‹ Traité élémentaire de pathologie générale; comprenant la pathogénie et la physiologie pathologiqueChapitre 169 sur 198 · DE LA MORT · texte numérisé non relu

DE LA MORT

tantôt au contraire elle prend une teinte pâle et terreuse; les traits s'effacent, les joues retombent flasques et sans vie, le nez s'efQle, le pouls devient irrégulier et se ralentit, après s*ètre accéléré; la respiration s'embarrasse; tantôt ses mouvements sont accélérés et superficiels, tantôt ils sont profonds et ralentis; il se produit des évacuations involontaires ; la petitesse du pouls s*accentue de plus en plus ; les mouvements respiratoires ne se font plus qu'à des intervalles relativement éloignés, une dernière inspiration d'un caractère convulsif marque la fin de la vie; les battements du pouls persistent encore quelques ins* tants, puis ils s'arrêtent : tout est fini. Dans les cas où la mort survient après une maladie douloureuse ou une paralysie qui impriment au faciès une expression pénible, on peut voir pendant Tagonie cette expression s'effacer et le sujet reprendre la physionomie qu'il présentait avant de tomber malade; les muscles étant en résolution des deux côtés, la grimace hémiplégique doit disparaître et aussi Tétat de contraction que les affections douloureuses de longue durée produisent dans la face ; les assistants sont frappés par l'aspect de sérénité que prennent à ce moment suprême les traits du malade.

La température s'abaisse généralement de 1 à 2 degrés pendant cette période, mais ce n'est pas là un fait constant et on la voit au contraire quelquefois présenter une augmentation énorme qui persiste un certain temps après la mort.

La durée de l'agonie est variable; on l'évalue en moyenne à 20 ou SO heures, mais elle peut être beaucoup plus courte comme elle peut se prolonger davantage.

La dernière inspiration, bientôt suivie des dernières pulsations, marque la fin de la vie générale, c'est la mort de l'individu ; mais la vie partielle des parties élémentaires dure encore quelque temps. Ch. Robin a constaté, chez un supplicié, que, plusieurs heures après la mort, la percussion des muscles en provoquait la contraction ; des aliments introduits dans l'estomac ont été digérés; Brown-Sequard a reconnu qu'en injectant du sang défibriné dans les carotides et les vertébrales d'une tête de chien préalablement séparée du corps, il se produit dans les traits de l'animal des contractions qui semblent volontaires et persistent aussi longtemps que l'inj^îction; sur un chien élevé dans son laboratoire, et soumis à cette expérience, cephysiolo-

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giste reconnut que les yeux se tournaient vers lui chaque fois qu'il appelait l'animal par son nom (1). Les cellules cérébrales et les fibres musculaires avaient donc conserré leur vitalité alors que celle de l'individu était éteinte. Les fibres musculaires semblent perdre leur activité fonctionnelle quand au bout de quelques heures elles deviennent rigides, mais ce n'estlà qu'une apparence, car Brown-Sequard et James Kay ont montré que si l'on injecte du sang dans les vaisseaux d'un muscle en état de rigidité, l'organe reprend sa sqpplesse et recouvre en même temps sa contractilité; on ne peut donc affirmer la mort des éléments anatomiques qu'au moment où commence la putréfaction.

(1) Brown-Séqnard, Journal de physiologie, 1858.

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