DES TROUBLES DE PIGMENTATION
(ions o& se déyeloppent le purpura cachectique ou le scorbut? il est d'observation que la plupart des cas de mélanémie palustre surviennent chez des sujets profondément délibités. Beaucoup d'auteurs admettent que le pigment anormal se produit d'abord dans la rate, où il forme des flots noirâtres dont la partie centrale est la plus colorée et se trouve à l'état de granulations libres ou contenues dans des cellules (fig. 108); M. L. Colin pense qu'il prend naissance dans le sang (1).
Le pigment de la mélanémie palustre se rencontre généralement dans le sang, dans les parois vasculaires et dans l'intimité des tissus. II se présente sous des formes diverses ; on peut trouver dans une goutte de sang : 1® des granulations punctiformes ; 2® des granulations agglomérées en petites masses rondes, ovales, ou irrégulières par une substance hyaline ; 3* des blocs irréguliers dont le diamètre peut atteindre 50 {a; 4* des leucocytes remplies de granulations; 5^ de petits cylindres pigmentés qui semblent avoir été moulés dans la cavité des capillaires. Leur couleuf varie du jaune clair au brun sombre en passant par toutes les nuances intermédiaires; la résistance du pigment aux acides varie avec l'intensité de la coloration.
Dans les vaisseaux, le pigment occupe les cellules connectives sous-jacentes à la tunique interne. Les viscères et particulièrement le cerveau, les reins, le foie, présentent une coloration qui varie du gris au brun sombre ; les granulations sont accumulées dans les petits vaisseaux qu'elles oblitèrent parfois.
Parmi les pigmentations qui ne proviennent pas du sang, il faut citer, en première ligne, celle des tumeurs mélaniques; ces néoplasmes ont presque constamment pour point de départ la couche pigmentaire de la choroïde, quelquefois la pie-mère, rarement la peau ou la conjonctive oculaire. Chacune de ces membranes renferme, à l'état physiologique, des granulations pigmentaires analogues à celles des tumeurs, et, comme elles, d'un brun foncé . Il n'y a aucune raison de penser que la matière colorante déposée dans leurs cellules provienne du sang ; il est vraisemblable qu'elle s'y développe en vertu des lois de leur évolution normale, comme le font l'hémoglobine dans les globules
(1) L. Colin, Traité dei fièvres intermittentes, 1870.
sanguins de Tembry on, et la chlorophylle dans les cellules des feuilles. Onpeutattribuerla mêmeorigineaupigmentdes tumenn mélaniques. Plusieurs auteurs, parmi lesquels Rindfleisch et Gussenbauer, ont soutenu cependant qu'il provient du sang; des globules rouges s'exlravaseraienti s'incorporeraient aux cellules du néoplasme et s'y transformeraient en pigment; ils inToquenl à l'appui de leur opinion la fréquence des hémoriiiagies dans ces tumeurs, la ressemblance que présentent les plus grosses granulations pigmentaires avec les globules rouges au point dt vue de la forme et du volume et la présence dans ces tumeur^ de cellules renfermant des globules rouges. L'analyse chimique permet de juger la question : tandis que les pigments d'origine hématique contiennent toujours du fer, celui de& tumeurs mélaniques n'en présente pas de traces, au moins dans la plupart des cas. Les analyses de Péris paraissent à cet égard tout à fait démonstratives (1).
On ignore complètement l'origine et la nature de la pigmentation brune que Virchow (2) a constatée dans les cartilages et les disques intervertébraux d'un vieillard et décrite sous le nom d'ochronose,
La coloration bleue que prend dans certains cas la suppuratioD est rapportée à la présence d'un parasite. Il en est de même de la couleur noir&tre que revêt parfois la muqueuse linguale. Les granulations que renferment les cellules conjonctives daib les plaques jaunes du santhelasma doivent être, d'après Balzer. considérées comme des microbes; ce sont des micrococcas arrondis ou un peu allongés (3).
Le dépôt dans les tissus de substances étrangères à Torganisme peut leur communiquer une coloration anormale; celle que produit le nitrate d'argent en est un exemple remarquable. D'autres fois, un organe seul est affecté ; tel est le poumon dans Vanihracosis; on sait que^ chez les ouvriers exposés par leur profession à inspirer incessamment des poussières de charbon, cette substance pénètre dans la muqueuse bronchique et particulièrement dans les glandes qu'elle renferme, puis dans les lymphatiques et les ganglions ; on a trouré
(1) Perli, Virchow's Archiv, XXXIX.
(î) Virchow. Arch, f, path. AnaL XXXVII.
(3) Balzer, ParatUUmedu Xanihelasma {BuiUUn del'Acad, deméd, \iSir
PROCESSUS DK RÉCÉNÉRATION. 375
es mêmes parties colorées en bleu par Tindigo et en rouge tarfoxyde de fer (Zenker). Ins (1) a provoqué expérimentalement » mêmes altérations chez des chiens en les laissant environ rois heures par jour, pendant plusieurs semaines, dans une atoosphère chargée de grès pulvérisé; il s*est convaincu que les lobules blancs sont les vecteurs des corpuscules étrangers. Ces neumokanioia donnent lieu au développement d*une bronhite chronique et d'une sclérose pulmonaire.
DlUXliHE CLASSE — DES TROUBLES ACTIFS
Il peut se développer, dans la plupart des tissus, des troubles utrilifs qui ont pour résultat l'augmentation du nombre ou a volume de leurs éléments; Tinflammation peut avoir cette ction ; le plus souvent pourtant les néoformations dont elle est origine sont destinées seulement à suppléer par un tissu de ^mplissage aux pertes subies par les organes ; il n'en est pas insi dans les processus dont nous devons nous occuper mainmant, les régénérations^ les hypertrophies et les néoplasies.