ARTICLE II. — DE L'ÉPISTAXIS
Cette hémorrhagie est de toutes la plus fréquente; elle a le plus souvent pour siège les vaisseaux capillaires; quelquefois cependant, alors même qu'elle survient sans traumatisme, elie provient d'une artériole. Le sang s'écoule par les orifices antérieurs et postérieurs des fosses nasales; il a tendance i se coaguler, mais, dans le cas d'hémorrhagie abondante, les caillots qui commencent à se former se trouvent incessamment entraînés; quand le sang est dégluti, il provoque assez soutent le vomissement; l'écoulement peut être assez abondant pour amener un état d'anémie profonde et même la mort si l'on n'intervient pas.
Le mode de production de l'hémorrhagie ne peut être déterminé avec précision dans tous les cas. Elle est assez souvent d'origine' traumatique; les déchirures de la muqueuse et les contusions du nez en sont fréquemment la cause.
D'autres fois on peut invoquer une augmentation de la tension vasculaire. Dans les affections cardiaques et pulmonaires, elle reconnaît pour cause la stase dans la circulation veineuse ; cho les brightiques, la tension artérielle est augmentée en même temps que, dans bien des cas, les parois vasculaires sont altérées. Ces deux causes concourent à produire Tépistaxis comme d'autres hémorrhagies. Les épîstaxis, qui, chez certaines femme?, paraissent remplacer le flux menstruel, peuvent être rapportées à une augmentation de la masse du sang ; cette même cause peut rendre compte de leur grande fréquence chez le5 adolescents; comme nous l'avons indiqué déjà, on peut supposer avec vraisemblance que le développement des éléments dusanf est, chez ces sujets, relativement plus rapide et plus actif qoe celui du système vasculaire^ d'où une disproportion entre le contenant et le contenu, une augmentation relative de la masse do sang et une tendance aux hémorrhagies; Grandidier explique par ce même mécanisme les hémorrhagies des hémophiles. Ctei les leucémiques, l'obstacle mécanique est local ; il est constitué par la formation dans; les veinules ou les artérioles de cooglomérats de globules blancs qui amènent des troubles locaux de
la circulation et sans doute aussi des changements dans la tex-> ture des vaisseaux.
Les épistaxis que Ton observe au début des pyrexies peuvent s'expliquer par un trouble dans V innervation vaso-motrice^ ou par une modification dans la nutrition des petits vaisseaux; il en est de même pour les épistaxis de la maladie de Werlhoff. Le trouble dans la nutrition des vaisseaux parait jouer le rôle dominant dans la genèse des hémorrhagies du scorbut et dans celles qui surviennent sous Tinfluence des maladies du foie. Nous rapportons à la même cause les épistaxis abondantes qui chez les vieillards précèdent souvent les thromboses et les hémorrhagies des artères encéphaliques; elles ont vraisembla* blement pour siège des artérioles dont les parois altérées se laissent facilement déchirer.