ACTION DU SOL
Au point de vue de l'éliologie générale, le sol peut être considéré comme un réceptacle dans lequel s'élaborent ou se régénèrent plusieurs des agents infectieux les plus redoutables, entre autres le miasme paludéen et les miasmes-conlages de la fièvre jaune, de la peste et de la fièvre typhoïde (2); il constitue un milieu plus ou moins favorable à leur développement et à leur pullulation suivant sa température, sa richesse en matières organiques, sa perméabilité et son humidité.
(1) Bucquoy, Action de l'air comprimé, thèse de Strasbourg, 18j3, cité par Lacassagne.
(2) Léuu Colin, Traité des fièvres intermittentes. Paris, 1870.
ACTION DES MODIFICATIONS MÉCANIQUES. 71 .Nous ne reviendrons pas sur l'influence déjà étudiée de la température, si ce n'est pour rappeler que les miasmes telluriques acquièrent dans les pavs chauds leur maximum de puissance, et que le choléra, la peste et la fièvre jaune naissent toujours dans ces mêmes
climats. .
Les sols riches en matières organiques, tels que les terrains d avivions, sont généralement insalubres et engendrent des miasmes quand ils ne sont pas purifiés par une végétation suffisante pour épuiser leur puissance de rendement.
L'humidité favorise également à un haut degré le développement des miasmes; elle varie avec la nature des terrains dans leurs couches superficielles et dans leurs couches profondes. Ceux qui sont perméables laissent filtrer l'eau rapidement et ne gardent pas d'humidité s'ils ont une profondeur suffisante; ceux qui, au contraire, reposent sur une couche imperméable située superficiellement, deviennent marécageux et insalubres.
Bull et Pettenkofer se sont attachés à mettre en relief l'influence qu'exerce sur l'élaboration des miasmes typhoïdes et cholériques la hauteur de la nappe d'eau souterraine. Cette hauteur varie avec le degré de perméabilité du sol, la quantité d'eau pluviale qui tombe à une époque donnée et la profondeur à laquelle se trouvent les couches imperméables. Quand elle subit un abaissement, les parties poreuses du sol restent imprégnées d'humidité et constituent ainsi un milieu éminemment favorable à la multiplication des ferments. Des observations précises ont montré qu'à Munich le nombre des cas de fièvres typboïdes a varié, pendant plusieurs années, suivant les fluctuations de la nappe souterraine ; il ne paraît pas en être ainsi dans toutes les localités.