‹ Traité élémentaire de pathologie générale; comprenant la pathogénie et la physiologie pathologiqueChapitre 163 sur 198 · DE U CONVALESCENCE · texte numérisé non relu

DE U CONVALESCENCE

des maladies qui ont provoqué des troubles de la santé générale. On peut admettre qu'elle débute au moment où la défervescence est complète, bien que les lésions puissent persister encore un certain temps après.

Sous rinfluence de la fièvre, de rinanition, de la perte de matériaux organiques et de Tallération des organes hématopoiéliques (G. Sée), il s'est produit de Tamaigrissement, une prostration des forces et une dégénérescence de tous les tissus ; dans le cas où la maladie a été grave et de longue durée, le sujetestp&le et amaigri; sa voix est souvent affaiblie; le moindre effort musculaire lui est pénible; s'il veut se lever^ il chancelle comme le ferait un homme ivre, la tôte lui tourne et il tomberait s'il n'était soutenu; il a peine à rester longtemps assis.

On peut noter souvent un affaiblissement des facultés intellectuelles; la lecture ne peut être continuée que pendant quelques instants; la puissance d'attention est surtout atteinte (Brochin) ; certains malades ont perdu la mémoire.

La sensibilité psychique est accrue ; les sujets s'émeuvent facilement; ils sont impatients et irritables; ils ont une grande sensibilité au froid ; leurs sens sont impressionnables: c'est l'état de faiblesse irritable^ décrit par les Anglais.

L'énergie des contractions cardiaques est diminuée, et cependant il se produit aisément des palpitations, péniblement ressenties; le premier bruit du cœur s'entend mal et souvent il est légèrement soufflant, par le fait de l'anémie; on entend également un souffleanémique dans les vaisseaux du cou. Le pouls est ordinairement mou, dépressible, ralenti, polycrote et irrégulier (Lorain) ; sa fréquence augmente beaucoup sous l'influence des moindres mouvements.

La voix est faible et la respiration un peu accélérée.

L'appétit revient d'ordinaire rapidement ; la plupart des typhiques demandent à manger avant la défervescence ; le goût est cependant altéré au début par le fait de l'altération queprésente d'habitude la muqueuse linguale ; mais, au bout de peu de jours, cette altération a d'ordinaire disparu.

L'urine est plus abondante que pendant la fièvre, pâle, limpide ou troublée par les phosphates et les carbonates terreux quand elle est alcaline, ce qui, d'après G ubler, serait la règle. Sa

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densité est amoindrie ; elle n*est, d'après Mole (1), quedelOII à 1016 au début; les chlorures qui avaient beaucoup diaûnci pendant la fièvre remontent au chiffre normal sous riafiaeocf de Talimentation et quelquefois même le dépassent; les matières azotées tombent au-dessous de la moyenne normale. L'appétit génital se réveille. Les règles restent souvent suspenda^ jusqu'à la fin de la convalescence.

Les produits épidermiques ont souffert dans leur nutrition et présentent des altérations de nature diverse. La peau est souvent le siège d'une légère desquamation. L'ongle dont i'accroi sèment avait été suspendu pendant la maladie recommence à se développer et une dépression transversale, correspoûditi à Tarrèt de la nutrition, s'avance graduellement de labasefei^ le bord. Fernet compare avec raison cette altération àlaninure qui se produit sur les dents lorsque l'enTanta été atteici d'une maladie fébrile pendant leur développement.

Les cheveux tombent fréquemment, mais cette alopécie esi généralement passagère.

Les forces se relèvent rapidement ; M . Braive a étudié à cpoint de vue un certain nombre de convalescents de ït^'^-i de Yincennes et il a reconnu qu'ils pouvaient soulever tous k5 cinq jours un poids plus lourd de 1 à 2 kilogr.

En même temps la nutrition générale s'améliore et le coip augmente de poids ; Arld, en soumettant à des pesées périodiques trente convalescents de fièvre typhoïde, a trouvé qn i^^ augmentaient en moyenne de 4 livres par semaine. M. Braire j pesé tous les cinq jours quatre convalescents de fièvre typhoïde de pneumonie ou de pleurésie ; il a constaté qu'à chaque pe sée ils augmentaient de 3500 à 3800 grammes.

La marche et la durée de la convalescence varient beauccs; suivant la gravité qu'a présentée la maladie et le régie auquel ont été soumis les malades, suivant l'âge et la for* des sujets et suivant les conditions dans lesquelles ils se trouvent.

Relativement à l'influence de la maladie, il faut tenir compta de l'intensité de la fièvre, de sa durée et de rabondanced^

(I) MoIé» Sur les signes précis du début de la convalescence, TbèMde Piri*

DE LA CONVALESCENCE. O'iS

iéperditions oi^aniques. Une courte attaque de choléra peut aisser les malades dans un état d'adynamie plus profonde il exiger une conTalescence aussi longue qu'une fièvre typhoïde ; es héinorrhagies abondantes nécessitent toujours une convaescence d'une longue durée, car les hématies ne se reproduieot que lentement.

L'influence du régime auquel ont été soumis les malades est onsidérable ; il y a une grande différence entre le typhique oumis à la diète ou nourri seulement avec du bouillon coupé et elui qui absorbe tous les jours plusieurs litres de lait; ce derûer ne tombe qu*exceptionnellement dans Tadynamie et son maigrissement est relativement peu prononcé.

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