‹ Traité élémentaire de pathologie généraleChapitre 44 sur 183 · L .r'jjjjitiniimBraiBV'i, wi · texte numérisé non relu

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Fig. i. — Pou du corps. Fig. 2. — Pou du pubis

l'eczéma impétigineux ; ils entretiennent souvent cette affection pendant des mois ou des années.

Les poux de corps se rencontrent chez les individus malpropres; ils donnent lieu a du prurigo qui occupe plus particulièrement la nuque et les fesses, et souvent aussi à despustules d'eclhyma, à de l'impétigo et à de la mélanodermie ; l'affection cutanée dont ils sont la cause est connue sous le nom de phthiriase ou maladie pédiculaire.

Les poux du pubis sont remarquables surtout par l'adhérence intime qu'ils contractent avec la peau (1), dont il est difficile de les arracher. On a montré récemment que les taches bleues sont produites par leur piqûre, et Duguet (2), en injectant dans le derme le liquide obtenu par l'écrasement d'un certain nombre de ces insectes, a pu les reproduire expérimentalement; elles disparaissent après la mort. On n'en connaît pas exactement la cause prochaine ; l'hypothèse la plus vraisemblable nous paraît être celle qui les rattacherait à une stase vei-

(1) V. Marsiglia, in notes ajoutées à la traduction italienne de ce Traité (1" édition). .

[2) Duguet, Compt. rend, de la Soc. de biologie, 1880. (*) a, son œuf attaché à un poil.

H L'embryon de l'œuf le plus élevé a été éliminé, il ne reste que sa gaine de chitine: le couvercle de l'œuf moyen est soulevé : grossi 25 fois.

Hallopeau, 3e édition. 7

Fi?. 3.

— Cheveu avec lentes de poux de tête (**).

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neuse et capillaire produite, soit par une paralysie des petits vaisseaux, soit par le tétanisrae d'une artériole.

Ces insectes sont remarquables par leur grande fécondité; leurs œufs, de forme ovale, s'entourent d'une gaine de chitine par laquelle ils adhèrent aux poils (fig. 3).

§ 2. — Puces.

Les mâchoires de ces insectes (fig. 4 et 5) forment la gaine de deux lancettes aiguës qui peuvent pénétrer dans les téguments; le sang monte le long de cette petite lame.

La piqûre produit, en même temps

qu'une douleur

aiguë,

une tache

Fig. 4. — Puce (*).

Fig. 5. — Puce (")

ecchymotique, et en outre, chez beaucoup de sujets, une plaque d'urticaire qui disparaît au bout de quelques minutes (1).

§ 3. — Chique.

Cet insecte (fig. 6) vit dans les parties chaudes de l'Amérique (2). La femelle, quand elle est fécondée, pénètre à l'aide de ses scies mandibulaires sous l'épiderme des extrémités inférieures ou du scrotum, rarement en d'autres parties ; son abdomen se développe et atteint les dimensions d'un pois (fig. 7); l'insecte est alors chassé par les tissus, et la ponte a lieu. La tuméfaction de la poche produit une irritation mécanique qui peut donner lieu à de la suppuration, à des adénites,

(1) Voy. Brehm, les Insectes, édition française par Kunckel d'Herculais. Paris, 1884, t. II.

(2) Laboulbène, article Chioce du Dictionnaire encyclopédique. (*) a, le mâle. - b, la femelle. - c, l'œuf (Moquin-Tandon).

Un \ tête - a, mâchoire gauche. - b, lancettes en mandibules. - c, palpe labial Juche d palpes maxillaires. - B, rostelle développé. - aa, mâchoires .nfericures, fhacune avec son palpe. - bb, lancettes en mandibules - c, levrc infeneure avec ses deux palpes. - C, extrémité d'une lancette (Moquin-Tandon).

quelquefois à l'érysipèle, et ultérieurement à des ulcères difficiles à «uérir; on les a vus se compliquer de phagédénisme ou de gangrène; on a noté encore l'anesthésie des parties qui avoisinent la lésion ;

Fig. 6. — Puce chiquo (G. Bonnet)

Chique gorgée (G. Bonnet).

les orteils peuvent se carier ou se nécroser ; quand l'ulcère se forme autour d'un ongle (onyxis ulcéreux), il est ordinairement rebelle, il amène la chute, de cet organe et quelquefois aussi l'inflammation et la nécrose de la phalange sous-jacente (1).

§4. — Larves.

Lorsque les mouches déposent leurs œufs dans des cavités naturelles

Fig. 8. — Mouche honiinivore. Fig. 9. — Larves de mouche hominivore (*).

bu accidentelles, leurs larves peuvent, en se développant, donner lieu à des phlegmasies localisées et à des ulcérations. Dans nos cli-

(1) Maurel cité par Nielly, Éléments de pathologie exotique. Paris, 1881. (*) a, larve. — b, extrémité céphalique, — c, crochet.

ÉTIOLOfjllï.

mats, les accidenls qui en résultent n'ont généralement pas de gravité, mais il n'en est pas de même dans les pays chauds.

Les larves de la mouche hominivore (Lucilia hominivorax) (fig. 8i et 9) se développent assez fréquemment dans la partie supérieure des 1 l'osses nasales et y provoquent une phlegmasie qui peut s'étendre aux paupières et au front, et amener des ulcérations, la nécrose et la' destruction des os du nez et quelquefois une méningite (1).

Woillez pense que l'affection connue sous le nom de peenash est produite par la mouche hominivore.

La larve de YOchronya antliropophaga, dite ver de Catjor, s'introduit sous la peau et donne lieu à la formation d'un boulon d'apparence1 furonculeuse.

Les larves des œstres engendrent également des phlegmasies cutanées circonscrites et sans gravité.

D'autres insectes peuvent donner naissance à des affections analogues, connues dans les pays chauds sous des noms divers.

ARTICLE n. — ACARIENS (2).

§ i. — Sarcoptes.

Le plus connu est le sarcopte (fig. 10) qui est la cause delà gale. Il est d'une couleur blanc jaunâtre ; son rostre est pourvu de deux mandibules bifurquées et de deux mâchoires à palpes énormes; ses quatre pattes antérieures se terminent par une ventouse pédiculée et les quatre postérieures par une longue soie brune et pointue chez la femelle, tandis que chez le mâle la troisième paire seulement est munie de cette soie et la dernière porte, comme les antérieures, une ventouse pédiculée ; on voit aussi des soies sur la partie postérieure du corps et des saillies en forme d'épines sur le dos. La femelle est près

(1) Nielly, ouvrage cité.

(2) J. Chatin, article Parasites du Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques. Paris, 1878.

(*) Femelle vue par la face ventrale. — a, œuf.

Fig. 10. — Sarcopte de la gale (

de deux fois aussi grosse que le mâle; elle mesure de 0,27 à 0,45 mill. de long sur 0.30 à 0,33 mill. de large; elle entame l'épidémie et s'y

Fig. 11. — Sillon renfermant un sarcopte femelle à son extrémité (*).

(') Ce sarcopte contient un œuf; derrière lui, on voit une série d'œufs rangés dans l'axe i sillon ; dans les plus éloignés, le sarcopte commence à se développer ; les grains noirs ntles excréments du parasite : grossi 70 fois (Hébra).

creuse une galerie, un sillon (fig. H), à l'extrémité duquel on peut la trouve]-; elle y dépose ses œufs, de forme ovale; de ceux-ci naissent, au bout de six jours, des larves qui s'enfoncent de plus en plus dans Fépiderme; après plusieurs mues, ces acares arrivent, vers le quatorzième jour, àl'état adulte, prêts, s'il s'agit des femelles, à creuser de nouveaux sillons. Isolés du corps humain, ils peuvent, s'ils se trouvent à l'humidité, survivre pendant un mois environ. Ils se transmettent par des contacts prolongés, le plus souvent au lit. Ils vivent aussi chez certains animaux, tels que le chien, et peuvent être communiqués à l'homme par leur intermédiaire. La présence de ces parasites détermine de vives démangeaisons et la production d'éruptions secondaires, le prurigo, l'ecthyma, l'eczéma et l'impétigo. Ses lieux d'élection sont les mains, les coudes, les aisselles, les seins, le nombril, le'

pénis et, chez les enfants, la plante des pieds.

§ 2. — Rouget.

Le rouget (fig. 12), acarus visible à l'œil nu et décrit aussi sous les noms d'acarus autumnalis (Shaw), de leptus autumnalis (Lats) et d'acarus des récoltes, présente, comme l'indique son nom, une coloration rosée; il est fréquent à l'automne dans les jardins; pourvu d'un rostre protractile à Fig. 12.- Rouget. 1>aide duquel ij s'insinue dans les couches

superficielles de l'épiderme, il donne lieu à des éruptions érythémateuses, papuleuses ou vésiculeuses et à de vives démangeaisons (1).

§ 3. — Demodex folliculorum.

Le demodex folliculorum habite les glandes sébacées; le rôle qu'on lui a attribué dans la production de l'acné a été contesté depuis qu'on l'a trouvé fréquemment dans les follicules sains. Son corps est vermiforme; sa tête se confond avec le thorax : son abdomen est allongé et crénelé ; sa tête a une trompe munie de deux palpes latéraux articulés et de stylets.

§ 4. — Tyroglyphes.

M. Le Roy de Méricourt a trouvé dans le pus d'une otite un acarien

(1) Marsiglia, notes citées.

qui a été désigné par M. Laboulbène sous le nom de Tyroglyphus Mericourti et par MM. Ch. Robin et Fumouze sous celui àe Cheylelus Mericourti; tout récemment, M. Meniez (1) a constate a Lille la présence de ce parasite dans des amas de graisse. Cet acanen, long de 0mm,45, est pourvu de deux palpes énormes portant deux crochets.

§ 5. — Tiques ou ricins.

Les Tiques ou ricins sont des ixodides qui s'attachent à la peau par les crochets de leur rostre et absorbent du sang en quantité assez considérable pour que leur volume augmente beaucoup. Leurs palpes engainent un suçoir formé de trois pièces cornées.

§ 6. — Garapatos.

Les Garapatos ou Garapates du Brésil ressemblent beaucoup aux précédents et se comportent comme eux. Ils incisent profondément la peau avec leur rostre puissant et s'y maintiennent avec force.

§ 7. — Argas.

Les Argas de Perse et de Colombie sont également desixodes voisins des tiques ; ils ont des palpes à quatre articles cylindriques (flg. 13). M. Laboulbène a pu étudier avec M. Mégnin ces parasites dont plusieurs lui ont été envoyés par M. Tholozan; il y en a deux espèces, la Punaise de miana (Argas persicus) et la punaise des moutons (Aî'gas Tholozani); leurs propriétés nocives, singulièrement exagérées par Fischer, sont très analogues à celles de nos ixodes indigènes; M. Mégnin l'a constaté sur lui-même (2).

Fig. 13. — Arga de Perse, grandeur naturelle et grossie.

(1) R. Moniez, Parasitisme accidentel sur l'homme du Tyroglyphus farinœ (C. R. de l'Acad. des sciences, 1889).

(2) Laboulbène et Mégnin, Note sur les Argas de Perse (Bull, de la Soc. de biologie, 1882) ; — Mégnin, Expériences sur l'action nocive des Argas de Perse (même recueil).

ftTlOLOGIE.

§■ 8,. '— Linguatules.

Les lingualules ou pentaslomes denliculés (Pig. H) se rapprochent, d'après MM. Van Beneden et Laboulbène (1), des crustacés dont ils représenteraient la forme helmirilhoïde ; ils ont été trouvés assez souvent | à l'état de larve dans le foie, quelquefois dans la rate, le poumon, les reins ou la paroi de l'intestin ; Landon les a rencontrés une fois dans les fosses nasales chez un individu qui avait depuis longtemps des epistaxis; ils sont contenus dans des kystes incrustés de sels calcaires et d'un volume qui ne dépasse guère celui d'un pois. Ils ont de la ressemblance avec le demodex; le corps, long de 4 à 5 mill. sur 1mm,5 de large, est vermiforme, annelé, aplati, élargi en avant, aminci postérieurement, formé d'environ 90 segments annulaires dont le bord est hérissé de petites saillies en épines ; la bouche est armée de quatre crochets qu'entoure une gaîne de chitine.

C'est, d'après Leuckart, la larve du pcnîastome Fig. y. — Linguatuie tdenioide, animal en forme de lancette, que l'on

denticulé.

trouve dans les cavités frontales de certains

animaux, et particulièrement du chien.

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