ACTION DE LA CHALEUR
partchétifset de petite taille ; beaucoup sontinfirmes et meurent prématurément ; beaucoup d*unions restent stériles ; il n'est pas resté trace en Afrique des nations européennes qui y ont établi successivement leur domination ; d'après Voluey, les Mamelucks, Circassiens ou Mingréliens d'origine, ont dominé l'Egypte pendant six cents ans sans y laisser de descendants. Certaines races subissent plus que d'autres cette influence nuisible ; c'est ainsi que les Anglais et les Allemands s'acclimatent moins facilement que les Espagnols dans ces contrées.
L'insalubrité des pays chauds tient surtout à la puissance d'action qu'y atteignent les agents infectieux (miasmes paludéens, contages du vomito et de la dysenterie) ; la plupart des auteurs admettent en outre que la grande chaleur produit par elle-même des désordres dans les fonctions de l'appareil digestif, du foie, de la peau et du système nerveux et prédispose ainsi aux affections de ces organes. On explique par la sécheresse de la muqueuse digestive la dyspepsie et la constipatioo, par Thypersécrétion de la bile la prédisposition aux pblegmasies hépatiques et par l'activité plus grande des fonctions cutanées la grande fréquence des maladies de la peau. SaQs Touloir nier l'influence que peuvent exercer ces différents troubles, nous pensons qu'il faut vraisemblablement faire une part prépondérante au parasitisme dans la genèse de ces affections. Déjà la nature parasitaire de la diarrhée de Cochinchine, de la cachexie aqueuse et du bouton de Biskra paraît bien établie ; il n'est guère douteux que le champ de cette pathologie animée ne doive encore s'étendre. Le rôle qu'il conviendrait d'attribuer à l'action directe de la chaleur serait ainsi restreint et l'on s'expliquerait comment des climats très chauds, tels que ceux de la Syrie et de Pondichéry, peuvent être relativement sains.
Dans les climats tempérés^ on observe, pendant les saisons chaudes, une constitution médicale^ caractérisée par l'apparition des formes morbides que l'on observe plus particulièrement dans les pays chauds, telles que le choléra, les diarrhées graves, ^^ dysenterie (1), etc. U. Trélat a observé que les temps chauds,
(>,' Licassagne, Dêfintolation et det coups de soleil {Société tnéd, des hôpi- ^Jwï, 1870) et Précis d'hygiène. Paris, 18'0.
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humides et nuageux favorisent le développement de la septicémie suraigue (i).
§ 2. — Action du coup de chaleur.
On appelle ainsi un ensemble d'accidents qui se produisent chez des individus soumis à Taclion d'une température excessive, soit à Tair libre pendant Tété et dans les climats torrides, soit dans un milieu confiné (chambre de chauffe d'un navire : ils peuvent amener la mort en élevant rapidement ou lentement la température du sang, et aussi, d'après M. Valiin (â), en provoquant^ par une action directe sur les centres nerveux, une inflammation des méninges.
L'élévation de la température centrale a été plusieurs fois constatée directement ; MM. Dov^ler, Lewis, Wood et récemment M. Zttber(3) ont récemment trouvé pendant la vie les chiffres de 43, 44et45<'(4). Or, Brticke et Kahne(5) ont montré qu'à une température de 45^ la myosine se coagule en môme temps qu'elle prend une réaction acide, et en effet l'on trouve, dans les autopsies, le ventricule gauche fortement contracté et d*une dureté ligneuse. M. Yallin a montré qu'il en est de même chez les animaux tués par le surchauffement. MM. Mathieu et Urbain admettent que, dans ces conditions, le phénomène initial est une activité plus grande des phénomènes de combustion ; les oxydations qui se produisent dans les muscles ont pour résultat leur acidité et la coagulation de la myosine. Lorsque réchauffement est graduel, il se produit, d'après M. Yallin, avant la coagulation de la myosine, des troubles de l'innervation et l'arrêt du cœur par excitation du pneumogastrique.
Il faut tenir grand compte, chez les sujets exposés à une chaleur excessive, du fonctionnement des glandes sudoripares ;
(1) U. TréUt, Gazette des hôpitaux^ n» hO, 1879.
(2) Vallin, Rechet^hes expérimentales sur l'insolation (Archives générales de médecine^ 1S70). *- Diseuision sur le coup de chaleur {Soc, méd, des hApitaux ei Union médicale, 1881).
(3) Zuber, Du coup de chaleur (Société médicale des hôpitaux et Union médicale,\%%\),
(4) Leroy de Méricourt et Obet, article Coup de chaleur du Dictionnaire encyclopédigue des sciences médicales»
(5) Ktthne, Ueberdie Bewegungund Verânderungen der contractilen Suastanzen .{Bischoffs Archiv, l$b9).
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le début des accidents coïncide presque constamment avec une suppression de la sueur; d'autres fois, les transpirations se font, mais le liquide sécrété est visqueux et peu abondant ; N. L. Colin (1) a mis en relief, dans son traité des maladies épidémiques, Timportance de cette cause patbogénique ; il a rappelé que, diaprés les observations des médecins anglais de llnde, dans nombre de cas d'insolation, surtout dans les pays chauds, on peut reconnaître une période prodromique caractérisée par une suspension plus ou moins complète des sueurs, par la sécheresse de l'enveloppe cutanée, par sa rugosité et l'augmentation des démangeaisons chez ceux qui sont atteints d*eczéma tropical, éruption vulgairement connue sous le nom de gale bédouine et de bourbouille; la sécheresse de la peau a pour conséquence l'augmentation considérable de la sécrétion rénale, augmentation telle que souvent les malades peuvent à peine retenir leurs urines, et une diminution de la déperdition superficielle de chaleur. Entre celui qui sue dans ces climats et celui' dont la transpiration est suspendue, la différence, dit M. L. Colin, est à peu près la même qu'entre les animaux placés dans une étuve sèche et ceux qu*on enferme dans une étuve humide; chez ces derniers la mort survient à une température de beaucoup inférieure, en raison de l'obstacle apporté par Thu* midité à l'évaporation de la sueur et à la perte de chaleur qu'elle entraîne.
M. Yallin admet, avec une grande vraisemblance, que l'action directe du rayon solaire sur la tète peut donner lieu h des troubles de Tinnervation encéphalique liés sans doute à la congestion ou à l'inflammation des méninges. Dans des expériences où il faisait circuler de l'eau très chaude dans un manchon de caoutchouc entourant seulement la tête des animaux, la température centrale ne s'élevait que de I à 2 degrés au plus ; néanmoins les animaux présentaient bientôt des troubles graves de l'innervation et, à l'autopsie, on trouvait, dans les méninges, des traces d'inflammation (2).
L'élévation de la température peut produire encore l'érythème connu sous le nom de coup de soleil et le lichen tropicus,
(1) L. Conn^ Bulletin de la Soeiété médicale des hôpitaux, 1881 et Traiit^ ^ maladies épidémiques. Paris, 1879.
(?) Vallin, lO€. cit.
§ 8. — Action de la brûlure.
Lorsque nos tissus se trouvent soumis à Taction d*ane température trop élevée, ils s'altèrent et deviennent le siège de lésions qui, suivant l'intensité de cette action, sont superficielles ou plus ou moins profondes. Une chaleur de 60® centigrades environ produit un érythème lié à une dilatation probablement réflexe des vaisseaux cutanés ; à 80 ou 90®, il se fait un exsudât qui infiltre les parties, en amène la tuméfaction, vient se collecter au-dessous du feuillet corné de Tépidermeet forme ainsi des vésicules ou desbulles quelquefois très volumineuses. Si enfin la chaleur devient plus intense ou si son action se prolonge, la gangrène survient, soit que la chaleur amène la coagulation du plasma, Taltération des vaisseaux et la mort des éléments, soit qu'elle produise directement et instantanément la carbonisation des parties.
La nature de la source de chaleur et la durée de son action influent sur les caractères de la lésion : les brûlures produites par les gaz sont généralement étendues et superficielles; celles que font les liquides sont souvent plus profondes, surtout s'il s'agit de liquides bouillants dont le point d'ébuUition est élevé; l'action des corps solides est circonscrite et s'exerce profondément si le corps est en combustion.
Quand les brûlures sont très étendues, il peut survenir dans les fonctions respiratoires, cardiaques, digestives et vaso-motrices des troubles qui assez souvent entraînent la mort. On n'en connaît pas exactement le mode de production : tandis que les uns en cherchent la cause dans la suppression des fonctions de la peau et la rétention des produits qu'elle doit éliminer, d'autres, les comparant aux effets du choc traumatique, les expliquent par l'action des excitations centripètes sur les centres d'innervation vasculaire, cardiaque, et respiratoire. La résorption des détritus que produit la désorganisation des tissus et du sang qu'ils contiennent a été également incriminée. On trouve à l'autopsie une congestion des muqueuses intestinale et pulmonaire ainsi que des centres nerveux et, si le malade a survécu quelques jours, des ulcérations du duodénum.