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Avec la plupart des auteurs, nous distinguons dans la vie humaine quatre âges principaux : Yenfance, la jeunesse, la maturité et la vieillesse^ en y ajoutant la période embryonnaire et fœtale,
§ 1*'. — Période embryonnaire et fœtale.
C'est au début de la vie embryonnaire que Vévolution de rhomme atteint sa plus grande activité et que ses moindres écarts ont les conséquences les plus fâcheuses. Les troubles qu'elle subit peuvent dépendre d*une modification dans le mouvement héréditaire qui la dirige ou résulter d'une lésion accidentelle. Les expériences de Dareste sont à cet égard fécondes en enseignements : en modifiant la position de Tœuf d'oiseau pendant l'incubation, en le recouvrant d'un vernis imperméable, en lui imprimant de brusques secousses, en le plaçant dans un air insuffisamment renouvelé, enfin et surtout en lui faisant subir des changements de température, ces avant observateur arrive â produire à son gré des malformations. Or l'embryon humain est susceptible de subir la plupart de ces mômes influences et l'on peut présumer, sans témérité, qu'elles peuvent produire des troubles analogues dans son développement. Il y aurait lieu particulièrement de rechercher si les affections pyrétiques qui surviennent pendant la grossesse ne constitueraient pas une cause de malformations fœtales.
Les différentes causes de malformations précédemment énumérées agissent ordinairement en produisant l'inflammation et l'adhérence des membranes. Tantôt ces lésions amènent la compression et l'arrêt de développement des parties voisines de Vembryon, tantôt elles les fixent dans une position vicieuse et tiennent séparées des parties qui devraient se rapprocher; d'autres fois les causes perturbatrices semblent agir en empêchant le développement de l'aire vasculaire.
40 ÉTIOLOGIE.
11 peut se produire, pendant la vie fœtale, des lésions tout à fait con)parables par leur origine et leur mode d* action à celle que Ton observe chez l'adulte; les plus connues sont celles qui occupent Tinfundibulum de Tarière pulmonaire et le cœur droit.
Les maladies infectieuses dont la mère est atteinte pendant la grossesse se communiquent souvent au fœtus ; on en a de nombreux exemples pour la variole et pour la syphilis.
MM. Arloing, Gornevin et Thomas ont montré que le microbe du charbon symptomatique traverse le placenta, et MM. I. Straus et Chamberland (1) ont reconnu qu'il en est de même pour ceux du choléra des poules et de la septicémie expérimentale. On a cru longtemps que la bactéridie du char< bon ne pouvait passer de la mère au fœtus; les expériences de Brauell (2), de Davaine (3) et de Bollinger (4) semblaient le démontrer : des recherches récentes de MM. Straus et Chamberland (5) ont fait voir au contraire que le sang du fœtus d*un cobaye infecté par le charbon est assez souvent virulent et renferme des bactéridies que la culture vient déceler. Ces faits prouvent, contrairement à Topinion généralement reçue jusqu'à ces derniers temps et aux expériences de Ahlfeld, que le placenta peut laisser passer les particules solides contenues dans le sang. C'est contre toute évidence que Kassowitz a nié Finfection syphilitique du fœtus par la mère.
§ 8. — Enfance.
Nous lui distinguerons plusieurs périodes. La première correspond à la naissance et aux changements qui la suivent.
(1) Sinus et Chamberland, Recherches expérimentaleit tur la transmission des maladies virulentes de la mère au fœtus [Ballet, de la Soc, de biologie, 1882).
(2) Bnuell, Weitere Mittheilung ûber Milzbrand und Milzbrandblut {Yirchow's ÀrchiVt 1858).
J3) Davaine, Expériences relatives à la durée de l'incubation des maladies charbonneuses et à la quantité du virus nécessaire à la transmission de la maladie {Bulletin de l'Académie de médecine^ Paris, 1868, tome XXXIU, p. 816).
(4) Bollinger, Ueber die Bedeulung der Milzbrand Bactérien {Deutsches Archiv f. thier, Ètedicin und vergleich. Pat h. 1876).
(a) Straus et Chamberland, Passage de la bactéridie charbonneuse de la mère au fœtus (Bull, de la Soc, de biologie, 1882).