‹ Traité élémentaire de peinture. Contenant les principes du dessin, du modelé et du coloris, et leur application à l'imitation des objets à la compositionChapitre 68 sur 124 · SILHOUETTE · texte numérisé non relu

SILHOUETTE

SINGE. V. Pantogbapoe.

SOURD. — Ton sourd, couleur sourde, 6* dit pour désigner un ton ou une couleur qui u’ont que peu ou point d’éclat.

STYLE. — Tournure, aspect particuliers sous lesquels un peiulre développe et fixe ses pensées dans ses ouvrages. I.a manière résulte plus particulièrement de l’emploi despro. cédés matériels ; le style naît de la disposition de l’ensemble «-t des parties de l’ouvrage, aussi bien que du mode d’execu. lion. En peinture comme dans l’art oratoire, le style, eu

DELA PEINTURE. î5 I

égard au sujet, doit être grand ou simple, doux ou terrible, etc.

Cependant on dit d’une manière absolue qu’un peintre ou son ouvrage ont du style, pour exprimer que l’artiste recherche le beau ,et que ses ouvrages sont empreints de celte qualité. On abuse souvent de cette expression, qui n’est déjà que trop vague.

SVELTE. — Se dit de l’homme, des animaux et même des plantes. Il veut dire que leurs proportions sont déliées, élégantes et légères.

SYMÉTRIE. — C’est le rapport naturel ou artificiel, mais exact, des parties à un tout. En d’autres termes, la symétrie est le résuit at des proportions bien observées.Ch ez les anciens , ce mot, ainsi que celui harmonie, s’appliquait dans les arts aux objets où l’on voulait exprimer la beauté. Ou disait eu particulier des ouvrages d’un statuaire ou d’un peintre, qu’ils avaient de la symétrie, pour faire entendre que les formes et leurs proportions, les mouvemens et l’expression d’une ligure ou d’un tableau concouraient également bieu à la fin que s’était proposée l’artiste. — Chez les modernes, le mot symétrie entraîne d’abord avec lui l’idée de la régularité, et même assez froide. En sorte que le plus grand éloge que l’on pût faire d’une peinture grecque, en disant qu’elle était symétrique, indiquerait chez nous un défaut. — Il y a cependant une différence entre la symétrie et la régularité. On serait tenté de croire que l’on ne reconnaît pour symétriques que les objets dont les milieux sont appareus et servent toujours de guide à l’œil pour juger de l’exactitude des rapports des parties avec le tout. Bien que le corps de l’homme se meuve de mille manières différentes, il n’y a point d’objet créé où la symétrie se manifeste d’une manière plus éclatante. L’ensemble du corps a un milieu, chaque partie en a également un, et, malgré la torsion la plus violente et les mouvemens les plus exagérés, les lois de la pondération ramèuenl, enchaînent toutes les parties au centre de gravité. C’est dans ce sens que les auciens entendaient la symétrie,

VOCABULAIRE

qui était pour eux le fait sensible qui s’approchait le plus dû la beauté.

TAlfLEAU. — Toute superficie plane enfermée par une bordure, sur laquelle on représente un ou plusieurs objets réunis, en les soumettant aux règles de la perspective, du dessin , du modelé , du coloris, et ordinairement d’un sujet déterminé. Quoique l'on donne le nom de tableau à toute espèce de peinture dont le champ est limité par un enca* dreineut, cependant on désigne plus particulièrement les tableaux peints sur toile, panneaux , etc. , et qui sont isolés et transportables.

TALENT. — Eu peinture, c’est l’aptitude naturelle que l’on a pour cet art.

TEC 11 NIQUE. — Qui appartient, qui ressortit, qui se rattache à l’art.

TEINTE. — Les peintres désignent en général par le mot teinte toute couleur qui n’est pas primitive et génératrice , et que l’un n’obtient au contraire que par le mélange de deux ou de plusieurs couleurs. Rigoureusement parlant, les peintres ne reconnaissent donc que trois couleurs : le jaune, le rouge et le bleu, qui, combinées avec leblanc et le noir, produisent toutes les teintes, toutes les nuances que présente la nature. — Dans la pratique, on donne le nom de teintet aux mélanges que l’on fait sur la palette avec les matières colorantes, et par le moyen desquels on exprime la dégradation de la lumière et des tons de couleur. — On dit encore qu’il règne sur un tableau un1: teinte triste ou gaie, suave ou éclatante, et qu’elle est bien ou mal en harmonie avec le sujet.

THEATRAL ( Pose, geste, expression, composition ). — L’éloignement où la plupart des spectateurs sont rejetés au théâtre, force les acteurs à exagérer les attitudes qu’ils prennent et l’expression qu’ils manifestent. De lâ résultent en peu de temps de mauvaises habitudes théâtrales et une panto-

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mime de convention. C’est l’imitation de ces habitudes maniérées que l’on reproche aux peintres, en disant que leur goût, les altitudes de leurs personnages et l'agencement de leurs compositions ont quelque chose de théâtral. C est en effet un défaut insupportable.

THÉORIE. — La théorie comprend toute la partie spéculative de l’art appuyée sur les règles et les préceptes qui s’y rapportent.

TOM — de couleur, — local , 79.

TORSE. — On désigne par ce mot, Torso italien, Trognon, le tronc d'une ügure, abstraction faite de toutes les extrémités.

TOUCHE. — TOUCHER. — La touche résulte de la manière prompte ou lente, hardie ou timide dont on applique la couleur en peignant. — Depuis les Carraches, qui transmirent l’habitude d’empâter presque toujours en peignant, la touche des peintres est beaucoup plus sensible sur leurs ouvrages. Celle pratique dégénère même facilement en abus. Car, au lieu d’étudier Jes formes avec soin, on en indique plus ou moins spirituellement les inflexions par la hardiesse de la touche. C’est une chose très-dangereuse pour un jeune peintre que de se laisser aller à sa facilité, de manière à exprimer les objets par la touche avant de savoir les rendre en les étudiant scrupuleusement. C’est le grand défaut de la plupart des écoles modernes.

TRAIT. — TRACER. — Le trait est le contour dessiné et épuré sur un papier ou uu tableau , avec le secours du crayon ou de la couleur.

VERNIS à tableau. — Composition de substances résineuses dissoutes dans l’esprit-de-vin. Cette mixtion , qui conserve sa transparence et prend une consistance solide en séchant, s’étend sur les tableaux peints à l’huile pour rendre aux couleurs leur éclat lorsqu’elles sont embues ( Voy. Embu ) ,

a54 VOCABULAIRE DE LA TEINTURE, et les préserver de l’injure de l’air. On ne doit vernir un tableau que quand les huiles sont évaporées, opération qui demande au moins troisou quatre mois. Le défaut de cette dernière précaution causera la perle prochaine de beaucoup d'ouvrages faits de notre temps.

VITRE. — On appelle vitre le tableau sur lequel on opère pour tracer la perspective , parce qu’on le suppose transparent , et qu’en le plaçant entre l’objet copié et l’œil du copiste, l’apparence des formes vient s’j peindre. Ou dit indifc féremment dans ce cas vitre ou tableau.

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