DU PRONOSTIC
Prévoir Tissue des maladies, leur durée, les désordres qu'elle^ laisseront après elles, tel est Tobjet du pronostic ; ses signes st tirent des symptômes, de Taffection, de la maladie, de la constitution générale du sujet et aussi du milieu et des circonstances dans lesquelles il vit.
Certains symptômes sont graves par eux-mêmes: nous citerons le coma, Thyperthymie, l'asystolie, la syncope, l'orlhopnér le phénomène de Cheyne-Stokes et le collapsus algide ; il sufbt de constater que le thermomètre s*élève à 42* pour formuler un pronostic presque à coup sûr fatal dans un très bref délai Il faut cependant toujours tenir grand compte des circonstance^ dans lesquelles le trouble fonctionnel se produit. La dyspnée, qui est d'un pronostic grave dans une broncho-pneumonie infantile et dans le croup, n*a pas cette signifleation quand elle se produit dans le cours d'un accès d*asthme ; le coma est grave s*il est provoqué par une hémorrhagie cérébrale ou un œdème ail) uminurique, il ne Test pas dans l'attaque épileptiqoe. Certains symptômes sont graves, non parce qu'ils compromettent Texistence, mais parce qu'ils sont en eux-mêmes extrêmement pénibles, tels sont les douleurs, particulièrement celles des névralgies, des myélites et des coliques calculeuses.
La nature de Taffection fournit des indications importaDte> au point de vue du pronostic. Une phlegmasie, toutes chost^ égales d'ailleurs, est plus grave qu'une congestion ; la signifia tion pronostique d'une tumeur varie avec sa structure : bénignf. s'il s'agit d'un lipome, elle atteint une gravité extrême quaE<. c'est un carcinome.
Le siège de la lésion n'est pas moins important à considérer: une bride cicatricielle qui n'entraîne ordinairement aocan accident quand elle siège dans la peau, est le point de dépan de toute une série de troubles et de lésions* quand elle inlé-
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resse une valvule du cœur ou la paroi d*un conduit membraneux tel que Turèthre ou Toesophage ; une même affection, i'érysipèle, a une gravité très différente suivant qu^elIe occupe la face où elle reste ordinairement localisée, ou le tronc qu'elle peut envahir dans toute son étendue; on a remarqué que la diphlhérie du nez est plus grave que celle du pharynx, sans doute parce que la muqueuse pituilaire constitue pour le virus infectieux une porte d'entrée plus facile que l'isthme du gosier; de môme la tuberculose des os se généralise plus rarement que celle des poumons et reste circonscrite à des parties plus limitées en raison de la structure du tissu dans lequel elle se développe. Un foyer de ramollisement cérébral a des conséquences très diverses suivant le point qu*il intéresse : il peut passer inaperçu s'il occupe les régions silencieuses de Tencéphale; il se traduit par des paralysies lorsqu'il intéresse les faisceaux moteurs ou les circonvolutions qui leur donnent naissance. II serait facile de multiplier ces exemples.
11 va de soi qu il faut tenir compte également de l'étendue de la lésion: toutes choses égales d'ailleurs, la gravité du mal varie avec elle ; affection bénigne quand est elle limitée aux grosses ramifications, la bronchite devient grave quand elle se généralise; il en est de même pour une brûlure, une péritonite, etc.
Dans les maladies aiguSs, la gravité est en rapport avec la durée et l'intensité du mouvement fébrile, et, s'il s*agit d'une maladie infectieuse, avec V activité du contage et \^ré$islance du sujet.
Dans une même maison, une épidémie de variole ou de fièvre typhoïde épargne certains habitants, en atteint d'autres légèrement et d'autres gravement ; la réceptivité pour le contage varie donc d'un sujet à l'autre ; sur deux sujets exposés à une même influence infectieuse, l'un contracte une maladie grave et l'aujre une maladie bénigne.
L'influence de V activité du contage est mise en évidence par les résultats des nombreuses inoculations vartoliques qui ont été faites au siècle dernier; on avait soin de les pratiquer avec le produit de varioles très bénignes et l'on n'obtenait, en règle générale, que des infections également bénignes.
Si la syphilis, à en juger par les descriptions des contemporains, est moins grave aujourd'hui qu'à l'époque de son appa-
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ritioû, c'est sans doule parce que Tactivité de son virus s*est atténuée.
Dans les maladies chroniques^ il faut distinguer celles dont les progrès sont incessants et inévitables et celles qui peuvent être enrayées ou même guéries. Le pronostic des premières, parmi lesquelles nous citerons la lèpre, la morve, la rage et le cancer, est nécessairement fatal; les inflammations chroniques des centres nerveux ne sont guère plus favorables, bien quV.les tuent d'ordinaire plus lentement. Le pronostic des secondes est très variable; certaines, telles que les rhumatismes chroniqua, sont pour ainsi dire indéfiniment compatibles avec l'existence ; elles ne sont graves que par les souffrances et le genre de fie pénible qu'elles imposent aux malades; d'autres sont tantôt bénignes et tantôt malignes : telle est la syphilis qui, chez h plupart des sujets, guérît au bout de quelques années, tandi> que, chez d'autres, elle tue, soit en désorganisant les centres nerveux, soit en amenant la cachexie. La tuberculose doit être comptée parmi les plus funestes, bien que dans certains cas elle puisse rester localisée et guérir complètement.
La vigueur de la constitution et la résistance plus ou moins grande du sujet influent puissamment sur le pronostic ; les individus débiles, mal nourris, mal développés, sont d'ordinaire plus gravement atteints que les sujets vigoureux. Certaines maladies semblent prendre un caractère plus grave quand elles s« développent sous l'influence de l'hérédité; il en est ainsi pour la tuberculose, le rhumatisme, la goutte etc. ; un sujet âge offre d'habitude moins de résistance qu'un adulte ou un enfant: la pneumonie lobaire qui guérit presque toujours chez celui-d. est très grave et se termine le plus souvent par la mort chez \t vieillard. On a de môme observé que, d'une manière générale, U syphilis se traduit par des manifestations plus fâcheuses chez b sujets âgés que chez les jeunes gens. On sait quelle gravî;f peuvent prendre, chez les sujets atteints d'alcoolisme, les affec* tiens d'ordinaire les plus bénignes.
Il faut avoir égard enfin au milieu dans lequel vit le malade; l'air confiné, Thumidité et le froid sont des conditions qui tendent à aggraver la maladie.
M. Peter a bien mis en lumière, dans ses leçons sur les tuberculeux, la dangereuse influence de la mauvaise hygiène à la-