CHAPITRE III
Applications des lois du mouvement et de la résistance.
Après avoir passé en revue les forces et les résistances, nous devons considérer les modifications qui en résultent. Nous dirons d’abord la manière d’employer ces forces, de changer leur direction et leur intensité, de les communiquer aux diverses parties des machines , par l’intervention des verges, des poulies, des grues, des rouages, des cordes et autres substances flexibles ; nous passerons ensuite à la structure de ces substances, et à la manière dont on se sert des systèmes de fibres flexibles; en troisième lieu nous nous occuperons des moyens d’élever et tirer les poids, et enfin de ceux de changer les formes des corps.
SECTION PRE3IIÈRE.
Des machines.
Lorsque l’on veut communiquer un mouvement à quelque objet placé devant le corps
DES MACHLKES.
mouvant, il faut faire usage d’agens susceptibles d’exercer une force répulsive ou impulsive , particulièrement les métaux ou le bois. Mais si le corps à ébranler est placé .derrière la force motrice, les cordes et les chaînes sont très-convenables à ce résultat. Si l’on voulait changer la direction du mouvement , il faudrait faire usage des leviers et des grues. Le meilleur moyen d’obtenir à la fois un mouvement de rotation alternant avec un autre , est d’employer une grue agissant à l’extrémité inférieure d’une longue barre et ayant à l’autre bout une poulie (fig. i5). Mais de tous les moyens de communiquer le mouvement , le plus utile est l’emploi des rouages , qui sont susceptibles de varier à l’infini sa direction et sa vitesse.
Quelquefois on fait tourner les roues les unes sur les autres, soit par le simple contact, soit à l’aide des cordes ou des chaînes dont on les enveloppe ; mais dans ces cas , on conçoit que les moindres protubérances sur leurs surfaces , ou tout autre corps étranger, sont autant d’occasions de frottement qui les empêchent de glisser les unes sur les autres. Le plus souvent, toutefois, on fait usage de
roues dentées (fig. 1 6 et 17), dont chaque dent agit sur sa voisine à la manière d’un levier, soit exactement ou à peu près dans la direction de leurs circonférences : quelquefois aussi on substitue à l’une des roues, une vis sans fin. Une circonstance très-importante dans la coupe des dents, est de déterminer scrupuleusement la courbe qui donnera à la fois le mouvement le plus égal et le moins de frottement possible.
Lorsqu’on veut obtenir une vitesse angulaire considérable, à l’aide du plus petit nombre possible de rouages , le diamètre de chaque roue doit être trois ou quatre fois aussi grand que celui du pignon sur lequel elle agit : quand le pignon pousse la roue, il n’est quelquefois composé que de trois ou quatre dents; mais il convient généralement mieux de lui en donner six ou huit.
La roue et le pignon peuvent être placés suivant le même plan, ou bien former un angle entre eux. Dans le premier cas, ils devront être ce que l’on appelle des roues éperonnées ; dans le second , l’un d’eux devra être une couronne ou roue , ou bien ils seront l’un et l’autre de biais, les dents étant alors