‹ Traité élémentaire de pathologie générale; comprenant la pathogénie et la physiologie pathologiqueChapitre 12 sur 198 · DU TEMPÉRAMENT · texte numérisé non relu

DU TEMPÉRAMENT

Celle dénomination et l'idée qui s'y rattache viennent des anciennes théories humorales; si les éléments constitutifs des humeurs étaient dans de justes proportions, se tempérant les uns les autres, le tempérament était parfait ou hygide; si l'un d'eux prédominait, et l'on admettait que c'était la règle, le tempérament prenait le nom de l'humeur en excès; on reconnaissait ainsi quatre tempéraments principaux, le sanguin, le bilieux, le pituiteux ou phlegmatique et Y atrabilaire ou mélanco- Uque; ils se combinaient entre eux pour constituer des tempéraments mixtes. La description a survécu à la théorie.

Pour la plupart des auteurs, le tempérament est caractérisé, non plus par la prédominance d'une humeur, mais par celle d'un système organique, et les tempéraments pituiteux etatrabilaire ont pris les noms de tempéraments lymphatique et nerveux. Ces dénominations ne valent guère mieux que celles des anciens, car on ne connaît pas en réalité la caractéristique physiologique des manières d'être auxquelles elles s'appliquent. Il est incontestable qu'en dehors des différences de forces qui caractérisent la constitution et des prédispositions morbides que l'on nomme diathèses, l'organisme humain peut présenter dans son type général des variélés qui méritent

H ÉTIOLOGIE.

d*âtre distinguées et qui peuvent exercer une influence sur le mode de réaction quMI oppose aux causes morbifiques; les tempéraments représentent ces variétés du type physiologique. Leur étude est encore très imparfaite; les caractères que leur attribuent les classiques n'ont rien de spécial ou sont d*importance secondaire; certains d'entre eux semblent appartenir à la race, d'autres comptent parmi les manifestations diathésiques, de telle sorte qu'il est difficile de discerner le fond de vérité qui subsiste dans ces descriptions. C'est sous la bénéfice de ces réserves que nous indiquerons, d'après les classiques, les principaux traits des divers tempéraments.

Le tempérament sanguin est caractérisé par une peau douce, blanche et légèrement rosée, plus prononcée à la face, des cheveux chàtainsetsouples, un embonpoint modéré, une circulation active, un sang riche et abondant, un caractère vif et généralement gai ; il prédispose, dit-on, à la pléthore, aux congestions, aux phlegmasies et aux hémorrhagies.

Le tempérament bilieux a pour caractère principal, non l'activité anormale de la sécrétion biliaire, mais une forte pigmentation des téguments ; les cheveux et les yeux sont noirs, le teint est brun, le système pileux est très développé et le foie gros ; le système veineux prédomine sur l'artériel. Ce tempérament prédispose aux affections du foie et des voies digestives.

Le tempérament dit nerveux, mélancolique ou atrabilaire semble se rattacher ordinairement au précédent auquel s'ajoute une exaltation des fonctions nerveuses; il prédispose aux maladies nerveuses.

Enfin une peau fine et pâle, des cheveux blonds, des 3'eux bleus, des chairs molles et des fonctions peu actives sont les Httributs du tempérament li/mphatique qui passe pour prédisposer à la scrofule, à la phthisie et au rachitisme.

On voit tout ce qu'il y a de vague dans ces descriptions.

L*étude des différents types que peut présenter l'organisation

humaine est à reprendre tout entière en tenant compte de

. leurs rapports avec les origines ethniques, avec les diathèseset

avec le développement des différents systèmes organiques.

DKS APTITUDES MORBIDES. ^5

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