‹ Traité élémentaire de peinture. Contenant les principes du dessin, du modelé et du coloris, et leur application à l'imitation des objets à la compositionChapitre 51 sur 124 · DU BEAU , DU LAID , CONCLUSION · texte numérisé non relu

DU BEAU , DU LAID , CONCLUSION

suite sur les sentimens de l’homme , que Léonard a fait l’application, de tous les prin- ! cipes qu’il a établis. Il suit de cette manière d’enseigner que l’artiste qui sait copier, et qui , après avoir étudié toutes les parties qui i constituent l’homme , aura la fantaisie d’imiter un arbre ou une plante, jugera par analogie qu’il faut observer en particulier le tronc d’un chêne*, ou la tige d’une fleur, comme il étudie les os et les muscles d’un homme ou d’un animal; il sentira que la dégradation de la lumière et la théorie des couleurs s’appliquent indifféremment à tous les corps, quelles que soient leurs formes particulières , et qu’ enfin , quand on a abordé toutes les grandes difficultés qui se rattachent à l’étude des formes, des mouvemens, et même de la vie de l’homme, on n’en rencontre plus que de bien moindres, en s’occupant de la nature végétante ou morte.

Léonard de Vinci, comme tous les grands artistes de son pays, jusqu’au seizième siècle, n’a donc eu aucunement l’idée de diviser l’art de la peinture en plusieurs genres. Persuadé qu’il était, que rien n’est plus inutile et ordinairement plus dangereux, que de

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vouloir former le goût des artistes dans tout ce qui tient à l’art d’inventer, il s’est borné à leur indiquer les moyens scientifiques et matériels que l’expérience lui avait fait reconnaître bons, pour copier correctement d'après nature tous les objets qu’il leur prendrait envie d’imiter. En aucun endroit de son livre il n’indique de s’occuper de tel objet plutôt que de tel autre. Il donne le moyen de rendre l’apparence des objets comme un grammairien enseigne la syntaxe , comme un musicien développe les lois de l’harmonie. Le rhéteur, l’homme qui veut apprendre à son élève l’art de sentir et de penser, ne paraît jamais. Aussi les principes du livre de Léonard de Vinci sont-ils également applicables à des travaux de la nature de ceux de llaphaël et de Michel Ange, comme aux bambocliades d’un peintre flamand ou hollandais.

Cette manière de faire un traité de peinture nous a paru la meilleure ; nous l’avons adoptée. Le lecteur jugera si nous l’avons bien suivie.

BIOGRAPHIE

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