‹ Traité élémentaire de peinture. Contenant les principes du dessin, du modelé et du coloris, et leur application à l'imitation des objets à la compositionChapitre 26 sur 124 · PROCÉDÉS DIFFÉRÉES POUR PEINDRE. Ç) I · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS DIFFÉRÉES POUR PEINDRE. Ç) I

des artistes d’un pays à qui on transmet cette faculté. Si les études nécessaires pour peindre à fresque ont formé des hommes comme Masaccio, Léonard de Vinci, Michel Ange et Raphaël, dont les ouvrages à l’huile ont tant de pureté et de correction, peutêtre ne serait-il pas témérairè de penser que les Pietre de Cortone et les Luca Giordano ont fait des fresques si désordonnées parce qu’ils commencèrent à étudier l’art en peignant à l’huile.

On s’abstiendra de fournir ici des détails plus amples que ceux qui ont été donnés déjà dans cet ouvrage sur la manière de peindre à l’huile. On se bornera à dire que ce procédé, plus parfait que la fresque, ne peut que faciliter le développement du talent d’un artiste qui étudie sérieusement ; mais que l’apparente et dangereuse facilité avec laquelle on manie les couleurs préparées à l’huile, est l’écueil le plus redoutable pour les jeunes peintres à qui la nature a donné plus de vivacité que de courage, plus de facilité que de talent.

III. Du lavis. — .Le lavis monochrome a été rangé dans la catégorie de ce que l’on nom*

me les dessins ; car il n’y a pas de peinture sans couleurs.

Lorsqu’un dessin lavé à l’encre de la Chine -est bien modelé dans toutes ses parties, si vous appliquez sur chaque objet séparé une teinte transparente de la couleur qui lui est propre, vous ferez ce que l’on appelle une enluminure; ce qui est pour la peinture à l’eau, précisément ce qu’un glacis est pour la peinture à l’huile.

Si au lieu de procéder de cette dernière manière, par V enluminure, on étend sur du papier blanc des couleurs broyées à l’eau gommée, comme nous avons enseigné à employer celles broyées à l’huile, c’est-à-dire en faisant des teintes par le mélange, on peindra à Y aquarelle. Il y a cependant une différence capitale dans le procédé et le résultat de ces deux genres. A Y aquarelle on. n’emploie que des couleurs transparentes ou que l’on rend telles par la quantité d’eau suffisante. Le blanc, le massicot, et en général toutes les couleurs opaques au moyen desquelles on exprime les clairs en peignant à l’huile, ne servent point à l’acquarelle. Dans ce dernier genre, le blanc du papier

PROCÉDÉS DîFFÉRENS POUR PEIMDRE. pL

conservé soigneusement , sert à rendre les clairs, que l’on colore, ainsi que le reste, avec des teintes légères mais vives et fraîches.

Il ne faut pas faire usage trop fréquemment de la peinture à Y aquarelle, parce que ce genre porte à exécuter mesquinement et avec une gentillesse de couleur, qui est plutôt le fait d’un peintre d’éventail que d’un artiste; mais on aurait tort de le négliger entièrement, car il donne de la délicatesse à la touche, et rend l’œil fin sur la pureté du ton des couleurs, qui ne sont point altérées par l’eau, comme elles le sont toujours par les huiles, quelque bien clarifiées qu’elles puissent être.

IV. Peinture sur verre, porcelaine, émail , bois , pierre s, métaux, étoffes, etc. — Après avoir indiqué les divers modes de peinture qu’il importe réellement à un artiste de connaître et même de pratiquer, venons aux autres procédés. Les uns ne sont que des modifications de ceux dont il a été question ; depuis longtemps les autres ne sont plus d’usage que dans -des eas particuliers , ou enfin, ils sont plutôt une branche d’industrie qu’un art.

La peinture sur verre présente tous ces cas

d’exception. Considérée sous le point de vue de l’art, la manière dont on employait les couleurs sur les vitraux est la même que pour l’enluminure, c’est-à-dire que l’on ne mettait que des teintes à plat, sans dégradation de couleur ni de lumière. C’était au moins ainsi qu’opéraient les artistes qui ont peint sur verre jusqu’au quinzième siècle. Le mérite pittoresque de ces ouvrages était dans le trait, la composition et le choix harmonieux des couleurs. Quant au procédé matériel pour teindre le verre, dont la connaissance est, dit-on, perdue, c’était l’affaire du peintre verrier.

Depuis un siècle on a fait beaucoup d’efforts pour remettre la peinture sur verre en honneur. Sous le rapport industriel et commercial, ces tentatives sont fort louables, mais l’art de peindre sur verre, et l’art de la peinture en général, n’y ont rien gagné.

Dans les ouvrages de cette nature faits depuis soixante ans jusqu’à nos jours, on est parvenu à imiter la dégradation de la lumière et de la couleur , mais d’une manière bien imparfaite relativement aux tableaux peints à fresque , à l’acquarelle, et

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