DE LA CONVALESCENCE
lier; le plus souvent ils se présentent sous la forme d'une paaplégie ordinairement incomplète.
Les malades ne peuvent se tenir debout, mais, étant couchés, Is peuvent encore mouvoir leurs membres inférieurs ; leur sen. ibilité peut être également altérée; ils éprouvent dans les mem ires une sensation d'engourdissement et de fourmillement et on peut constater que les contacts y sont perçus moins netement qu'à l'état normal.
Depaul a observé une anestbésie très prononcée des extrénilés inférieures chez un convalescent de variole.
D'autres malades présentent les symptômes de l'ataxie, de la clérose en plaques ou de la chorée; d'autres ont des tremblenents ou une contracture des extrémités; chez d'autres enfin, e sont des troubles complexes qui rappellent ceux de la para* ysie générale.
Assez souvent les muscles souffrent dans leur nutrition; ils > atrophient et cessent de réagir sous l'influence de l'électricité ; issez souvent aussi, la vessie et le rectum se paralysent simulanémeot.
Dans certains cas, les troubles, au lieu de rester limités, omme c'est la règle, aux membres inférieurs , s'étendent lux membres supérieurs ; il survient des accidents bulbaires et es malades succombent à une paralysie ascendante aiguG Marotte et Liouville). D'autres fois, la paralysie reste limitée à la pbère de distribution d'un nerf, tel que le facial ou le radial ; m a constaté en pareil cas l'existence d'une névrite (Berihardt).
Ces paralysies guérissent le plus souvent au bout de peu de emps ; elles peuvent cependant persister et môme, quand elles ^étendent, amener la mort. Westphal, dans deux cas de para- Hégie consécutive à une variole, a reconnu l'existence d'une nyélite. JofTroy dans un fait analogue n'a trouvé que des léions des nerfs. Il est possible enfin que certaines paralysies oient dues exclusivement à l'altération granulo-vitreuse que trésentent les muscles en pareil cas.
Les fonctionê digeitives sont fréquemment troublées chez les convalescents ; l'appétit peut ne pas se réveiller, le plus souvent )arce que la langue reste sale après la chute de la fièvre; ordinairement il est exagéré, les malades absorbent des aliments trop
abondants ou d'une digestion difflcile, et il en résulte de la dyspepsie, des douleurs épigastriques, des vomissements et surtout de la diarrhée ; la muqueuse digestive reste, après la maladie, prédisposée à Tinflammation ; il peut se développer, sous l'influence des écarts de régime, une gastrite ou une entérite chronique souvent fort rebelles ; on voit alors cesser Taugmectation de poids qui se produisait depuis le début de la convalescence. les traits s*altèrent de nouveau et la guérison est comproaiise.
L*appareil respiratoire est de même Tacilement vulnérable chez les convalescenAs ; ils sont plus exposés que les sujets sains à contracter une pleurésie ou une pneumonie sous Tinlluence d un refroidissement accidentel. À la suite de certaines maladies, telles que la fièvre typhoïde, la variole et la rougeole, il reste dans le larynx des ulcérations qui peuvent devenir le point de départ d'un œdème de la glotte. D'autres fois la lésioD occupe primitivement les cartilages, il y a d'abord périchondite ; la muqueuse n'est intéressée que consécutivement (i).
Du côté du cœw\ on observe, chez les convalescents, soit des palpitations qui constituent un symptôme pénible mais san^ gravité, soit des lypothymies ou des syncopes. Hayem (2) a montré que le muscle cardiaque est constamment intéressé dans !e> pyrezies ; son tissu jaunâtre et souvent ramolli se laisse déchirer facilement; ses fibres musculaires sont remplies de granulations protéiques et graisseuses; leurs noyaux se multiplient: les artérioles s'enflamment.
On conçoit qu'un organe ainsi altéré puisse soudainement cesser de fonctionner ; c'est là une des causes de mort subite dans les pyrexies ; pourla fièvre typhoïde, Dieulafoy(3)adcnetqiie l'excitation des nerfs centripètes au niveau de plaques de Peyer en voie de cicatrisation peut se transmettre au cœur par voi« réflexe et en déterminer l'arrêt.
On voit parfois survenir, dans le cours de la convalescence, des hydropisies; elles consistent le plus souvent en un œdème des pieds et des malléoles et peuvent s'expliquer par l'altération da sang et celle dés parois vasculaires ainsi que par la parésie cardiaque ; quand elles occupent les autres parties du corps,
(1) Charcot et Dechambre, Gazette hebdomadaire, 1859, p. 46S.
(2) Hayem, Aixh. de physiologie, 1870.
(3) Dieulafoy. Thèse de Paris.