ACTION DE LA COMPRESSION
exposée à subir directement l'action de cette cause. Lorsqu'elle s'exerce sur les viscères ou sur les parties résistantes du corps, elle semble n'y produire d'autres désordres qu'une déformation plus ou moins prononcée; telles sont les déformations ethniques du crâne si fréquentes chez les populations préhistoriques et pratiquées encore de nos jours dans quelques localités de la Vendée, de la Seine-Inférieure et du Languedoc, celles du pied des Chinoises, celles du foie et des thorax par le corset.
b. Action sur les vaisseaux. — La compression des artères produit nécessairement l'anémie des parties auxquelles ces vaisseaux se distribuent, et bientôt leur nécrose, si la circulation ne peut se rétablir par d'autres voies.
La concession des veines contribue à y provoquer la formation des thromboses : ici encore il faut tenir grand compte de l'état général des malades, tout en recherchant les altérations que peuvent présenter la constitution du sang et les parois vasculaires; telle compression veineuse qui, chez un individu sain, serait inoffensive, provoquera chez un cachectique cancéreux ou tuberculeux ou chez une femme en état puerpéral le développement d'une thrombose.
c. Compression des nerfs. — Ses effets physiologiques ont été étudiés méthodiquement par J.-B. Bastien et Vulpian (1) : ils leur distinguent deux périodes, l'une d'augment commençant au moment où on établit la compression, l'autre de déclin ou de retour commençant au moment où on la cesse. La période d'augment a quatre stades, quand il s'agit d'un nerf mixte : un stade de fourmillement, un stade intermédiaire pendant lesquels on observe le retour momentané à l'état normal, un stade d'hypereslhésie, et enfin un stade d'anesthésie et de paralysie musculaire; cette paralysie peut, d'après A. W aller, s'étendre, par le mécanisme de l'inhibition, aux muscles animés par les nerfs voisins ; dans la période de retour, les mêmes stades se reproduisent en sens inverse; si la compression a été prolongée, les phénomènes de paralysie peuvent persister longtemps et le retour de la sensibilité peut être lui-même retardé de plusieurs jours (Weir Mitihell). Cette cause intervient assez fréquemment; on connaît les paralysies obstétricales qui parfois résultent de la compression des nerfs du bassin parla tête du fœtus, elles paralysies radiales produites par les luxations et les cals vicieux de l'humérus, par les béquilles, par la constriction du bras et par le décubitus dans une mauvaise position ; le professeur Panas a monlré que la plupart des paralysies radiales dites a frigore sont dues en réalité à celte dernière cause.
(I) Bustion et Vulpian, Comptes rendus de l'Académie des sciences, 185B.
ÉTIOLOGIE.