‹ Traité élémentaire de pharmacologie. Contenant la description sommaire des substances médicamenteuses simples; la préparation des médicaments officinaux et magistraux français et étrangers; l'appréciation des propriétés physiologiques des médicaments, leurs modes d'administration et l'art de formulerChapitre 133 sur 525 · V. Eaux métalliques ferrugineuses · texte numérisé non relu

V. Eaux métalliques ferrugineuses

Au sortir de la source , elles sont en général limpides, inodores, et d’une saveur atramentaire. Mises en contact avec l’air , elles en absorbent bientôt l’oxygène , ne tardent pas à se couvrir d’une pellicule irisée , et laissent précipiter une poudre och racée qui est du sous-percarbonate de fer hydraté. Dans leur état naturel, elles tiennent en solution du proto-carbonate ou du protosulfate de fer, principale cause de leurs propriétés toniques. Elles sont presque toutes froides , comme celles de Bussang, de Contrexevillç , de Cran sac , de Forges, de

2^0 EHARMACOTECHNIE.

Passy, de Spa, de Vais, etc. Quelques-unes , en petit nombre, sont thermales; par exemple, celles de Bourbonl’Archambault, de Montferrand, etc.

EAUX MINERALES MEDICAMENTEUSES ARTIFICIELLES.

L’art est parvenu à fabriquer ces eaux d’une manière presque parfaite. Nous ne les signalons à la suite des premières que pour compléter le cadre de ce genre de médicamens ; car la place de ces préparations , qui sont de véritables hydrolés , devrait être à la classe Hjdrolie , dans notre grande section de la Délokémie. La préparation de ces eaux factices s’opère par un double procédé , mécanique pour l’introduction des gaz, et chimique pour les combinaisons salines.

L’appareil le plus simple , pour la première opération , surtout lorsqu’on ne veut préparer qu’une petite quantité d’eau gazeuse, est celui qu’on doit à M. Planche. Il se compose d’un vase cylindrique en cuivre étamé , portant à sa base un robinet. Dans l’intérieur, et à un centimètre environ au-dessus du robinet, est soudée une espèce de double, fond ou de diaphragme , pareillement étamé , et percé de trous très rapprochés , à la manière d’un crible. Une ouverture plus large, pratiquée au centre, donne passage à un tuyau vissé à la paroi supérieure du vase , ouvert à ses deux extrémités , et traversant perpendiculairement le cylindre jusqu à une ligne à peu-près du fond.

A la partie supérieure de ce tube est ajusté, à vis, un robinet communiquant [avec une pompe foulante , et , à trois centimètres delà, un autre ajutage à robinet se trouve vissé sur la voûte du cylindre.

Pour se s en il de cet appareil, on le remplit d’eau convenablement , puis on y introduit du gaz acide carbonique préparé à l’avance et contenu dans des vessies que l’on adapte successivement au corps de pompe, en faisant jouer le piston, jusqu’à ce que l’eau soit chargée de la

CHIMIGOE ASIE.— -MÉDIC AMENS CHIMIQUES. 2 8 1 quantité de gaz nécessaire. Autant que possible , on doit opérer dans un lieu frais, et suspendre par intervalles Faction du piston , en profitant de ce repos pour brasser fortement le liquide.

Lorsque Ton se propose de n’obtenir que de l’eau acidocarbonique, 1 opération est terminée à ce point ; on remplit de ce liquide des bouteilles qui doivent être aussitôt bouchées, ficelées et cachetées. Mais si Lon a dessein d’y ajouter des sels solubles , il faut dissoudre préalablement ceb derniers, dans une petite quantité d^eau, et 1 on verse dans chaque bouteille , avant de la remplir , la dose nécessaire de ce soluté. Si les sels sont insolubles par euxmêmes, on détermine leur dissolution en les mettant, immédiatement après leur précipitation et encore humides, dans le cylindre à compression.

Quand on opère en grand, l’appareil diffère de celui que nous venons de décrire. Parmi ceux que l’on met en usage dans ce cas , nous ferons connaître celui qui est dû à M. Boissenot, de Châlons, et nous en emprunterons la description au mémoire adressé par lui , à la société de pharmacie. Cet appareil se compose.

1 0 De deux grands flacons à trois tubulures, de 20 pintes . Pans le premier , on introduit des fragmens de marbre , de Peau , de l’acide hydrochlorique , puis on le fait communiquer avec le second, au moyen de deux tubes en plomb plongeant dans un soluté très chargé de potasse qui sert à laver le gaz ; la troisième tubulure du second flacon communique par un tube plus gros avec la partie inférieure d’une grande cuve à eau.

2^, D’un gazomètre, ou cloche en cuivre étamé, qui séjourne dans la cuve et reçoit le gaz qui traverse toute la colonne d’eau où il éprouve un second lavage: cette cloche est de la capacité de deux cent quarante litres.

o°. D’un tonneau en* cuivre de deux lignes et demie d épaisseur, de la contenance de 120 litres et étamé fortement avec l’alliage de Biberel (fer 1 partie, étam 6 parties) •

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Un moussoir à palettes est établi dans son intérieur : son axe traversant une botte à cuirs , porte à son extrémité un volant en fonte, de 2 pieds de diamètre, pour faciliter par sa force excentrique un mouvement des plus rapides.

4°. D’une pompe foulante et aspirante, dont le cylindre est de la capacité d’un litre, communiquant, au moyen d’un tube de plomb, avec l’intérieur du gazomètre. Le piston en cuir est mis en mouvement par un balancier de cinq pieds de long , ce qui n’exige qu’un seul homme.

5°. Enfin , de la pièce essentielle, le robinet.

M. Boissenot, qui croit le robinet d’autant meilleur qu’il est plus simple, en emploie un tout-à-fait ordinaire. 11 le garnit seulement d’un bouchon fortement conique et revêtu d’une couche épaisse de filasse retenue par du gros fil. Comme ta douille est très courte, il peut l’adapter au coi de toutes les bouteilles où il n’entre que d’un demi-pouce.

M. Soubeiran, qui regarde comme un point de la plus haute importance , de pouvoir mettre l’eau gazeuse en bouteilles , sans qu’elle soit lancée avec violence, se sert, pour y parvenir, d’un robinet très ingénieusement construit et qui, au moyen de deux conduits intérieurs, permet en même temps l’écoulement du liquide et la communication de l’intérieur de la bouteille avec l’atmosphère du tonneau.

Lorsque le tonneau est rempli d’eau et scellé, on comprime le gaz et l’on tire six litres de liquide , afin de laisser dans l’intérieur un espace indispensable pour la dissolution du gaz et pour l’agitation qui doit être continue et rapide. Plus cette agitation est prompte, plus le contact de l’eau est intime par la plus grande division du liquide , et plus alors aussi la compression est facile. Il est bon aussi d’ajouter qu’une des conditions les plus essentielles dans ce cas , c’est l’emploi du gaz acide carbonique complètement privé d’air; car la moindre quantité de ce dernier gaz rend le jeu des pompes très pénible*

CHIMICOB A.5IE» ■ — -MÉDICAMENS CHIMIQUES» 285 On comprime dans le tonneau quatre gazomètres c’est-à-dire huit fois le volume de l’eau, ou bien 960 litres de gaz. Cette opération dure une heure et demie.

Après douze heures de repos , on procède à l’embouteillage , avec la précaution de presser fortement la bouteille contre le robinet , pour intercepter toute communication avec l’ extérieur, A l’instant où la bouteille est complètement pleine, et pendant que l’on ferme le robinet, l’eau de claire, qu’elle paraissait, devient opaque et comme laiteuse , en raison du nombre infini de petites bulles de gaz qui se manifestent dans toute sa masse; c’est alors sur-tout qu’une forte pression de la bouteille contre le robinet devient indispensable. Au bout d’une à deux secondes, l’eau recouvre sa transparence par la disparition subite des bulles ; c’est l’instant où le bouchon doit être

adapté, car sans cela les bulles se reproduiraient de nouveau.

Bans la préparation des eaux sulfureuses factices , on chargeait autrefois l’eau d’acide hydrosulfurique, comme nous l’avons indiqué plus haut , en parlant de ce gaz. Aujourd’hui, on a recours à i’hydrosuifate de soude pur, que l’on prend en proportions exactement déterminées , et que l’on dissout dans l’eau.

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