ARTICLE XII. — DOULEURS NÉPHRÉTIQUES
Les affections organiques des reins sont assez souvent complètement indolentes. Les sensations douloureuses qu'elles peuvent provoquer siègent d'ordinaire à la région lombaire et ne présentent que peu d'intensité. Il n'en est pas de mêmes de celles qui sont produites par le passage de calculs ou d'autres corps solides à travers l'uretère. Continues ou intermittentes, mais toujours paroxystiques, elles se font sentir à la région lombaire, dans le flanc et sur le trajet de ce conduit; des réflexes les accompagnent : les plus remarquables sont les vomissements, la contraction du crémasler produisant la rétraction du testicule, et les troubles de la circulation que dénotent la pâleur de la face, le refroidissement des extrémités, et la tendance à la syncope. Nous avons vu que l'excitation de la muqueuse peut donner lieu à la suspension momentanée de la sécrétion urinaire en agissant, soit sur les vaso-constricteurs, soit par inhibition sur les nerfs sécréteurs du rein.
Pendant les accès, les traits altérés expriment la souffrance et l'anxiété. La douleur peut être rapportée en partie à l'irritation de la muqueuse de l'uretère par le corps étranger avec lequel elle est en contact, mais elle paraît due surtout, comme celle qui caractérise les autres variétés de coliques (hépatiques, intestinales, utérines), à la contraction spasmodique des fibres lisses que renferme la paroi du conduit; on ne peut guère s'expliquer autrement son caractère nettement spasmodique.