‹ Traité élémentaire de pharmacologie. Contenant la description sommaire des substances médicamenteuses simples; la préparation des médicaments officinaux et magistraux français et étrangers; l'appréciation des propriétés physiologiques des médicaments, leurs modes d'administration et l'art de formulerChapitre 152 sur 525 · POTASSE CAUSTIQUE · texte numérisé non relu

POTASSE CAUSTIQUE

(Hydrate de pvotoxide de potassium impur. Pierre à eautèrc.)

Ce corps est toujours le produ it de l’art.

On le met ordinairement en fragmens aplatis , de diverses dimensions , blancs grisâtres, inodores , d’une saveur extraordinairement caustique et brûlante. Il est essentiellement hygrométrique , et tombe promptement en déliquium au contact de l’air ; conséquemment il est très soluble dans l’eau; il se dissout facilement aussi dans l’alcool. Il jouit de la propriété de saponifier toutes les matières grasses.

Préparation . C’est toujours avec le carbonate de potasse du commerce que Ion prépare la potasse caustique : on lui enlève l’acide carbonique au moyen de la chaux. Pour cela , on introduit dans une chaudière de fonte * placée sur un fourneau , de l’eau la moins séléniteuse possible, et dans la proportion de douze à quinze parties pour une de potasse que l’on veut caustiûer. On chauffe

cette eau, et lorsqu’elle a atteint une température de soixante à soixante-dix degrés, on y met de la chaux parfaitement caustique , en quantité égaie à celle de la potasse. Bientôt la chaux fuse , bouillonne et se réduit en une sorte de lait: alors, on y ajoute la potasse du commerce , et on porte à une légère ébullition , que 1 on entretient pendant environ une heure , en ayant la précaution de remuer continuellement avec une spatule ou une cuillère en fer. On éteint le feu, on couvre la chaudière avec une toile, puis avec un couvercle , afin que le refroidissement se fasse sans le contact de l’air.

Au bout de douze heures y la portion du liquide qui s est éclaircie est décantée à l’aide d’un siphon et reçue dans un grand flacon que l’on bouche. Le dépôt resté dans la chaudière est mis sur un filtre de coton , et, lors-

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qu’il est égoutté^ on l’épuise du soluté de potasse qui le mouille, par déplacement avec de l’eau.

On lave la chaudière , on y verse le soluté de potasse caustifiée, et on l’évapore le plus rapidement possible jusqu à ce que l ébullition produise des soubresauts , qui sont dus à la précipitation du sulfate de potasse que la potasse caustique contenait. Dès qu’ils se manifestent, on enlève la chaudière du feu, on laisse refroidir et on filtre la liqueur à travers un tampon de coton filé, placé au bas d’un entonnoir de verre.

La liqueur filtrée est mise dans une bassine d argent , tout autre vase ne pouvant servir sans altérer la potasse, soit dans sa pureté , soit dans sa couleur. On l’évapore à un feu vif de charbon et le plus promptement possible. A un certain point de l’évaporation, la matière se tuméfie légèrement, en répandant une odeur stercoraïe ; bientôt cette odeur disparaît, la matière s’affaisse et entre en fusion tranquille et comme huileuse.

L opération est terminée ; il ne s’agit plus que de ré duire la potasse en fragmens. Les auteurs ont indiqué pour cela divers moyens , mais aucun n’atteint aussi parfaitement le but, que le procédé suivant. I! consiste à enlever la bassine du feu, et à en plonger le fond dans de grandes terrines remplies d’eau fraîche ; il ne faut nullement avoir peur du bruissement assez fort qui se produit, et qui est celui d’un corps très chaud que l’on plonge dans l’eau. Aussitôt que îa potasse commence à se figer, on la promène tout autour des parois de îa bassine, en se gardant bien d’y laisser arriver la moindre quantité d eau. Lorsqu’elle est complètement concrétée sur les parois , où elle forme une sorte de capsule , on place la bassine sur de nouvelle eau très froide, et on 1 y enfonce jusqu au niveau du point où est la potasse. Au bout de quelques minutes on entend plusieurs craquemens qui sont dus au retrait que la potasse éprouve, et par suite duquel elle se détache aisément de

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la bassine. Alors, on n’a plus qu'à donner une légère secousse à cette dernière , et , après avoir essuyé l’extérieur, à la pencher pour faire glisser , d’une seule pièce, la couche de potasse caustique que l’on reçoit sur une feuille de papier. Sans perdre de temps, on brise la potasse avec un marteau , et on renferme les fragmens dans un flacon bouché à l’émeril.

Il est bon d’observer ici que, toutes les fois qu’on retire de la potasse caustique du flacon qui la contient , on doit nettoyer l’intérieur du goulot et le bouchon avec une éponge humide , puis les essuyer avec un linge sec; car , pour peu qu’il y reste de potasse, les deux verres dépolis se soudent à tel point qu’ils ne forment plus qu’une masse transparente , et qu’il est dès lors impossible de les détacher l’un de l’autre-

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