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ACTION DE LÀ COMMOTION

Nous la définirons, avec le professeur Verneuil, une série de phénomènes plus ou moins soudains, succédant à un ébranlement mécanique des éléments anatomiqu.es, tissus et organes, et caractérisés par une excitation et une dépression temporaires des propriétés, usages ou fonctions des parties ébranlées (1).

L'absence d'altération appréciable par nos moyens habituels d'exploration sépare la commotion des traumatismes proprement dits, et particulièrement de la contusion; ce n'est pas à dire que l'intégrité des parties reste entière dans cet état pathologique; M. Verneuil fait remarquer avec raison que, si la constitution matérielle des organes diffère suivant qu'ils sont en état de repos ou d'activité, il doit (6 forlion en être de même quand ils sont profondément troublés dans leurs fonctions par un ébranlement mécanique; mais ces modifications n'ont pas été directement constatées.

Duret(2) a montré que le liquide céphalo-rachidien peut, sous l'influence d'un choc crânien, refluer dans le quatrième ventricule et y produire des lésions traumatiques; on n'a plus affaire alors à une simple commotion.

C'est surtout dans les organes de l'innervation que la commotion se traduit par des effets sensibles; les phénomènes d'excitation consis-

(1) Verneuil, article commotion du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales.

(2) Uuret, Étude sur l'action du liquide céphalo-rachidien dans les traumatismes cérébraux (Arrhiees de p/tysiolot/ie normale et pathologique, 1S7S).

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lent eu des douleurs, des sensations anormales (phantasmes lumineux) ou des convulsions; Vulpian a vu la percussion de la partie postérieure du crâne donner lieu à un spasme convulsif de tous les "muscles des membres et à un arrêt des mouvements respiratoires ; Weslphal a provoqué parla même manœuvre des accès épileptiques ; mais le plus souvent les accidents produits par les chocs crâniens sont de nature dépressive. C'est, à un léger degré, de l'hébétude, delà stupeur, de l'obnubilation des sens ; le sujet est dans un état vertigineux ; il tombe ou trébuche ; sa face est devenue pâle, son pouls petit; sa respiration s'est momentanément arrêtée; puis après quelques instants', rarement au bout d'un quart d'heure, il revient à lui, sans garder souvenir de l'accident. Quand la commotion est violente, l'individu tombe sans se plaindre; il reste sans mouvements, sans connaissance, la sensibilité abolie, la respiration très faible, le pouls ralenti à 60, 40 ou même 20 mouvements par minute; c'est seulement au bout de quelques heures que l'on voit les fonctions se rétablir lentement et graduellement: cet état peut se terminer par la mort. M. Verneuil admet enfin une forme foudroyante dans laquelle la mort est instantanée. Ces accidents offrent beaucoup d'analogie avec ceux du coma apoplectique. De même, le choc des nerfs sensitifs donne lieu à une sensation d'engourdissement dans les parties qu'ils animent et celui des nerfs moteurs à de la parésie; de même l'ébranlement de la moelle épinière dans le cas de chute ou d'accident de chemin de fer peut suffire à la production d'une paraplégie temporaire ; ou a rapporté à un choc ventriculaire les diabètes survenus passagèrement après une commotion.

On peut invoquer avec beaucoup de vraisemblance, pour expliquer ces différents troubles, un mécanisme comparable à celui de l'arrêt du cœur par l'excitation du nerf vague (excitation paralysante). Cette action n'est pas nécessairement limitée à l'organe qui a été directement intéressé; elle peut s'étendre à toutes les parties auxquelles il est relié par des connexions nerveuses : le choc traumatique, comme le choc apoplectique du cerveau, retentit sur la moelle, en paralyse momentanément les fonctions et abolit les mouvements réflexes dans les membres inférieurs; de même un coup sec, portant sur la région épigastrique, retentit sur le cœur et en affaiblit ou en suspend les contractions (1). C'est là une variété de choc traumaliquc

(1) M. Verneuil en rapporte un bel exemple clans sou article Commotion; on ignore si, dans ces conditions, il se produit, comme dans l'expérience de Goltz, une anémie artérielle par suite de l'afflux du sang en grande masse dans les veines abdominales paralysées et considérablement dilatées ou si la violence agit par voie réllcxe sur les centres d'innervation cardiaque et respiratoire. Ce dernier mécanisme nous paraît le plus vraisemblable.

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(choc local) qu'il ne faut pas confondre avec le mode de réaction décrit sous le même nom.

Les phénomènes de commotion sont de courte durée; ils entraînent rapidement la mort ou disparaissent graduellement en peu de jours : chaque fois qu'ils persistent, on doit admettre qu'il ne s'agit pas seulement d'une commotion.

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