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HYDROPISIE

admet que, dans ces conditions, il se produit un trouble nutritif plus ou moins analogue à celui qui constitue le premier phénomène du travail inflammatoire; ce trouble porte, d'après Cohnhfiim, sur la paroi v.ascuiaire et amène une exsudation; rappelons à se sujet que, dans l'inflammation, il peut se faire une exsudation séreuse très abondante; la parenté est telle entre les deux processus que certains étals morbides peuvent être rapportés aussi bien à l'un qu'à l'autre ; il en est ainsi, par exemple, de l'œdème qui se manifeste souvent dans la pleurésie purulente au niveau delà partie postérieure des espaces intercostaux.

Jankowski (1) a constaté que l'inflammation s'accompagne d'un œdème beaucoup plus considérable si Ton pratique la section des troncs nerveux dans lesquels sont contenus les vaso-moteurs de la partie malade.

On doit, à coup sur, rapporter à un trouble localisé dans l'innerva- (ion vaso-motrice l'affection décrite par Riehl (2) sous le nom d'œdème aigu circonscrit et bien étudiée, chez un malade de noire service, par M. Courlois-Suffit (3); elle est caractérisée par l'apparition soudaine de tuméfactions limitées de la peau ou des muqueuses avec infiltration du tissu cellulaire sous-jacent, leur disparition au bout de quelques heures et leurs récidives incessantes pendant des mois ou des années.

L'œdème que l'on peut souvent constater dans les membres paralysés par lésion de l'encéphale ou de la moeiie (4) s'explique par la paralysie vaso-motrice qui amène la dilatation des artérioles et consécutivement la diminution de la vis a tergo ; l'inertie des muscles, en annulant une des influences qui favorisent la circulation dans les veines, contribue à provoquer la transsudation (Vulpian) : ici encore l'afflux sanguin augmente la fillration, et la circulation en retour par les lymphatiques et les veinules est insuffisante à reprendre le liquide épanché.

M. G. Sée (S) a rapporté à une paralysie des vaso-moteurs cutanés l'hydropisie qui succède parfois à un refroidissement sans qu'il y ait trace d'albuiniue dans les urines.

Les hydropisies que l'on attribue généralement à une altération du sang sont celles que l'on observe dans les maladies générales ou locales accompagnées de dyscrasie telles que le mal de Bright, la chlorose, l'inanilion, le scorbut et la convalescence des fièvres graves.

(1) Jankowski, Virchow's Archiv, XCUI.

(2) Rlisht, Wïen. med. Wochcnschr., 1888.

(3) Courtois-Sufflt, Note sur l'œdème aigu circonscrit de la peau (Ami. de dermat. et de *!tphiligr., 1889). m i-vic^uo'.1» v>r»nnH ^Fj

'•i.Charcut, Soc. de biologie. 1873. — Liouville. Soc. de biologie, 1873. — Ollivicr Arch. de médecine, 1873.— Bourdon et Chouppe, Archives de ph?/siolo(,if<, 1S72. (5) G. See, Angulo Ileredia et de Raur. Thèses de Paris, 187 i et 1877.

Hai.i.opeau, 3° édition. 24

370 PROCESSUS MQUIUDES.

On a admis longtemps qu'elles reconnaissaient pour cause prochaine l'hydrémie amenant une fluidité plus grande du sang, et par suite une augmentation de son pouvoir diffusible. De remarquables expériences de Cohnheim (l)ont montré que celte théorie ne peut rendre compte des faits. L'hydrémie simple, telle qu'on l'obtient en injectant de l'eau salée dans les veines d'un animal après lui avoir retiré un* quantité égale de sang, ne donne pas lieu à de l'œdème ; celui-ci ne survient que si on produit la polycmie en même temps que l'hydrémie en introduisant dans la circulation une quantité considérable de liquide aqueux. Un autre facteur des plus importants est l'altération de laparoi vasculaire; celle-ci paraît survenir chaque fois que le sang n'a pas ses qualités normales ; c'est ainsi que, d'après Cohnheim, l'hydrémie simple la produit quand elle dure pendant plusieurs jours et s'accompagne alors d'œdème.

Il faut donc tenir compte dans la palhogénie des œdèmes dyscrasiques de trois éléments : l'hydrémie, la polyémie et l'altération de la paroi; deux d'entre eux suffisent à produire la transsudation; il peut en être ainsi dans la néphrite parenchymateuse où les perles d'albumine (2) produisent l'hydrémie, en même temps que la diminution de la sécrétion urinaire amène la polyémie; il faut ajouter cependant que dans cette maladie les parois vasculaires sont souvent altérées concurremment; c'est ce qui se produit, par exemple, dans la néphrite scarlatineuse et peut-être aussi dans les néphrites à frigore; dans les cachexies, l'état d'hydrémie coexiste vraisemblablement avec une altération de la paroi.

Il n'est pas rare qu'un trouble de la circulation vienne favoriser l'action des causes précédentes, et produire un œdème à la fois mécanique et dynamique. Tel obstacle à la circulation qui, chez un individu sain, ne donnerait lieu à aucun trouble morbide, amène de l'œdème chez un cachectique ou un albuminurique.

La composition du liquide exsudé varie Irès notablement suivant: le réseau vasculaire dont il provient, l'existence ou l'absence d'un processus phlegmasique, la composition du sang, sa richesse en albuminoïdes et la forme sous laquelle ces substances y sont représentées, l'ancienneté et la tension de l'exsudat, les phénomènes de résorption qui se produisent et enlin la pression du sang dans les capillaires qui ont laissé transsuder le liquide. Rùneberg (3), qui a étudié l'action

(1) Cohnheim, ouvrage cité.

(2) Andral et Gavarret, Annales de chimie, LXV, ont constaté que l'albumine du sérum subit dans la néphrite albumineuse une diminution plus considérable que dans toute autre maladie : ils ont trouvé, au lieu de 72 p. 100, les chiffres de fi9.9, de 00.8, et de 61.5.

;3) Runcberg, Kliniska shidier ce f ver transsud. procès, inom organismen (Finska Ixkare vclÛlc. Hondl., 188b).

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