PROCÉDÉS DIFFÉRÉES POUR PEINDRE
surtout à l’huile. Dans l’état où est ce procédé aujourd’hui, il ne peut être d’aucune utilité pour faire valoir le talent d’un homme habile.
La peinture sur émail est à peu près dans le même cas. Le procédé et les matières dont le fameux Petitot faisait usage sous le règne de Louis XIV, sont perdus, à ce que l’on assure. Aujourd’hui, pour peindre en ce genre, on étend, par le moyen du feu, de la pâte d’émail blanc sur une plaque d’or, puis avec des couleurs minérales on peint d’après le même procédé qu’à l’acquarelle, c’est-à-dire en conservant la pâte blanche pour exprimer les clairs modifiés par des couleurs transparentes. Le choix des matières colorantes, et la manière d’exposer ces peintures au feu pour les faire vitrifier, sont l’objet d’une industrie particulière, qu’il serait trop long de faire connaître, et qui d’ailleurs 11’entre pas dans notre sujet.
La peinture sur porcelaine est précisément dans le même cas, mais elle offre plus de ressources et permet davantage au talent de se développer. Les soins que des personnes habiles ont récemment donnés à ce genre
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de peinture, et les bons ouvrages qui sont sortis de leurs mains, l’ont particulièrement fait distinguer; il est surtout agréable pour les portraits, pour l’ornement des vases et des meubles en porcelaine;
La miniature. — Originairement on appelait miniatori , miniateurs, en Italie, ceux qui dès le quatrième siècle faisaient à l’eau gommée, et avec des couleurs gouachées, des ornemens et des peintures pour les manuscrits. Le Virgile et le Térence du Vatican renferment les plus anciennes miniatures de cette espèce. L’usage en devint fort commun jusqu’au seizième siècle, où fra Angélico da Ficsole a fait les plus belles; on les admire encore. Depuis un siècle et demi environ on est convenu d’appeler miniature toute peinture de petite dimension, exécutée à l’eau et à la gouache sur du papier, du vélin ou de l’ivoire. Cette dernière matière a tellement prévalu dans la pratique, qu’aujourd’hui on ne reconnaît pour miniature que ce qui est peint sur ivoire, et que l’on donne le nom d’aquarelle à ce qui est exécuté sur papier ou sur vélin.
Peinture sur bois, sur pierre, etc. — Quant
PROCÉDÉS DIFFÉREJSS POUR PEINDRE. 97 à ce que l’on appelle la peinture sur bois , sur toile , sur pierre , sur métaux, etc., c’est un abus de mots. On ne peint jamais sur ces différentes matières sans y appliquer préalablement un enduit, une impression, ou un liniment qui sert d’intermédiaire , et sur lequel on fixe les couleurs.
Tout ce qui a été dit relativement à la méthode de préparer les couleurs et les teintes sur la palette, et d’appliquer les tons sur la toile, pour exprimer le modelé et le coloris des objets que l’on cherche à imiter, paraîtra peut-être bien compliqué. L’élève qui lira ce traité sera sans doute effrayé de l’appareil et de l’ordre mathématique que l’on introduit dans la pratique d’un art qui ne promet ordinairement à la jeunesse que du plaisir et des succès faciles.
Mais, on doit le savoir, l’exposition méthodique de l’art le plus simple et le plus connu exige de la part de celui qui entreprend de la faire une exactitude minutieuse, qui blesse également le lecteur quand on lui explique ce qu’il sait déjà, ou que l’on fait des efforts pour éclaircir ce qu’il a de la
teinture. 7
gS DE LA COULEUR.
peine et un grand intérêt à comprendre. On glissera donc sur les vérités banales qu’il a fallu redire, pour rejeter toute son attention sur les parties de ce traité dont la nouveauté pourrait au premier coup d’œil contrarier les idées reçues.
On a présenté successivement les principes qui peuvent le mieux guider dans l’étude pratique du dessin , du modelé et de la couleur. Maintenant on s’occupera de déterminer le mode d’étude le plus propre à coordonner les premières connaissances pratiques , et à les faire servir à fixer la réflexion et les observations du jeune peintre, sur la nature des formes et des objets que le talent d’imiter met en quelque sorte à sa disposition.
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