ARTICLE PREMIER. — PROPHYLAXIE GÉNÉRALE
Soustraire les sujets à Tinfluence des causes morbiflques et les mettre à môme de leur résister lorsqu'ils ont à les subir, tel est Tobjet de la prophylaxie ; nous devons indiquer par quels moyens elle peut arriver à ce résultat.
Nous avons vu que les causes morbiflques sont internes ou externes.
L'art est à peu près impuissant contre les causes internes héréditaires; les prédispositions font partie de Torganisation ; lorsqu'elle exislent, la prophylaxie peut seulement s'efforcer de les atténuer et d'éviter l'action des causes occasionnelles qui peuvent en provoquer la manifestation. Les flis de goutteux devront être soumis à un régime sobre et éviter les professions sédentaires; les enfants des scrofuleux et des tuberculeux seront élevés de préférence à la campagne et au grand air; les rhumatisants éviteront soigneusement l'action du froid hu* tnide. Malheureusement trop souvent la prédiposition est assex puissante pour donner lieu malgré tout à la manifestation morbide; les fils de goutteux ont pour la plupart la goutte, et les aliénés engendrent souvent des aliénés.
(1) M. Ptler, Leçons de clinique médicale , t. II, p. &5 et suivantes.
(2) Potain, article anémib du Uiciionnaire eneychtpédique.
Par contre, Taclion des causes que nous appelons intrinsfqih} àynamiqttes (1) peut être évitée, puisqu'elles sont constituée^ par Texercice défectueux des fonctions qui pèchent par exc^ ou par manque d'activité.
Il appartient à Tbygiène d'étudier les moyens propres à empêcher ou à atténuer Faction des causes physiques, mécaniques, chimiques ou animées.
L'habitation, le vêtement, l'alimentation et le genre de vie doivent différer dans les pays chauds et les pays froids; rhvgiène indique les règles que l'on doit suivre à cet égard.
C'est elle qui détermine la quantité et la nature des alimenls qui conviennent à un sujet; elle astreint le nouveau-né à Taliaitement ; elle invite le goutteux à éviter une alimentation Uol riche et à prendre de l'exercice. Elle fournit à chaque profession des indications spéciales. Elle évite les intoxications parle> objets usuels, tels que les vases et les conduits de plomb, et par les boissons alcooliques ou aromatiques.
Son rôle est surtout important en ce qui concerne les mala<iie^ infectieuses ; elle.peut les prévenir : 1^ en modifiant le mUitu iah^ lequel se développe Vagent morbifique^ 1"^ en détruisant cet agent 3° en l'empêchant de se propager, 4° en s'opposant à sa pénéiintion dans Vorganisme, et enfin 5** en rendant celui-^i réfraclair à son développement ou à zon action.
1° L'on sait dans quelles conditions se développent certain.' germes infectieux; il en est ainsi par exemple des miasme^ paludéens; il est certain que le plus souvent ils naissent dans !e' marais et séjournent dans leur voisinage immédiat. Les villes qt comme Rome sont infectées par la malaria sans reposer sur u: sol marécageux sont de rares exceptions. II suffit doDC> > plus souvent, de dessécher les marais des pays à fièvres (K*^* îesrendre.salubres; nous en avons fait l'expérience en Âlgé.^ en France même, on a réussi dans beaucoup de localités à fa-^ disparaître les fièvres en creusant des canaux.
On peut de môme prévenir l'apparition du typhus dans use accumulation d'hommes en les nourrissant bien et en éviUQ' l'encombrement.
2"* L'action directe sur l'agent infectieux est souvent possible,
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