‹ Traité élémentaire de pathologie générale; comprenant la pathogénie et la physiologie pathologiqueChapitre 150 sur 198 · ARTICLE II. — CARACTÈRES DE LA FIÈVRE · texte numérisé non relu

ARTICLE II. — CARACTÈRES DE LA FIÈVRE

Les modifications que subit la température dans une maladie fébrile peuvent être partagées en plusieurs périodes.

La première est appelée par Wundêrlichle stade pyrogénétique ^ elle pourrait également être dite ascendante ; sa durée varie de quelques heures à plusieurs jours ; lorsqu'elle est courte, il se produit presque toujours un frisson ; ce mode de début appartient aux fièvres palustres, à la pneumonie, à la variole, à la scarlatine, à la fièvre récurrente et aux septicémies. Le frisson <^e produi t également lorsque, dans le cours d'une maladie fébrile, la température, abaissée artificiellement et passagèrement par une intervention thérapeutique, s'élève de nouveau. Dans nos recherches sur l'action antipyrétique du corps introduit dans la thérapeutique par M. Filehne sous le nom de chlorhydrate de kairine méthylique^ nous avons vu constamment, comme ce phy-

(1) W. Filehne, Berlin, kUn. Worhensch. 1882-1883. — H. Hallopeiu, Sur un nouett antipyrétique^ te chior hydrate de kairine {Butletin de la Société det hôpitaux et Union médicale. 1883). — Hallopeau et Giret, Sur Vaction physiologique du chlorhydrate de kairine [Bulletin de ta Société de bioloyie, 1883).

siologiste, les malades éprouver un frisson intense quand li suppression brusque du médicament permettait à la température de s*élever rapidement.

Pendant ce stade fébrile, les malades éprouvent une sensati : de froid plus ou moins vive, leurs traits s'altèrent et semblei se rétracter; la face et les extrémités pâlissent et se cyano^^eDt: les membres et souvent aussi le tronc et la tête sont animés de secousses qui se renouvellent à de très courts intervalles el prduisent ainsi une sorte de tremblement général ; quand il affeiles muscles de la mâchoire, ce tremblement donne lieu ac claquement des dents et le malaise est considérable ; la durée a ces accidents varie de quelques minutes à une ou deux heurts

Le frisson parait dû à la contraction des artérioles cutanées et à l'écart qui en résulte entre la température de la peauelU température centrale. L'existence d'une augmentation de \i chaleur du corps pendant ce stade de la fièvre, indiquée en 17^6 par de Haen, puis tombée dans Toubli, a été mise en relief en iSo.^ par M. Gavarret (1).

L'élévation lente et progressive de la température, telle quV:. l'observe dans la fièvre typhoïde, ne donne pas lieu ordinairement au frisson, et, si ce phénomène se produit, il est trr passager et peu prononcé; le maximum thermique n*est atlelLi alors qu'au bout de plusieurs jours; chaque matin, il se fait ul abaissement, ordinairement moindre que celui du jour précr dent ; chaque soir, la chaleur s'élève plus que la veille. Cette marche appartient à la fièvre typhoïde, à la rougeole, auxphle: masies broncho-pulmonaires et au rhumatisme articulaire.

Dans le deuxième stade, appelé fastigium, Télévalion thermique atteint son maximum.

La durée de cette période varie de quelques heures (fièvre: palustres) à plusieurs semaines (fièvre typhoïde); la température est loin d'y être stationnaire : en premier lieu, ellr présente le plus souvent l'oscillation diurne causée par rabaissement du matin ; souvent aussi le maximum vespéral change d'un jour à l'autre et présente des élévations passagères; tantôt la température oscille autour du chiffre qu'elle a atteint à la

(I) J. Gavarret, Recherches sur la température du corps dans la fèz^ intermittente (V Expérience, 1889).

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