‹ Traité élémentaire de pathologie généraleChapitre 37 sur 183 · ACTION DES MODIFICATEURS ASSIMILABLES · texte numérisé non relu

ACTION DES MODIFICATEURS ASSIMILABLES

étudiée comme elle méritait ne l'Être; il paraît certain qu'il favorise le développement d'un certain nombre de maladies locales ou générales.

Une alimentation trop copieuse produit en premier lieu des troubles du côté des voies digestives : nous mentionnerons d'abord l'indigestion causée par un excès isolé, la dyspepsie que provoque l'usage d'aliments indigestes, irritants ou susceptibles de donner lieu au dégagement d'une grande quantité de gaz, puis la dilatation de l'estomac qui survient au bout d'un cerLain temps et peut devenir par ellemême une cause d'accidents; il se produit souvent dans les mêmes conditions une plilegmasie cbronique de la muqueuse. Cette pblegmasie est probablement la cause la plus fréquente (Peter) des troubles gastriques qu'accusent habituellement les gros mangeurs.

Après les repas copieux, on observe souvent une congestion de la face, des épistaxis et une tendance à l'assoupissement : la condition proebaine de ces divers troubles n'est pas déterminée ; on ne saurait dire s'ils sont de nature réllexe ou s'ils ne sont pas plutôt en relation avec les ebangements que provoque la surabondance de l'alimentation dans la composition et la tension du sang.

Parmi les maladies générales dont la cause que nous éludions favorise le développement, il faut citer l'obésité et la goutte ; sans doute elle ne suffit pas seule aies produire; on voit de gros mangeurs rester maigres. Dans les conditions physiologiques, les matériaux ingérés en excès sonteomburés et éliminés; il ne se fait une accumulation de graisse dans les tissus que si, sous l'influence d'une disposition souvent héréditaire, les échanges nutritifs sont peu actifs et les combustions incomplètes; de même une alimentation trop riche ne produit ordinairement la goutte, même chez les individus oisifs, que s'ils sont prédisposés à cette maladie par une diathèse héréditaire, en vertu de laquelle leurs matériaux albuminoïdes, incomplètement oxygénés, forment de l'acide urique au lieu d'urée. M. Bouchard a montré que le retard de la nutrition est la condition prochaine de ces états morbides (1).

On a attribué à l'abus do certains aliments une influence palhogénique spéciale : la consommation en excès des aliments gras et fécu jlents paraît favoriser la formation des calculs hépatiques ; nous avons admis que cette même cause peut donner lieu à des troubles dans les fonctions excrétoires de la peau en faisant éliminer par ses glandes sébacées et sudoripares des matières grasses anormales par leurs qualités ou leur quantité ou des substances qui en dérivent, et

(l) Bourh.inl, Maladies pur ralentissement de la nutrition, Paris, 1882.

provoquer ainsi, suivant le mode de réaction des sujets, soit différentes formes d'acné, soit différentes formes d'eczéma séborrhéique (1). L'usage immodéré des légumes riches en oxalate de potasse amène la formation des calculs de môme nature.

L'ingestion d'une quantité trop considérable de boissons peut produire de la dyspepsie et la dilalaLion de l'estomac, mais, le plus souvent, les liquides nuisent parleurs propriétés irritantes ou toxiques plutôt que par leur abondance, et leur étude, au point de vue qui nous occupe, rentre dans celle des poisons. L'abus des boissons stimulantes (thé, café, coca) a l'inconvénient d'exciter outre mesure le système nerveux, de provoquer des palpitations, et d'augmenter la tension artérielle; on peut le soupçonner de favoriser ainsi le développement de l'endartérite avec toutes ses conséquences, le ramollissement et l'hémorrhagie de l'encéphale, la néphrite, etc.

Page 1