‹ Traité élémentaire de pharmacologie. Contenant la description sommaire des substances médicamenteuses simples; la préparation des médicaments officinaux et magistraux français et étrangers; l'appréciation des propriétés physiologiques des médicaments, leurs modes d'administration et l'art de formulerChapitre 139 sur 525 · ACIDE SULFURIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE SULFURIQUE

(Huile de vitriol. — Acide vitriolique.)

Dans son état de pureté absolue , cet acide est anhydre et toujours le produit de Fart : on ne le trouve dans la nature que combiné avec différentes bases , et formant le genre sulfate. Quelques auteurs ont annoncé qu on le rencontrait dans certaines grottes creusées dans des terrains volcanisés ; mais l’analyse chimique a démontré que ce soi-disant acide sulfurique libre n’était autre chose que des sursulfates, et sur-tout celui d’alumine * en effet, on conçoit qu’il n’en pourrait être autrement. Nous ne signalerons que les caractères du composé auquel il donne naissance en se combinant avec l’eau ou acide sulfurique liquide hydraté.

Dans son plus grand état de concentration, il est d’une consistance oléagineuse, incolore, inodore, d’une saveur extrêmement acide , d’une pesanteur spécifique de 1,89, et alors il marque 66° à l’aréomètre de Baume.

Préparation . — L’acide sulfurique ne peut se préparer avec avantage que dans des appareils d’une dimension très grande, et composés d’une série de vastes chambres cfn plomb, en communication les unes avec les autres.

CHIMICOBASIE. — MÉDICAMENS CHIMIQUES. 289

Cette préparation constitue à elle seule une branche d'industrie qui fournit au commerce l’acide sulfurique pour tous les besoins. Mais, comme cet acide ne peut point être livré pur par les manufactures , et que d’ailleurs les arts ne le réclament pas tel, le pharmacien est obligé de le . purifier avant de l’employer à la confection de certains médicamens. Il y parvient par le moyen de la distillation. Pour cela , il introduit dans une cornue de verre de l’acide sulfurique du commerce, jusqu’à la moitié ou aux deux tiers au plus de la capacité de sa panse, et il y ajoute quelques morceaux ou rognures de tilde platine. Il place cette cornue dans une capsule de fer qui est posée sur deux barreaux dans un fourneau à réverbère surmonté ensuite de son dôme. Il fait entrer le col de la cornue dans celui d un matras tubulé , assez court et assez large pour que le bec de la cornue parvienne jusqu’au centre. L’appareil ainsi disposé, on met le feu sous la cornue , et on l'augmente lentement et progressivement jusqu’à ce que l’acide sulfurique entre en ébullition , se distille et tombe goutte à goutte dans le récipient. Le feu doit être conduit de manière que l’ébullition soit toujours continue , et qu’il ne se dégage point de vapeurs blanches parla tubulure du matras.*

Les fils métalliques introduits dans la cornue, ont pour but de régulariser le bouillon et de l’empêcher d’avoir lieu par soubresauts , accident qui peut déterminer la rupture du vase et exposer l’opérateur à de grands dangers.

* On continue l’opération jusqu’à ce que l’on ait obtenu les sept huitièmes de l’acide soumis à la distillation. Tous les corps étrangers, qui ne sont que des matières salines que l’acide du commerce tenait en solution , restent dans la cornue et forment un résidu que l’on ne jette pas, mais que l’on utilise dans plusieurs cas, par exemple pour la préparation de l’hydrogène.

PHARMACOTECHNIB.

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