‹ Traité élémentaire de pharmacologie. Contenant la description sommaire des substances médicamenteuses simples; la préparation des médicaments officinaux et magistraux français et étrangers; l'appréciation des propriétés physiologiques des médicaments, leurs modes d'administration et l'art de formulerChapitre 124 sur 525 · IODE · texte numérisé non relu

IODE

Ce corps, qui n’a jamais été trouvé libre dans la nature* existe à l’état d’iodure dans les eaux-mères de la soude de varec,dans plusieurs eaux minérales salines et sulfureuses , dans certaines variétés de chlorure de sodium , enfin dans plusieurs productions marines végétales et même animales. Vauquelin l’a trouvé à l’état d’iodure d’argent dans une mine de ce métal du Mexique , et depuis , des chimistes Allemands ont annoncé l’existence d’autres iodures métalliques naturels.

Sa consistance est solide, sa ténacité faible, sa forme variable selon les circonstances qui accompagnent sa solidification , le plus souvent en lames d’un gris bleuâtre à éclat métallique; d’une odeur pénétrante ayant de l’analogie avec celle du chlore; d’une saveur chaude et âcre ; d’une pesanteur spécifique de 4,946. Il est susceptible de cristalliser en dodécaèdres triangulaires aigus et en octaèdres; il colore en jaune les tissus végétaux et animaux ; il se volatilise à l’air à toutes les températures, et, au-dessus de 50 degrés centigrades , en donnant une vapeur d’un beau violet, couleur qui est d’autant plus intense que la vapeur est plus abondante. Il est peu soluble dans l’eau, mais très soluble dans l’alcool et sur-tout dans l’éther.

Préparation. Comme on ne l’extrait en France que de la soude de varec, et qu’il y est contenu en très petite quantité, son extraction est, pour ainsi dire, la propriété

27° PHÀRMACOTECHNIË.

exclusive de trois maisons qui exploitent des niasses énormes de ces soudes , pour en retirer les divers sels C est par un travail particulier, qu’elles font subir aux eaux-meres, qu’elles l’obtiennent.

Néanmoins, si les pharmaciens voulaient le préparer eux-memes, ils y parviendraient par le procédé suivant.

Rapprochez les eaux-meres de la soude de varec, pour en séparer la plus grande quantité possible de sulfate de potasse et de chlorure de potassium ; introduisezles avec une certaine quantité d’acide sulfurique concentre dans une cornue au col de laquelle vous adapterez un ballon a deux tubulures: chauffez ensuite à feu doux et bientôt l’iode se volatilisera et ira se condenser dans le col de la cornue et dans le récipient. Retirez-le et pour le deoarrasser des acides sulfureux et sulfurique qu ,1 a entraînes, lavez-le avec de l’eau pure, et non pas comme beaucoup d’auteurs l’ont indiqué , probablement sans réflexion, avec un soluté [léger de potasse qui ne ferait qu altérer sa pureté, en donnant naissance à des produits qui exigeraient beaucoup plus d’eau que ces deux acides pour être enlevés. Enfin faites-le sécher en le pressant entre deux papiers non collés.

SULFURE D'iODE,

Ce corps, toujours préparé par l'art, est solide, fragile dune structure rayonnée, quelquefois lamelleuse. Sa

couleur est d'un gris noirâtre ; son odeur semblable à celle de l’iode.

Préparation . On l'obtient par la fusion, dans un matras, de 8 parties de soufre et d’une partie d'iode; mais on ne doit ajouter ce dernier que lorsque le soufre est fondu et parfaitement fluide. Cette observation a pour objet de rappeler que la température du soufre ne doit pas être portée très loin; s’il en était autrement, ce corps

CHIMlCOBASIE.— MÉDICAMENS CHIMIQUES. 2ji

perdrait , comme on le sait, sa fluidité , et acquerrait une consistance poisseuse-

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