EXPRESSION, GESTE. JO
Mais comme on aura plus d’une occasion de reparler du contour à l’occasion du modelé avec lequel il se complique, nous allons passer à l’étude de cette autre partie de l’art, qui a pour objet d’imiter les proportions relatives des formes en saillie et en profondeur, comme le contour les détermine par les profils.
section 11.
Du modelé.
On imagine facilement une figure d’animal ou d’homme, déterminée par un simple contour et où les formes intérieures ne sont pas même indiquées par des traits ou des points. Tout le monde a vu découper des silhouettes sur du papier noir ou blanc, et a dû être frappé de l’extrême ressemblance que l’on obtient souvent avec ce genre de dessin si peu compliqué, tant le contour a de puissance sur nos yeux, sur notre imagination et sur notre réflexion.
Maintenant, que l’on mette à la disposition de notre esprit les clairs, les demi-teintes, les ombres et les reflets de tous les objets
*■10 DES FORMES
qui produisent et reçoivent l’influence d( t; ces accidens, puis que l’on nous ordonnt t de former quelque chose de déterminé avec ( ces élémens, en nous retirant toutefois h faculté de choisir et de tracer un contour I que pourrons-nous faire? Rien. La lumière | est comme un liquide qui n’a pas de forme | par lui - même et n’en reçoit accidentelle- 1 ment que par le vase qui le contient. Le f contour général d’un corps est donc le1 d vase. Le contour dessiné est ce qui reprodur \ 1 aspect particulier sous lequel nous envi- ' sageons le contour général : c’en est la silhouette. Or, il est impossible de donner au> yeux et à l’esprit l’idée d’une forme sans! l’opération préalable et indispensable de la j silhouette. e
Le modelé , l’expression de la lumière et 1 des ombres sur les corps, dépend donc ab- fi solument du contour qui spécifie et déter-! t mine la forme générale et caractéristique de l’objet.
Mais comme en peinture on se propose d imiter la nature , non-seulement dans ce < qu elle a de simple, mais dans ce qu’elle t offre de composé, le contour qui exprime f
detant, mais qui n’exprime pas tout, ne sufnefîra pas , et c’est le modelé qui lui servira de ^complément dans l’expression des formes, lai Pour être plus facilement compris, nous r, ferons nos démonstrations sur un corps rére gulier. Que l’on suppose donc une sphère le placée devant nos yeux, et donnons-nous !• la faculté de la trancher dans tous les sens e comme bon nous semblera. La coupant donc e de haut en bas , par le milieu et dans le t plan vertical et parallèle à nos yeux , nous . ôtons pour un instant l’hémisphère qui nous ■ cachait son centre et son diamètre, et nous ; découvrons une superficie plane enfermée dans un cercle. Ce cercle est à peu de chose près le contour , la silhouette de la sphère entière, et ce contour ou cette silhouette en détermine la forme seulement de profil. On fera dessiner ce profil de la sphère à l’élève.
Cette opération faite , on replacera l’hémisphère antérieur, en ayant soin que le rayon lumineux qui l’éclairera soit unique et bien direct (le mieux est d’employer une lampe). L’élève s’apercevra qu’indépendamment du contour qui se dessine de
profil sur le champ libre devant lequel e.< placée la sphère, il y a une foule de con tours qui avancent plus ou moins sur l’œi à mesure qu’ils se rapprochent du poin principal où le rayon visuel du spectateu va aboutir. Pour rendre ce phénomène plu sensible, on pourra substituer momentané1 ment à la sphère pleine , une autre sphèr» à jour, composée de six, de douze ou dt vingt-quatre diamètres, en fil de laiton, er sorte que, partant du premier cercle entièrement développé, et dont on a fait lt dessin , l’élève puisse successivement saisii la diminution de la courbure des cercles , tant qu’enfin son œil venant à rencontrer le cercle de laiton qui s’enfile précisément avec le rayon visuel de son œil , il se convaincra que ce cercle n’ayant plus de développement de profil soit à droite ou à gauche, il ne présente plus à sa vue que l’apparence d’une ligne verticale. On se convaincra par là de l’importance plus ou moins grande du contour, à mesure qu’il développe la forme de l’objet dans ses dimensions les plus complètes, et l’on sentira la nécessité de chercher les moyens de
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