CHAPITRE V
' ACTION DliS TRAUMATISMES
Nous désignerons sous ce nom, d*après la définition du professeur Temeuil, les violences donnant lieu à une diérèse, c'est-à-dire à la séparation d'éléments réunis primitivement : elles peuvent être produites par un agent extérieur ou par une action mécanique violente et instantanée résultant du jeu même des organes (Verneuil).
Leurs effets sont complexes, et, pour les étudier dans leur ensemble, nous aurons à considérer successivement : 1* les modifications produites directement dansTétat des parties par Vacti'on immédiate de la violence; 2** ia réaction et les accidents locaux ; 3" la réaction et les accidents généraux ; 4* V action à distance sur la constitution ou les fonctions des organes reliés à la partie lésée par des connexions nerveuses ; 5* Vactton sur les états constitutionnels et diathésiques préexistants. Nous verrons que les phénomènes locaux et généraux difi'èrent notablement suivant que le foyer traumatique est ou non en communication directe ou indirecte avec Tair extérieur.
§ 1. — Action immédiate.
I^es parties qui sont le siège de la violence mécanique sont, suivant les cas, divisées, rompues, disjointes, distendues ou écrasées; les lésions produites prennent les noms de plaies^ de fractures^ de luxations^ de ruptures^ ôi^ arrachement ou de contusion. Les vaisseaux étant le plus souvent intéressés, une certaine quantité de sang s'épanche dans le foyer traumatique et au dehors s'il y a plaie extérieure. Les fonctions des parties lé^ séessont successivement troublées ou abolies; c'est ainsi que la section d'un nerf entraine la perte du mouvement et de la
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sensibilité dans les organes auxquels il se distribue, et qu'une luxation entrave ou étend les mouvements d'une articulation. Ces phénomènes varient nécessairement suivant la nature de ^ la lésion et l'organe qui en est le siège.
§ 2. » Réaction et accidents locaux.
Toute lésion traumatique provoque localement une réaction qui se traduit par la dilatation probablement active et souvent par la multiplication des vaisseaux, par la formation d'un exsudât composé d'un liquide très voisin par sa composition du plasma du sang et des globules blancs, et souvent aussi par un travail d'irritation formative dont les éléments cellulaires propres à chaque tissu (ostéoblastes, tubes nerveux, fibres musculaires) sont, avec les globules blancs, les agents essentiels (1); les particules provenant des éléments détruits par le traumatisme se dissocient et sont résorbées par les vaisseaux sanguins et lymphatiques; l'exsudat plastique et cellulaire s'organise pour constituer les vaisseaux et le tissu conjonctif de nouvelle formation qui entrent dans la constitution delà cicatrice. La régénération des tissus plus élevés en organisation se fait aux dépens de ceux de leurs éléments qui persistent dans le foyer ou dans son voisinage immédiat : il en est ainsi particulièrement pour les cellules épidermiques, les tubes nerveux et les ostéoblastes.
Des accidents locaux viennent assez souvent entraver ce travail de réparation; ce sont la suppuration, la nécrose, Xliémorrkagie, Vérysipèle, la pourriture d'hôpital et la diphthérie; l'irritation mécanique des parties lésées, les troubles de circulation qu'entraînent les allérations des vaisseaux et l'inflammation secondaire, et surtout la pénétration dans le foyer d'agents infectieux en sont les principaux facteurs; certaines maladies générales, diathésiques ou même locales (maladies du foie et .du ctBur) en favorisent le développement (Yerneuil).
Lorsque la restauration des parties lésées paraît complète, que le sang épanché s'est résorbé, que la douleur a disparu, que la plaie est cicatrisée et la fracture consolidée, raction
(i) Voir plus loin les Processus.