‹ Traité élémentaire de peinture. Contenant les principes du dessin, du modelé et du coloris, et leur application à l'imitation des objets à la compositionChapitre 18 sur 124 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De la couleur.

Après avoir dessiné et modelé d’après le relief et d’après la nature vivante , il faut prendre la palette. Jusqu’ici il n’a fallu rendre les formes que par le dessin, par les demi-teintes et les ombres ; on exprimait tous ces accidens en faisant abstraction de la couleur des objets. Avec le crayon, sur du papier blanc, ou avec les crayons noir et blanc sur un papier de couleur, on ne faisait toujours qu’un dessin. Maintenant, outre le contour elle modelé qui marchent déjà concurremment , il faut y joindre la couleur propre à chaque objet.

Ce qu’il y a de mieux à faire et ce que l’on fait ordinairement pour tirer l’élève de l’embarras où le place cette condition de colorier, c’est de lui faire copier quelques

têtes peintes, d’après un maître dont le dessin soit correct et le coloris vrai et brillant. Les ouvrages du Titien sont, sans contredit, ceux où l’on trouvera les plus excellens modèles en pareille occasion. C’est le peintre dont le coloris est le plus naturel et dont le travail du pinceau est le plus exempt de manière. En se livrant à cet exercice on apprendra à connaître la nature et l’emploi des différentes substances dont on se sert pour colorier en peignant.

§ I. — De la disposition des couleurs sur la palette.

Le nombre des couleurs dont on fait usage pour peindre à l’huile est assez borné, et l’on ne s’occupera ici que de celles dont l’emploi est consacré par l’expérience. Voici leurs noms et l’ordre dans lequel on les place sur la palette :

i.Le jaune de Naples (jaune clair); a. l’ocre jaune; 3. l’ocre de rhue (jaune foncé \ i. Le cinabre ( rouge un peu orangé) ; 2. le 'vermillon (rouge) ; 3.1e Brun ou ocre rouge ; 4. la laque (violet rouge).

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