DES TROUBLES DB PIGMENTATION
peu vraisemblable que son pigment provienne de Thémoglobine, car il ne contient pas de fer. M. Brown-Séquard a fait autrefois des expériences tendant à établir que les capsules surrénales servent à la destruction des pigments normaux et que, par consé* quent, ceux-ci doivent s'accumuler quand ces organes sontaltérés; mais les résultats qu*il avait annoncés n'ont pas été confirmés.
L'hypothèse la plus vraisemblable est celle qui rattache la coloration anormale de la peau à un trouble de l'innervation. On sait en effet que, chez les animaux, la production du pigment est sous la dépendance des actions nerveuses ; les expériences de M. P. Bert sur le caméléon (1) et celles de G. Pouchet (2) sur les chabots le prouvent clairement; d'autre part, on trouve constamment, dans la maladie d'Âddison, des lésions des plexus solaire et cœliaque ou des capsules surrénales, et ces derniers organes sont si riches en éléments nerveux que Ton peut, sans paradoxe, les rattacher à l'appareil de l'innervation ; les troubles nerveux constituent d'ailleurs les symptômes les plus caractéristiques de cette maladie.
La sclérodermie, qui parait être une trophonévrose, s^accompagne fréquemment de troubles de pigmentation.
Leloir (3) a constaté récemment une atrophie des fibres nerveuses dans des parties atteintes de vitiligo; les taches noires et les taches blanches que présente souvent la peau des lépreux sont dues également à une névrite.
B. Les pigments formés d*une substance étrangère à la consti- Mon normale des tissus peuvent provenir de la matière colorante du sang, de la bile, d'organes pigmentés tels que la :horoîde et la pie-mère, de parasites, ou de corps étrangers.
La matière colorante du sang, épanchée hors des vaisseaux, mbit des transformations que nous avons étudiées précédemosent; elle se présente alors sous la forme soit de granulations amorphes, soit de cristaux d'hématoîdine : elle pénètre dans les éléments; elle diffuse dans le plasma interstitiel en changeant le couleur; un des caractères des pigments d'origine hématique -st, d'après Péris, de contenir du fer ; ils peuvent persister indéiniment dans les tissus.
M) p. Berif Comptet rendus de la Société de biologie, 1875. (2*. G. Pouchet, môme recueU.
;3) Leloir, Thèse de Paris, 1881.
Dans les foyers hémorrhagiques, les globules rouges péoè trent dans les globules blancs, s'y altèrenl et donnent liea i 1: rormation de granulations pigmeotaires (Preyer).
L'inflammation s'accompagne d'une exlravasation sanguim qui communique aux parties une coloration anornule; eU deïient sombre dans les cas chroniques. Dans certains né^ plasmas, tels que ceux de la S3rphîlis, le dép6t de pigment foroii aux dépens du sang extravasé est la règle et sert au diagnoslii'
Nous n'avons pas à insister ici sur les pigmentations biliaires: elles seront étudiées ultérieurement (V. Ictère).
La mélanémie (1) de l'impaludisme, caractérisée par la présence dans le sang et les tissus de granulations pigmentaire^ est généralement considérée comme d'origine hématique.
Faut-il admettre que le miasme paludéen peut, dans certaincas, provoquer dans le sang une altération qui diminue laré$i>tance des globules rouges et en faTorise la destruction? «\doit-on penser que tes violentes congestions de l'impaludisiD' ont pour résultat la destruction d'un plus grand nombre lic
Fig. 108. — MÉltnose de la r«te. Coupe pratiquée dans le
globules rouges, lorsqu'elles surviennent ches des aim^"* misérables, mal nourris, exposés aux froids bumides, affaii'à par des maladies antérieures, placés en un mot dans les rondi
(!) U. Hecksl, Diulieht Klinik. I8MI. — Retcbl, Veber Pignnl S'^'-l nath Inlermitteni, Arch. f.palh. Anal. 18)0-1853. — HillopBaD.irli MtaiE du NouBtau dUlionnaire de mid. t( de ehir, pratiqua.