‹ Traité élémentaire de pathologie générale; comprenant la pathogénie et la physiologie pathologiqueChapitre 24 sur 198 · CAUSES INTRINSÈQUES DYNAMIQUES · texte numérisé non relu

CAUSES INTRINSÈQUES DYNAMIQUES

citation des nerfs centripètes des muscles et des articulations, soit enfin par des excitations sensorielles trop fréquemment renouvelées (1).

§ 4. — Fatiguas dn système nerveux périphérique.

Les altérations provoquées par le surmènement paraissent se développer plutôt dans les centres que dans les conducteurs, et les lésions que souvent ces derniers présentent simultanément semblent être d*habitude secondaires; on ne peut cependant affirmer qu*il en soit toujours ainsi, et il est possible que la fatigue joue également un rôle dans la production des atrophies nerveuses qui coïncident avec les atrophies spinales dans les amyotrophies et aussi, d'après Déjerine, dans Vataxie locomotrice. Le système nerveux périphérique comprend d'ailleurs aussi des appareils de réception qui semblent se comporter comme les cellules spinales. On peut s'expliquer delà sorte Fatrophie rétinienne qu'occasionnent quelquefois les fatigues de la vue et Timpuissance consécutive aux fatigues vénériennes; nous avons même tendance à penser que ces altérations des appareils de réception périphérique sont les premières en date dans Tataxie locomotrice, et que celles de Taxe spinal leur sont consécutives. Il y aurait lieu de reprendre à ce point de vue l'étude des ganglions des racines chez les sujets morts de cette maladie.

Les mêmes considérations sont applicables aux nerfs de la vie organique.

§ 6. -* Fatigues et inertie de Tappareil loeomôtenr.

Le fonctionnement exagéré d'un muscle, poussé au delà de certaines limites, produit une sensation pénible, caractéristique, et en même temps un affaiblissement des contractions qui peut être lié à l'accumulation dans l'organe des produits de sa dénutrition (Ranke). Lorsqu'elle s'étend à tout le système

(1) Sont avons émis Thypothèso qae raflTecUon rétinienne par laquelle le début de Tataiie locomotrice estasses souvent marqué ne serait pas, comme on l'admet généralement, la manifestation d'une maladie latente des centres neèveux^ mais bien le point de départ des accidents i^Socit^lé de biologie^ 1880 et Traruactions ofthe inientatwnal médical Congres:*, vol. I, p. 401 , London, 1880 •

î)2 ÉTIOLOGIE.

musculaire et dépasse certaines limites, la fatigue amène des troubles de la santé générale ; les forces sont prostrées, Tappétit disparaît, et quelquefois il se produit une réaction fébrile plus ou moins intense. A un degré extrême, « Tindividu épuisé tombe, insensible à tous les excitants; la face est pâle, des sueurs froides baignent la peau, la respiration est faible et fréquente, ou lente et suspirieuse» le pouls petit, fréquent, souvent inégal; il y a de la tendance aux syncopes (1). On remarque à Tautopsie que le sang est noir et fluide, et la consommation excessive d'oxygène qu'ont faite les muscles explique cette modiQcation (Gh. Richet) (2). Les individus surmenés présentent moins de résistance que les sujets sains à la plupart des causes morbifiques; on a exprimé ce fait en disant que leur résistance vitale est diminuée.

Le rôle de la fatigue dans Tétiologie du scorbut a été tour à tour nié et affirmé ; il nousparaîl réel, car nous avons observé pendant le siège de Paris que le scorbut atteignait de préférence les individus robustes, sans doute parce qu'ils se fatiguaient sans pouvoir réparer leurs pertes, tandis que les individus faibles, avec une alimentation égale, dépensaient moini».

Les désordres provoqués par le surmënement ne sont pas limités à l'appareil locomoteur; ils peuvent s'étendre à divers organes et particulièrement au cœur. Les recherches de Mahomed (3) ont montré que, sous l'influence d'une course prolongée, ce viscère, d'abord excité, s'affaiblit ensuite, et que la tension artérielle baisse corrélativement. On peut voir, dans des conditions semblables, survenir tous les symptômes d'une asystolie ordinairement passagère.

Le défaut d'exercice musculaire favorise le développement de l'obésité en même temps qu'il prédispose à la goulte, à la gravelle, et sans doute aussi à la lithiase biliaire.

§ 6. — Fatigues et inertie génitales.

Nous avons signalé l'abus des excitations génitales comme une des causes du tabès dorsalis. Il faut mentionner encore parmi

0 C«rrieu, ouvrage cité.

l?) (îh. Riclict, Phf/siohfjie dus musrlex H dcë wf*)/v, Paris, 1882. '\ Mahoiiied, HrUish iiu'd, Journ.^ I87U.

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