ACIDE NITRIQUE OU AZOTIQUE
Cet acide , qui n’existe jamais libre dans la nature , s’y rencontre à l’état de combinaison avec plusieurs bases , spécialement la chaux, la potasse et la soude, combinaisons salines qui constituent le genre nitrate.
A l’état de pureté , il est toujours liquide , transparent et incolore, quand il a été conservé à l’abri de la lumière; mais quelques jours d’exposition à la lumière, même diffuse, quand il est très concentré, suffisent pour lui donner une teinte ambrée , et ? à l’action des rayons solaires , quelques heures suffisent pour lui faire acquérir une couleur jaune orangée : ces colorations dépendent d’une altération chimique ou décomposition partielle d’une portion de cet acide. Son odeur est spéciale, sa saveur très acide et très caustique, sa pesanteur spécifique de 4,554 à son maximum de concentration. Exposé au contact de l’air , il répand de légères vapeurs blanches..
Préparation . — Introduisez dans une cornue deux, cents parties de nitrate de potasse, cent quatre partiesr d’acide sulfurique concentré, et vingt-trois parties d’eau. Adaptez , à l’aide d’un bouchon percé, le col de la cornue avec un matras à long colettubuié, en ayant soin que le bec de la cornue dépasse le bouchon d’un pouce et demi au moins. A la tubulure du matras , on adapte un tube de sûreté de Welter, dont la grande branche vient plonger au fond d’un flacon de plusieurs litres de capacité et à fond plat, et affleure une couche de trente-deux parties d’eau qu’on y a mises. Placez la cornue dans une capsule de fer posée sur les barreaux d’un fourneau à réverbère , recouvrez ce dernier de son dôme, et chauffez graduellement jusqu’à ce qu’il ne distille plus rien.
Les proportions d’eau que nous avons indiquées pour ajouter dans la cornue ont pour but de maintenir le plus possible les élémens de l ’acide nitrique, etd’empêcherque
CHIMICOBASIE— MÉDICAMENS CHIMIQUES. 20 ï
celui-ci ne se décompose lorsqu’il est éliminé.de sa combinaison par l’acide sulfurique.
Mais , malgré cette addition , une portion d’acide nitrique se décompose toujours vers la fin de l’opération^ et se dégage à l’état d’oxigène et de vapeur d’acide nitreux ; aussi, la proportion d’eau que nous avons ajoutée dans le flacon est-elle destinée , par son affinité pour l’acide nitrique , à déterminer la combinaison de l’oxigène et de l’acide nitreux qui y sont amenés par le tube de Welter.
Lorsque 1 opération est terminée et que l’appareil est refroidi , on le démonte ; on retire le produit du matras , on rince celui-ci par agitation avec l’eau du flacon , et on réunit cette liqueur à la première; c’est ce qui constitue l’acide nitrique du commerce.
Cet acide n’est jamais pur; il contient une petite quantité d’acide nitreux , et toujours une certaine dose d’acide bydrochlorique, parce qu’il est impossible d’employer, pour sa fabrication , du nitrate de potasse exempt de chlorures. On l’amène à son plus grand état de pureté en versant dedans une dissolution de nitrate d’argent • il 11 est point nécessaire que celle-ci soit pure; elle peut se faire indifféremment avec une pièce de monnaie d’argent, car le nitrate de cuivre qu’elle contient ne nuit nullement à l’opération. Tout l’acide hydrochlorique que contenait l’acide nitrique est précipité à l’état de chlorure d’argent. Lorsque celui-ci est complètement déposé, ce qui a lieu d’autant plus promptement que l’on place le flacon sur la table d’un poêle et qu’on l’agite fréquemment, on verse l’acide nitrique ainsi purifié dans la panse d’une cornue de verre , à l’aide d’un entonnoir et d un tube qui descend assez bas pour que le liquide ne touche point les parois du coï. On ajoute quelques fils ou iognures de platine , on dépose la cornue dans un fourneau à réverbère, on adapte à son bqc un matras à long col et tubulé , et l’on procède à la distillation au moyen d un feu très modéré ; car il faut que la liqueur ne soit