DURE DE PLOMB
L iodure de plomb est toujours fabriqué par l’art. Il est ou pulvérulent ou en petites paillettes micacées , d’une belle couleur jaune d’or; inodore; d’une saveur nulle d abord , mais , après un certain temps , devenant très
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faiblement métallique; peu soluble dans l’eau, sur-tout à froid.
Préparation. — On l’obtient en précipitant un sel soluble de plomb, l’acétate neutre de préférence , par un iodure alcalin ou par l’acide hydriodique ; en recueillant le précipité sur un filtre , le lavant à l’eau froide, et le fesant sécher entre plusieurs feuilles de papier non collé, à l’abri de la lumière. On doit avoir soin, dans cette opération, de ne pas mettre de î’iodurede potassium en excès , parce qu’il dissout celui de plomb, et forme avec lui un iodure double.
OXIDEJj DE PLOMB.
On ne se sert en pharmacie que des deux qui suivent :
1° Protoxide de plomb ( massicot ). — Dans la nature, il ne se trouve que combiné avec des acides. Il est solide, de couleur jaune ; inodore ; d’une saveur faiblement métallique, appréciable seulement pour ceux qui ont l’habitude de goûter les oxides ; facilement fusible , il cristallise, par un refroidissement lent, en lames brillantes, jaunes ou jaunes rougeâtres, état sous lequel il porte le nom de litharge.
Préparation — Le protoxide de plomb ou massicot se prépare en grand , en calcinant dans des fourneaux disposés à cet usage , du plomb métallique qu’un ouvrier agite sans cesse lorsqu’il est fondu et à une température petit rouge cerise. Le métal s’oxide aux dépens de Pair atmosphérique qui a une libre circulation dans le four, et se convertit entièrement en une poudre jaune grisâtre qui est un mélange de beaucoup de protoxide de plomb et d’une certaine quantité de plomb métallique dans un grand état de division. On sépare ces deux corps l’un de l’autre, en les broyant entre deux meules complètement plongées dans un petit cuvier plein d’eau. Pendant le broyement , on fait arriver continuellement par
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un des bords, un petit courant d’eau claire , et , par le bord opposé , une égale quantité de liquide s’écoule et se rend dans une série de baquets , communiquant tous les uns avec les autres par de petits goulots placés à leur partie supérieure.
Par l’effet du broyement, le protoxide de plomb est excessivement divisé , et , par l’agitation que la meule imprime à l’eau, il est tenu en suspension dans cette dernière. De là, il est entraîné par le courant dans les baquets dont nous avons parlé , et dans lesquels il se dépose en vertu de son poids, de sorte qu’à l’extrémité de la série , l’eau qui a abandonné dans son trajet tout l’oxide de plomb qu’elle tenait en suspension , sort parfaitement limpide , et est ramenée près du moulin où elle est reversée à l’aide d’une pompe.
Lorsqu’il ne reste plus que le plomb métallique entre les meules , ce que l’on reconnaît à la limpidité de l’eau qui s’en écoule , on enlève ce métal pour le repasser dans le fourneau lors d’une seconde calcination.
Quant à la litharge, on ne la prépare jamais dans le seul but de l’obtenir ; elle est toujours le résultat des travaux de coupellation que l’on fait subir aux plombs argentifères pour en extraire l’argent. On trouve, dans le commerce, de la litharge de deux couleurs; l’une rougeâtre que l’on appelle litharge d'or , l’autre d’un blanc jaunâtre , qui a reçu le nom de litharge d'argent. On les obtient l’une et l’autre à volonté, selon qu’à leur sortie du four à coupeller , on les refroidit promptement ou lentement. La litharge blanche n’est formée que de protoxide, et s’obtient par le refroidissement prompt ; la rouge contient une petite proportion de bioxide ou minium , qui s’y est formé par l’effet d’un refroidissement lent.
Toutes ces sortes de protoxides de plomb ne sont jamais pures et ne peuvent l’être. Elles contiennent toujours des traces d’oxides de fer et de cuivre, et en outre des proportions, quelquefois assez fortes, de silice,
d alumine et de chaux , provenant des matériaux qui ont servi à construire les fours et des instrument ei“ ployés.
Aussi, quand on veut obtenir du protoxide de plomb pur, le meilleur moyen, sous une foule de rapports, consiste à chauffer dans un creuset, en l’agitant continuellement, du protocarbonate de plomb ( cémse ) , qu’il est toujours facile de se procurer à l’état de pureté.
2° Bioxide de plomb {minium). — Quelques minéralogistes prétendent qu’on le trouve, mais peu abondant et en masses amorphes, dans le pays de Hesse-Cassel; mais, comme on a rencontré , sur les mêmes lieux , des vestiges d’anciens travaux , il est probable que c’est un produit perdu d’anciennes exploitations. Celui que fournit le commerce est toujours obtenu par l’art. Il est sous forme de poudre d’un rouge plus ou moins orangé et vif, inodore, insipide.
Préparation On calcine , dans un four pratiqué pour cet usage , le protoxide de plomb qui est étendu sur la soie en couche plus ou moins épaisse , ou bien encore qui est contenu dans des capsules plates en fer dont on emplit le four , en ayant soin de les chevaucher pour que l’air puisse pénétrer librement dans toutes. Lorsque la chaleur est arrivée au rouge obscur, on ferme les portes du fourneau , et on diminue lentement et graduellement le feu, en ne laissant arriver l’air que par une très petite ouverture. C’est par la lenteur de ce refroidissement que le protoxide de plomb absorbe une nouvelle proportion d’oxigène , pour se transformer en bioxide.
Pour son emploi en pharmacie, on a conseillé de le purifier en le traitant par l’acide acétique affaibli. Mais, par ce moyen , on n’enlève que le protoxide de plomb , le deutoxide de cuivre et la chaux qu’il contient; malgré ce traitement, il reste encore mélangé de tous les autres corps que contenait le protoxide de plomb ou massicot avec lequel on fa préparé.
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On peut obtenir en grand le minium parfaitement pur, ainsi que cela se fait dans l’établissement de M. Roard , à Clichy près Paris, en calcinant le carbonate de plomb, obtenu par la décomposition du sousacétate de ce métal au moyen d’un courant d’acide carbonique.
On ne doit jamais perdre de vue que , pendant ces divers travaux de calcination, tant pour le protoxide que pourle bioxidede plomb, il se dégage toujours des émanations plombiques dont l’action sur l’économie est pernicieuse , et qu’il faut prendre les plus grandes précautions pour en garantir les organes de la respiration.