d'un obstacle au cours du sang, soit dans le cœur lui-même (insuffisance ou rétrécissement), soit dans le système vasculaire (emphysème et atrophie pulmonaires, anévrysmes de l'aorte, athérome arlériel, mal de Bright), le cœur se trouve soumis à un travail forcé qui a pour but de maintenir la circulation dans ses conditions normales. Le plus souvent il y parvient d'abord, et ses diments, sous Tintluence de ce fonctionnement exagéré, s'hvpertrophient ; mais il vient un moment où ils cessent de suffire as travail qui leur est imposé ; les capillaires qui s'y distribuent ne sont plus qu'incomplètement perméables; leur nutrition s*altère par le fait de la dilatation et ils subissent une dégénérescence. C'est dans la majorité des cas^d'aprèsM. Juhel Rénoy 1 . une désintégration coïncidant avec une prolifération conjonctive ; la désintégration est, d*après MM. Renaut et Landoazj. caractérisée par ce fait que le ciment unissant les éléments musculaires a disparu et que ceux-ci se trouvent libres, sépara par le trait scalariforme d'Ëberth. C'est plus rarement nne dégénérescence graisseuse ; pourtant celle-ci a été constata par Wagner (2) dans 28 cas de lésions valvulaires sur 75 qu*il à étudiés. Il faut aussi tenir compte des troubles que peut subir l'innervation. Le cœur est vaincu dans la lutte; ses contractions deviennent insuffisantes; il y a asyslolie.
L'altération du muscle peut se produire dans d'autres conditions : elle peut être de nature inflammatoire (myocardite^ et se développer sous l'influence du rhumatisme, d'une fièvre grave ou de l'état puerpéral ; la dégénérescence graisseuse s'observe dans les cachexies ; dans certains cas, il se développe* sans lésions valvulaires, une sclérose cardiaque qui a poor conséquence l'atrophie des fibres musculaires.
(1) Jahel Rénoy, Revue critique {Archives gin^aUi de médecine), 18W.
(2) Wagner, Die Fettmetamorphose\des Herz/teitchet m Beziehung su derfs Krankheiten, Verhandi, des medic. Geselh. zu Leipzig. 1861.
CnûDy l'asystolie peut survenir passagèrement sous Tinence de fatigues exagérées; il n'y a pas alors de lésions )fondes du muscle cardiaque, mais seulement sans doute Itération réparable que le surmènement produit dans cet orle et peut-être aussi dans son appareil d'innervation. La péricardite, dans ses formes aiguGs et chroniques, s*acmpagne habituellement de faiblesse cardiaque. 7a$ystolie d'origine nerveuse reconnaît parfois pour cause empoisonnement ; elle peut être ainsi le résultat de Tintoxiion par la digitale à haute dose, le jaborandi, le cyanure de iassium, le chloroforme et les autres poisons du cœur. Slle fait partie du syndrome que nous appelons le collapsus ide et appartient comme lui à la symptomatologie de Temsonnement par le tartre stibié et du choléra. L^alTaiblissement des contractions cardiaques a pour conséences Taugmentation de la tension veineuse et ralTaiblis- Qent de la tension artérielle.
Jè ralentissement de la circulation et Texcès de teubion neuse se traduisent ordinairement par des congestions, slquefois par des phlegmasies chroniques de tous les vises, et il en résulte des troubles graves dans les fonctions ces organes.
)aDs le cœur lui-même, il se forme souvent des coagulations tkt les auricules sont le siège ordinaire et qui peuvent être le ut de départ d'embolies (Yulpian); du côté du poumon, on ^rve la congestion, surtout dans les parties déclives, Texhaion de sérosité dans les alvéoles, les petites bronches et les vres (œdème du poumon et hydrolhorax), quelquefois des iiorrhagies qui résultent plus souvent d'infarctus que de la tse veineuse.
Dans le foie, la congestion donne lieu à l'augmentation du lume de l'organe, à la dégénérescence pigmentaire des celés centrales des lobules et souvent à la prolifération du tissu «rstitiel (Talamon).
^ans les reins , le ralentissement de la circulation amène Ibuminurie en même temps que l'abaissement de la tension térielle produit l'anurie: les centres nerveux sont le siège de >ubles qui portent plus spécialement sur les fonctions intel- Huelles.
428 DBS TROUBLES FONCTIONNELS (SYSlPTOXBâ).
Le tissu cellulaire sous-cutané devient le siège, dans le^ parties déclives , d'une infiltration œdémateuse souvent considérable.
L*insufiisance cardiaque, passagère dans les fièvres, diK les cas de surmènement et dans les intoxications, devient permanente dans les affections organiques du cœur, sinon oè^k •début, du moins au bout d'un certain temps. Le sang, sî^ l'influence des troubles viscéraux que nous avons énumér», s'altère et le muscle cardiaque souffre de plus en plus dansài nutrition. Dans ces conditions, l'insuffisance cardiaque se termine nécessairement par la mort.
§ 7. — Be la lipothymie et de la syncope.
Le syndrome que l'on appelle lipothymie est caractérisé pal 'une sensation de défaillance qu'accompagne un afiaiblissemei| plus ou moins prononcé des mouvements cardiaques et ratoires; dans la fyncope, la perte de la connaissance <^omplète et le pouls ne peut plus être perçu. Il n'y a entre deux états qu'une différence d'intensité. On dit généralemd <[ue la syncope est l'arrêt du cœur ; nous verrons bientôt q« cette proposition est sujette à contestation. ,
Ces accidents s'observent dans des circonstances très â| verses : ils peuvent survenir dans les maladies du cœur, et^i •leur attribue généralement la mort subite qui emporte parfcij les sujets atteints de ces affections. On les considère comiM fréquents surtout dans Tinsuffisance aortique et dans les mj^ <;ardites.
L'anémie, quelle qu'en soit la cause, donne lieu souvent à iii -syncope ; ou voit alors assez fréquemment la perte de codd^ sance survenir au moment où le malade passe brusquemeot^i'' l'attitude assise ou couchée à l'attitude verticale. De là, larè^^ formulée parPiorry, de faire coucher les individus menacés Ai syncope. L'inanition, la fatigue et les excès prédisposent à cti accident. C'est également à l'anémie que l'on rapporte les ^yv-j copes qui se produisent alors que l'on vide trop rapidement '' péritoine ou la plèvre distendue par un épanchement coosidr fable : on conçoit que le sang, affluant en abondance dansi^ vaisseaux des organes brusquement décomprimés, o'ani^
is en quantité suffisante dans les autres parties de l'arbre cirlatoire. Ainsi agissent également les yentouses Junod et lesdiluves irritants chez les anémiques. I) n'est pas rare de voir syncope se produire pendant les saignées. Cet accident s'observe également dans la convalescence i maladies adynamiques et chez les sujets épuisés par une ëction chronique; il survient parfois dans le cours des rexies graves et particulièrement dans celui de la fièvre l>hoîde et de la variole; on Texplique alors généralement par myocardite qui se produit dans ces circonstances. Dieuby (1) a attribué la syncope qui entraîne parfois la mort des Dvalescents de fièvre typhoïde à une action sur Tinnervation cœur des excitations parties des cicatrices intestinales. La syncope est en effet parfois d'origine réflexe; c'est ainsi e la douleur provoquée par certaines blessures, par les coli» lesintestinalesetcalculeusesou par les coups sur la régions épis trique, peuvent la produire (2). 11 en est de même des émotns violentes que provoquent la peur, le dégoût et quelquefois ssi le plaisir.
On a cité encore l'helminthiase et la dyspepsie parmi les^ uses de cet accident.
Certains sujets sont atteints de syncope sous l'influence ^pressions inoffensives pour la plupart des autres, telles le l'odeur de certaines fleurs, la vue d'objets répugnants, la ose, etc., il faut admettre chez eux une véritable idiosynasie. On l'observe surtout, mais non exclusivement, chez les ivropathes et particulièrement chez les hystériques. Les accidents de la lipothymie et de la syncope peuvent se oduire graduellement ou soudainement; dans le premier s, le malade éprouve une sensation de défaillance, de Tobnulation de la vue, des tintements d'oreille ; il s'affaisse ; son telligence s'obscurcit ; il ne se rend plus compte qu'imparfaiment de ce qui se passe autour de lui ; sa face est pâle et ouverte de sueur ; assez souvent il se produit des nausées. Si Von prend le pouls, on constate que ses battements sont Faiblis, mais non ralentis. Dans la syncope, ils cessent corn-
I Dienlafoy, De la mort subite dam la convalescence de la fièvre typhoïde. On sait depuis Goltz que la percussion de la région épigasU'ique amène TTti du cœur des grenouilles.
430 DBS TROUBLES FONCTIONNELS (SYMPTOMIS).
plètement d'être perceptibles, en même temps que les monva^ ments respiratoires, d'abord faibles et superficiels, se saspea^ dent également; c'est Timage de la mort. Dans certains cas, it^ bruits du cœur cessent entièrement pendant un laps de tempi relativement considérable (Parrot) ; le plus souvent cependant 1bruit systolique reste perceptible, bien que très affaibli, la région de la pointe. Au bout de quelques minutes, les biU ments du cœur reparaissent, d'abord avec peu d'intensité, avec plus de force ; les mouvements respiratoires recom cent ; le malade reprend peu à peu conscience de loi-mèiDe Taccident laisse à sa suite une sensation de fatigue et un éii de stupeur qui d'habitude se dissipent rapidement.
La syncope est une cause relativement fréquente de œcc subite, surtout dans rinsufûsance aortique et dans les fièrm elle peut entraîner la formation de caillots dans le cœur.
La physiologie des troubles qui la caractérisent n*est que irè incomplètement faite ; nous avons vu qu'ils intéressent coDcor remment le cœur et Tencéphale. Depuis F. Hoffmann on cocâ dère comme primitifs les troubles de la circulation. On admei que les contractions cardiaques, en s*arrêtant, produisent là némie du cerveau et par suite la perte de connaissance. >'oa ne contestons pas que dans un certain nombre de cas iei choses ne doivent se passer de la sorte ; quand un convalescent dii fièvre grave ou un malade atteint d'une affection cardiaque meoil subitement, il est probable que c'est par arrêt du cœur; mé» il est beaucoup moins certain que les syncopes que Tos observe le plus souvent, celles qui surviennent chez les sojets nerveux, sous Tinfluence de la chaleur, de certains parfums «)c d'une émotion, et qui ont surtout servi de modèle à la description classique du syndrome, reconnaissent le même moé* de production.
Plusieurs de leurs caractères ne s'expliquent pas sulfissiDment par l'arrêt des contractions cardiaques. Il en est ainsi par exemple de la pâleur de la face ; ordinairement Tasystolie a pom conséquence la congestion et non Tanémie des téguments; eli* produit de plus la dyspnée avec congestion pulmonaireet dog Tapnée. On peut voir d'ailleurs, d*après Spring, la connaissance persister avec un affaiblissement considérable des battemejit^ du cœur, tandis que dans la lipothymie la sensation de défaii-
ince est le phénomène initial. Ce n'est donc pas sans raison ne cet auteur se refuse à rattacher tous les phénomènes des rncopes à un arrêt du cœur ; il croit à un trouble de i'inner* ition vasomotrice, sans en spécifier la nature. Un spasme îflexe des artérioies encéphaliques pourrait rendre compte de
I pâleur de la face et des troubles psychiques.
L'arrêt du cœur peut être attribué, lorsqu'il se produit dans le )urs d'une myocardi te, à la paralysie musculaire, bien que Ton ne )mprenne pas bien pourquoi en pareil cas l'arrêt est subit. Le ouble de l'innervation qui en est la cause prochaine dans les rncopes réflexes ne peut être déterminé ; on ne peut invoquer Qe excitation du nerf vague, car les contractions ne sont is ralenties, mais aiFaiblies. L'hypothèse la plus vraisemblable [>as parait être celle d'une action d'arrêt sur les ganglions autoùteurSy mais ce n'est qu'une hypothèse.
II résulte de cet exposé que Ton confond probablement sous nom de syncope des états difiérents, et que l'arrêt du cœur
ai amène la mort dans la variole ou la fièvre typhoïde ne se roduit pas suivant le même mécanisme que celui qui survient xidentellement chez les névropathes et les anémiques.
Les artères ont pour fonctions de transformer par leur élastité le mouvement intermittent que le cœur communique à >ndée sanguine en mouvement continu et surtout de régler ir leur contractilité la quantité de sang qui pénètre dans chaque scère.
Quand l'élasticité est affaiblie, comme dans le cas d'artérite ironique, l'impulsion cardiaque se fait sentir beaucoup plus lin qu'à l'état normal dans l'arbre artériel et peut favoriser rs ruptures vasculaires.
Les modification» dans Tétat de contraction des artères ont ne tout aulre importance. II est généralement admis que les irois de ces vaisseaux reçoivent deux ordres de nerfs, les vaso- DHbtricteurs et les vaso-dilatateurs.
L'excitation des vaso-constricteurs diminue l'afflux du sang ans la partie où se distribue le vaisseau et en produit ainsi anémie; les combustions y étant moins actives, la température
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s'y abaisse ; le sang y arrivant sous une tension moindre tend i stagner dans les veines et communique aux tissus une Ulat? cyaniqtie ; les sécrétions y sont amoindries et les fonctions m.> actives. Gel élat se produit le plus souvent par voie d'eiciUtio: réflexe; c'est ainsi que Tirrilation Violente de la muqueuse i> testinale dans les empoisonnements par l'arsenic el par : tarlre sLibié de même que dans le choléra semble proTo^:-* l'excitation des vaso-constricteurs dans les téguments et .^^ principaux viscères. L'action du froid excite, surtout chez -r sujets prédisposés, la vaso-constriction des extrémités et :: produit le refroidissement et la teinte pâle et asphyxique a^^ des sensations douloureuses (onglée); l'excitation, en sepn:'. : géant, peut aboutir au sphacële (gangrène des extrémités y Raynaud). L'anurie des hystériques peut être vraisemblii: ment rapportée à l'excitation des vaso-constricteurs des rti>
Ces actions vaso-constrictives sont utilisées en tbérap^ que ; c'est en effet, selon toute vraisemblance, en faisant : tracter par action réflexe les artères du poumon, et en débrr^ sant cet organe du sang qui y afflue en excès, que l'irritai: • des voies digestives par l'ipéca et le tartre stibié agit ùv blement sur les phlegmasies broncho-pulmonaires.
On sait, depuis Claude Bernard, que la paralysie desvaso-:> tricteurs produit la dilatation des vaisseaux avec ses con>é«^ -sces, raugmentalion de la chaleur, l'injection et la tuméfa : des parties. Les mômes phénomènes peuvent être prodUi.."^' l'excitation de nerfs dits vaso-dilatateurs^ excitation qui ;*a agir sur les vaso-constricteurs par une action d'arrêt ce:. ■ rable à celle du pneumogastrique sur le cœur (1).
La paralysie des vaso-constricteurs s'observe dans la pli-"des afl'ections qui interrompent la continuité des conducu nerveux ; on a fréquemment l'occasion de l'étudier dzi- ' hémiplégies; un examen attentif montre que le plus ordic. ment les téguments des parties paralysées sont injectés, lé. * ment tuméfiés et plus chauds que ceux des parties symélri;
Les excitations vaso-dilatatrices peuvent avoir les poin^départ les plus variés : les rougeurs émotives, celles qui au ■ piignent les névralgies dentaires et le début de la pneumc-'^
^1. Vul])ian, Lerons sur t'ap/jareil laso-woleur. Paris, 1870,
ont des exemples; ces excitations semblent jouer le rôle irincipal dans les congestions et peut-être aussi dans lesphlegaasies a frigore.
Les troubles vaso-moteurs peuvent être d*origine toxique ou [ifectieuse ; on est en droit de leur rapporter les éry thèmes médiamenteux; ainsi l'inhalation de quelques gouttes de nitrite ['amyle les produit à coup sûr avec une grande intensité dans ezlrémité céphalique. Ils interviennent pour une large part ans les éruptions des pyrexies.
La dilatation des artères, en augmentant Tafflux du sang ans un organe, y amène Tinjection des capillaires et souvent ne exsudation plasmatique et globulaire qui s'infiltre dans les issus ; elle favorise le développement de Tinflammation, si elle e suffit pas à la produire ; elle peut à la longue amener des roubles de la nutrition dont elle augmente Tactivité.
Dans certains cas, la congestion provoquée par la paralysie es vaso-moteurs est assez intense pour qu'il se fasse des rupires capillaires ou une diapédèse de globules rouges; c'est insi que Ton explique les bémorrhagies qui^surviennent sous influence de troubles de l'innervation, les sueurs de sang écrites par M. Parrot (1), et, d'après M, Vulpian, les hélorrhagies supplémentaires que provoque la suppression du IX menstruel.