CHAPITRE II
TROUBLES DANS LES FONCTIONS DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE ARTICLE 1*'. — TROUBLES DANS LES SÉCRÉTIONS NASALES.
A l'état normal, la muqueuse nasale sécrète un liquide qai. mélangé aux larmes, se solidifie souvent sous forme de concrétions peu volumineuses ; cette sécrétion, s'exagère soas ficfluence des irritations directes ou réflexes que subit la membrane, et en même temps, elle se modifie en devenant pia» claire et plus ténue. L'inhalalion de vapeurs ou de poussière» irritantes d'une part, l'action du froid de l'autre, sont les causes les plus habituelles de cette hypercrinie. Quand elle est de causé réflexe, son point de départ est le plus souvent le sommet de la tète ; beaucoup de personnes ne peuvent rester tète nue dans un milieu frais sans qu'elle se produise ; chez d'autres, l'aclioD directe des rayons solaires a le mèmer eiFet; c'est surtout chei les asthmatiques que l'on observe ces accidents; ils se produisent brusquement et précèdent ou remplacent l'accès. Us spores des plantes odoriférantes des gazons semblent avoir 1^ même action ; telles sont les poudres d'asarum, de marjolaine, de muguet et d'iris ; c'est à leur présence dans l'atmosphère que l'on rapporte généralement Taffection connue sous le noai de coryza des foins (1).
Cette hypercrinie s'accompagne souvent du réflexe qui porte le nom û*éte7*nuement ; il débute par une sensation de chatouillement dont le siège est la muqueuse nasale; puis survient ud« inspiration involontaire bientôt suivie d'une expiration brusquât explosive, pendant laquelle la voie buccale s'est fermée à 1^ colonne d'air, de telle sorte qu'elle passe tout entière par 1^' fosses nasales qu'elle balaye pour ainsi dire et débarrasse de? mucosités qui y sont contenues. Ces hypercrinies ne sont p nécessairement de nature phlegmasique ; elles peuvent, alo^ même qu'elles atteignent un haut degré d'acuité, ne dure*
(1) Dieulafoy, Manuel de pathologie interne, Paris, 1880.
que quelques heures ; il semble qu*elles soient dues surtout à une excitation des nerfs sécréteurs et peut-être aussi des vasodilatateurs de la muqueuse nasale.
La phlegmasie de la pitui taire que Ton appelle le coryza se produit rarement sous Tinfluence directe des substances irritantes. Sa cause la plus ordinaire est le froid ; on la voit survenir également dans certaines maladies infectieuses, particulièrement dans la rougeole, dans la grippe, dans la diphthérie où elle offre des caractères spéciaux, et dans le typhus exanthématique. Ses caractères varient dans ces diverses circonstances. Dans la phlegmasie a frigore, le liquide, d'abord clair, ténu et abondant, se trouble, devient opaque et jaunAtre et prend bientôt les caractères du muco-pus ; il forme alors en se desséchant des croûtes épaisses qui obstruent les narines.
Les fosses nasales exhalent chez certains sujets une odeur fétide, c'est le symptôme connu sous le nom à'ozène; il est souvent sous la dépendance d'une affection scrofuleuse ou syphilitique du squelette ; on réserve plus particulièrement la dénomination d*ozène vrai pour désigner les cas dans lesquels il n'y a pas de lésions ulcéreuses de la muqueuse. On a reconnu, daus ces dernières années (1), que la maladie parait alors caractérisée anatomiquement par la petitesse excessive des cornets; les dimensions du sinus se trouvant agrandies, le courant iairexpiratuire n*est plus assez puissant pour amener l'expulsion ks mucosités nasales, d'où l'altération de ces produits et leur fétidité ; on trouve, en même temps, la muqueuse enflammée, mais on tend généralement à considérer cette altération [^omme une conséquence de la petitesse congénitale des cornets; la disparition de l'odeur quand on rétrécit artificiellement le sinus à l'aide d'un tampon (Goltbtein) peut être involuie en faveur de cette théorie.
M. Lcewenberg (i) a constaté la présence, dans tous les cas i ozène vrai qu'il a examinés, de gros micrococcus agglomérés >ar deux, ou multiples de deux.
1 U. Cainaeite, Analyses des travaux de Michel, ZaufaI et Gottstein, etc. ^fiuf det sciences médicales, 1880.
i3; Communication orale.
436 DES TROUBLES FONCTIOaNNELS (SYMPTOMES).