‹ Traité élémentaire de pathologie générale; comprenant la pathogénie et la physiologie pathologiqueChapitre 76 sur 198 · ARTICLE II. — CARACTÈRES DU FOYER HÉMORRHAGIQUE · texte numérisé non relu

ARTICLE II. — CARACTÈRES DU FOYER HÉMORRHAGIQUE

Lorsque le vaisseau divisé communique avec l'extérieur, le sang s'écoule au dehors jusqu'au moment où la formation d'un thrombus vient lui faire obstacle.

On admettait autrefois que l'arrêt spontané de Thémorrhagie étaitdû surtout à la coagulation du sang; des recherches récentes de Zahn, de Pitres et deHayem ont fait voir que celte manière de voir est erronée : la masse qui oblitère le vaisseau n'a pas la consiiiution d'un caillot; elle est formée surtout d'hématoblastes et de globules blancs ; ce sont ces éléments qui, en s'accumulant autour de l'orifice, le rétrécissent graduellement et finissent par l'oblitérer ; ce sont eux également qui, en «adhérant à la paroi^ obstruent la lumière du vaisseau ; ce sont les globules blancs qui s'organisent en tissu conjonctif ; l'oblitération peut rester complète; plus souvent le caillot se rétracte et se canaliculise et le vaisseau demeure simplement rétréci.

Le sang épanché dans l'interstice des tissus et dans les cavités organiques y subit une série de transformations.

D'ordinaire il se coagule plus ou moins complètement; le foyer se présente alors sous forme d*une bouillie noirâlre dans laquelle on peut retrouver les éléments dissociés des tissus. Ils se modifient rapidement ; les globules rouges s*altèrent, et leur matière colorante devenue libre prend la couleur de la laque carminée ; une partie est résorbée ; une autre se transforme en cristaux d'hémaloïdine. Un certain nombre de globules rouges sont absorbés par des globules blancs qui augmentent de volume et se transforment en cellules géantes ; en se dissociant, ils forment des granulations d*un rouge brun, inégales, plus ou moins volumineuses, qui peuvent ultérieurement devenir libres lorsque la cellule géante se détruit; telle serait, d'après Langbans, rorigine des granulations pigmentaires ; il est probable que, conformément aux vues de Yircbow, elles peuvent aussi se former directement aux dépens des globules altérés.

En même temps que se produisent ces phénomènes de régression, il se fait habituellement dans le foyer un travail de réparation ; on y trouve au bout d*un certain temps un tissu conjonctif vasculaire, d*autant plus résistant qu'il est plus ancien: on admet généralement qu'il se développe aux dépens de^ tissu» ambiants sous Tinfluence d'une phlegmasie provoquée par la présence du foyer, et Ton considère le sang comme étranger a sa production ; nous devons dire cependant que, dans ces derniers temps, plusieurs auteurs ont attribué aux globules blancs contenus dans le foyer une part dans le travail d'organisation. Huguenin admet ainsi que, dans la pachy méningite, Tbémorrbagie peut être le phénomène primitif et que la production de la fausse membrane reconnaît alors pour cause l'organisation des globules blancs contenus dans le caillot. Sperling a également conclu de ses expériences que la fausse membrane produite par rinjection de sang dans la cavité arachnoïdienne est due à l'organisation de ce liquide; il faut attendre de nouvelles recherches pour se prononcer sur ce point intéressant de physiologie pathologique.

Dans certains cas, le travail phlegmasique provoqué par le foyer aboutit à la formation d'une enveloppe conjonctive qui peut ultérieurement se remplir de liquide; il s'est formé alori un kyste dans lequel on ne reconnaît plus que difficilement la lésion initiale ; la présence de matière colorante dans le liquide

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